01 août 2013

Drogue et alcool

Déjà le titre devrait en faire sourire plus d'un. L'alcool est non seulement une drogue, mais une des plus puissantes et destructrices bien que légale. Ce n'est qu'un des éléments qui plaide en faveur du discours de notre ancienne conseillère fédérale, Ruth Dreiffus, pour la dépénalisation de la consommation des drogues.

Mais l'article de la TDG du 31 juillet soulève un aspect inquiétant, un constat d'échec, de la politique de prévention à l'attention des jeunes consommateurs.

7c1b91c6-cc73-11e2-a3c6-772827f74e0f-493x328.jpgS'il n'est pas trop étonnant de vérifier que 91% se targuent de boire de l'alcool lors du recrutement à l'armée, dont 40 % évalués comme population à risque, il est en revanche surprenant d'apprendre qu'ils sont parfaitement conscients des conséquences de leurs habitudes.

Les associations actives dans la prévention veulent aller plus loin, par des contraintes légales et des augmentation radicales des prix.

Je prône exactement l'inverse et rejoins Mme Dreyfuss dans son combat. Pas seulement pour diminuer les risques, mais surtout pour développer la conscience individuelle, la responsabilisation. Ce n'est pas en ajoutant des entraves, faciles à contourner, que nous éveillerons la sensibilité des jeunes aux conséquences de leurs actes. Au contraire, le discours paternaliste est ringard et il encourage d'autant plus ceux qui seraient spontanément réticents. L'augmentation des prix favorisera le marché noir et la contrebande, donc la criminalité.

Rien de tel qu'une sérieuse biture pour comprendre à quel point nous hypothéquons notre capital santé. Rien de tel que les exemples au quotidien de toxico-dépendants qui nous montrent tout ce que nous ne voulons pas.

Addiction Suisse et toutes les associations actives dans la prévention devraient sérieusement remettre en question leur stratégie à la lumière de ce constat alarmant et mettre un terme à leur fuite en avant vers toujours plus d'interdictions et de contraintes qui font de nous des êtres serviles, incapables de discernement et révoltés par ces innombrables atteintes à nos libertés fondamentales.

13:36 Écrit par Pierre JENNI dans Conseil d'Etat, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

@Monsieur Jenny votre article est très objectif et réaliste Il va réjouir de nombreux anciens soignants en Psychiatrie qui en voyant de plus en plus d'interdits n'ont pas hésité à se souvenir d'une phrase de leur directeur,les plus malades sont toujours à l'extérieur en parlant des beaux parleurs et donneurs de bons conseils ,mais juste pour se donner bonne conscience
L'alcool c'est comme pour la cigarette plus on interdit .plus l'envie de boire davantage ou fumer se manifestera surtout en ces temps ou le ciel gronde l'air de la révolution du peuple qui est fatigué d'entendre toujours les mêmes rengaines. A notre époque c'était mange pas de chocolat c'est pas bon pour la santé malgré tout Nestlé voyait ses ventes grimper!
L'humain n'aime pas être surveillé ,controlé par d'autres qui très souvent font pire par derrière mais qui prennent le paravent de la religion pour se protéger alors que Jésus lui même disait ceci est mon sang ,buvez en et vos péchés seront lavés .Certains respectent la tradition mais à l'écart des regards ,énorme différence entre être et paraitre!
Et pour vendre moins d'alcool il suffit de baisser le prix des sodas ou autres boissons non alcoolisées.Il faudrait aussi savoir ce qu'on veut et ne pas forcément obéir à l'aveuglette à des ordres venus de France ou Bruxelles ou excusez tabacs et alcools sont toujours aussi appréciés mais en cachette et c'est pas mieux
Bon premier Aout pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 01 août 2013

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je pense que boire un verre de vin aux repas n'est pas une addiction, mais un petit plaisir. Je ne connais encore pas d'alcooliques qui agressent les gens dans la rue pour acheter leur dose.

Écrit par : Cour Jean | 01 août 2013

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je pense que boire un verre de vin aux repas n'est pas une addiction, mais bien un petit plaisir. Je ne connais encore pas d'alcooliques agressant des passants dans la rue pour acheter leur dose. Mais je tiens à souligner que je ne prône pas la cause de l'alcoolisme.

Écrit par : Cour Jean | 01 août 2013

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moi j'en connais des gens pris par l'alcool et devenu agresseur. En travaillant dans le festif on voit tant de chose bizarre avec l'alcool les langues ce délient et la vérité surgit, même pour les timide.
Parlons des médicaments avec leurs effets secondaire qui rend , comme l'alcoo,l mauvais vin, pato et bourru, sans mémoire de ces actes...Grave...

Écrit par : philemon | 01 août 2013

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@Philémon ,mais ce dont vous parlez existe depuis la nuit de temps.Et la chaleur aidant l'alcool monte deux fois plus vite à la tête.Quand à l'agressivité elle est latente même chez des personnes âgées qui ne boivent pas d'alcool mais qui en ont marre d'être tenues en laisse avec des interdits remontant à l'antéchrist
Et à trop d'amusements le peuple se défoule.A Genève on ne crache pas dans son verre disait un autre Suisse dans des temps pas si lointains,rire
Voici la phrase d'un psychiatre Vaudois dan les années 70,dans le canton de Vaud il faudrait éditer un livre rouge sur les Carnotzets dans les immeubles
Ce qu'il y a de plus marrant mais oui l'alcool aide aussi à rire,je vous rassure je ne bois pas ou exceptionnellement en compagnie des anciens de la Mob.
De nombreux citoyens boivent beaucoup de vins à l'étranger ,ceux-là mêmes qui ont des vignobles à faire pâlir d'envie un autre canton qui connu lui aussi les guerres de Grandson et qui sont les auteurs d'une liste d interdits qui eux risquent de faire pâlir d'envie le fameux Mur de Berlin
A défaut de dresser des ours ,dressons le peuple. On connait les résultats qui seront exactement le contraire on ne musèle pas des citoyens ayant toujours eux à cœur de défendre le drapeau Suisse , surtout quand on sait que seuls trois Bernois ont flanqué la trouille a qui l'on sait/rire
Détendez vous la jeunesse a base d'interdits en tous genres détruit l'envie d'exister par Soi et on a qu'une vie qu'il appartient à tout un chacun de savoir gérer
Et puis si voir des gens boire énerve autant les moralistes,alors qu'on ferme définitivement toutes les caves, qu'on détruire tous les vignobles et qu'on cesse les fêtes diverses.Ils seront les premiers à en réclamer,la nature humaine ne changera jamais ,il appartient à soi en tout premier d'apprendre à évoluer dans un monde identique à celui des années 1700-1800 ou là c'était guère mieux la morphine se vendait comme des petits pains
courage pour vous et toute belle journée

Écrit par : lovsmeralda | 02 août 2013

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si l'on veut aller jusqu'au bout de ce raisonnement sur la responsabilité individuelle, il faudrait dès lors ne plus prendre en charge les comas éthyliques qui encombrent chaque week-end les urgences des Hôpitaux qui auraient mieux à faire à s'occuper des accidentés et des infarctus. Tu bois, tu assumes... l'exemple des structures de dégrisement de Zurich, à la charge des utilisateurs, me semble une bonne idée à reproduire à Genève.

Écrit par : Fabienne Alfandari | 04 août 2013

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Oui, Fabienne, cette discussion viendra un jour ou l'autre dans le cadre des soins pris en charge. En ce moment même, on parle d'un test coûteux qui permettrait de détecter la trisomie 21 dans un foetus, on discute aussi de l'opportunité de changer une hanche à une personne de 80 ans alors, à plus forte raison, lorsqu'il faudra faire des choix douloureux, ceux qui auront brûlé la chandelle par les deux bouts seront fustigés.
Cette discussion est délicate, mais il ne faut pas l'esquiver. Pour revenir aux comas éthyliques, ce sont essentiellement des jeunes inexpérimentés qui sont exposés, ce qui est bien différent d'un alcoolique chronique. Et la facture sera évidemment à la charge des répondants légaux. Ceci dit, oui, je partage votre réflexion et comme vous le relevez, je suis un grand fervent de la responsabilisation des individus et donc des moyens culturels mis à disposition dans nos sociétés pour éveiller la conscience de chacun plutôt que la promotion des aides pour réparer les dégâts lorsque le mal est fait.
J'effleure le sujet dans mon site. http://www.pierrejenni.ch/page/38-couts-de-la-sante-quels-remedes

Écrit par : Pierre Jenni | 04 août 2013

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