05 août 2013

Armée suisse

Armee-suisse_pics_809.jpgSuite à un article sur le blog de Charles Piguet sur la votation du 22 septembre, je suis tombé sur un commentaire de Yann qui va droit à l'essentiel. Je me permets de le reproduire ici.

Soit nous avons fait l'armée et donc vérifié les propos de Yann, soit nous avons des enfants, des neveux, qui nous racontent une histoire tellement semblable qu'on ne peut que se poser des questions.

Merci à Yann pour ce discours atypique du 1er août !

 

Vos spécialistes étrangers, ils me font bien rire. J'en ai vu un cet année en cours de répétition. Un major d'un pays nordique. Il est venu se promener, on lui a fait visiter en coup de vent les 2 ou 3 trucs qui marchaient le moins mal en se gardant bien de lui montrer le gros de la troupe en train de fumer des joints ou de faire la sieste planqué dans un coin. Il a reçu un joli panier avec des bouteilles de pinard et un bon repas, et il est reparti bêtement le sourire au lèvres.

Et c'est en gros le problème perpétuel. En s'accrochant au modèle d'armée que nous avons, on cache honteusement la vérité à la population: Notre armée est faite de bras cassés qui tiendraient 3 minutes en cas de conflit. A moins qu'on ne se décide à régler les guerres par des jeux à boire ou par un tournoi de jass, qui sont grosso modo les seules compétences qu'on acquière encore dans l'armée suisse, ce serait un massacre.

L'armée que nous avons actuellement est le plus grand danger pour la sécurité nationale qui soit.

Parce qu'elle fait tellement tout pour paraître utile qu'elle passe son temps à cacher son impréparation. PERSONNE n'est motivé. Personne n'y croit. Personne ne fait d'effort parce que la formation est absurde. Tout le monde réussit les tests haut la main, mais uniquement parce qu'ils sont une mascarade. Les sous-officiers donnent les réponses aux soldats pendant l'examen pour ne pas risquer de se faire sucrer les sorties. Du coup personne n'apprend rien, puisque de toutes façons, ça ne sert à rien. Mais les apparences sont sauvées: Sur le papier tout le monde a été formé.

Les situations où un gars mal formé crée du danger avec une arme mal assurée ou en faisant le con avec du matériel cher ou des véhicules sont quotidiennes. Tout le monde est à la frontière de l'alcoolisme. Les sommes d'argent gaspillées honteusement, rien qu'en carburant ou en cartouches (toujours commandées en quantité dix fois trop grandes et finies en rafale à l'arrache histoire de justifier leur commande) seraient un scandale d'une ampleur rare dans l'histoire suisse récente si on s'amusait à faire un audit sur l'armée.

Sur l'entier de ma compagnie, 80% de la troupe facilement assurait le mois dernier voter OUI à cette initiative. Et pas pour ne pas finir ses jours, puisque le temps que ce soit mis en place, peu d'entre nous seront encore là. Non, simplement parce que plus personne ne comprend ce qu'il fout là, à faire semblant d'être une armée alors que nous ne sommes qu'un ramassis d'ivrognes qui tourne en rond, sans rien faire.

Si même au sein de l'armée, plus personne n'en comprend l'intérêt, peut-être serait-il temps de réaliser que nous avons un problème profond avec cette institution gérée par des incapables. Les officiers font joujou et s'imaginent que c'est un jeu, mais ne savent en majorité pas gérer des hommes et seraient les premiers à se faire dessus en situation réelle. Où d'ailleurs personne n'accepterait de les suivre tant il est clair que cela finirait en carnage. Sans mission claire et dangereuse, il serait temps de donner un grand coup de pied dans l'armée suisse. J'aurais plus confiance en 10'000 personnes formées et motivées qu'en 100'000 couillons qui attendent la fin sans savoir ce qu'ils font là. Oui, notre armée actuelle est une menace pour notre sécurité. Et prétendre le contraire, c'est soit ne pas y avoir mis les pieds ces 10 dernières années (au moins), soit être un contractuel et avoir peur pour son beurre, soit vivre dans un monde parallèle.

Aucun argument ne remplacera l'expérience de plusieurs années à voir de l'intérieur cette institution se transformer en vaudeville pitoyable... Mais malheureusement, les vieux nostalgiques ne voudront jamais le croire, le résultat sera non, et on pourra continuer à creuser, puisque le fond a déjà été atteint. Mais soutenir l'armée dans sa forme actuelle en continuant à prétendre qu'elle nous protège, pour moi c'est presque une trahison envers le pays...

Écrit par : Yann | 01/08/2013

16:46 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Yann force un peu le trait, mais il a entièrement raison. Cette situation n'est pas d'aujourd'hui, elle l'était déjà il y a plus de quarante ans.

Maintenant, faudrait voir d'un peu plus près d'où vient cet attachement des "ruraux" à l'armée de milice ou à l'armée en général. Par le passé, les paysans n'avaient pas ou peu de travail en hiver. C'était bien commode d'avoir le service militaire ordinaire, les cours de cadre, le paiement des galons, etc. comme job de substitution. Les familles aisées d'entrepreneurs envoyaient également leurs rejetons se faire les dents à la "conduite du personnel" aux frais de la princesse. Bref, l'armée avait du bon pour toutes sortes de raisons n'ayant rien à voir avec l'intérêt général. Et cela perdure sans que l'on ose soulever le couvercle.

Écrit par : petard | 05 août 2013

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Les "bras cassés" dont parle Yann sont en fait le 100% de la population de Suisses jugés en assez bonne santé pour effectuer le service ! (donc tous des alcoolos et des camés selon lui). Mais je vous garantie que la plupart de mes camarades et moi même, poseront la bouteille et le joints pour un instant si nécessaire, et feront preuve d'une férocité au combat hors norme si nos familles et nos valeurs sont réellement menacées !
.

C'est aussi un belle exemple d’auto flagellation bien helvétique, spécialité de la gauche à l'extrême gauche, alors même que c'est un des pays avec le meilleur niveau de vie du monde (même pour les bas salaires).

En plus c'est complètement chier sur les faits historiques, en se prosternant devant nos grand voisins comme la France, qui a justement perdue toutes ses guerres depuis un siècle (1er, 2eme, Indochine, Algérie...)

C'est aussi chier sur le fait que le pire cauchemar des grandes puissances nucléaire est précisément une population combattante (US au Vietnam, armée rouge en Afghanistan, Nicaragua, Cuba etc...)

J'ai des amis dans l'armée professionnelle britannique, marines ou army ranger US, qui en connaissance de cause trouve l'armée suisse loin d'être ridicule. Et qui eux même ont une petite tendance fonctionnaire (tant qu'a être payé pour un job, autant que ce soit avec le moins de risques et le plus facile possible...).

Mais tout ça n'a aucune importance puisque que quelques branleurs du gssa savent qu'ils détiennent l'exclusivité lumineuse de la vérité.

Bonne soirée.

Écrit par : Eastwood | 05 août 2013

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Eastwood,merci pour ce commentaire. Nous enfants de la rue mais oui après guerre les parents n'avaient pas le temps de s'occuper de leurs enfants ,nous avons reçu l'enseignement de l'Armée .
On vivait a la cadence des écoles de recrues, on obéissait aux enseignants comme les recrues aux gradés tandis que lors des grandes manœuvres civils et militaires très souvent invités aux repas de midi pour partager un autre pot au feu/rire /potinaient allégrement sur les dernières nouvelles de l'arrivée éventuelle de la Migros
C'est incroyable époque montre qu'en vivant sans information autre que Sottens ou Beromnuster tout le monde était au courant ,mais les gens n'avaient pas peur de presque tout et surtout converser dans les rues.
Au sujet de l'éducation c'est aussi une des raisons qui fit prendre le Général Guisan comme père de substitution à nombre de fillettes qui par sa seule présence sous forme d'un portrait a su les endurcir face aux duretés de l'existence et en même temps les rassurer

Écrit par : lovsmeralda | 13 août 2013

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