13 août 2013

Aéroport de Genève

Je publie ici ma chronique mobilité parue dans la Tdg de ce jour.

saurer-(suisse)-aeroport-de-geneve-cointrin-9971.jpg Nous apprenions dans la Tdg du 12 juin que la fronde s'organise contre l'extension de l'aéroport.

On connaît l'objection des Verts, et des associations qui leur sont proches, à la croissance et l'opposition des communes concernées ne surprendra personne.

Indépendamment des arguments discutables de l'augmentation des nuisances, le fond du débat se tient évidemment autour de la crainte d'un développement effréné et non maîtrisé de la région.

Voilà qui pourrait surprendre puisqu'on ne cesse de parler du Grand Genève et qu'il s'agirait justement d'anticiper ce développement, le cadrer par un aménagement du territoire réfléchi, un urbanisme qui permette la création d'éco-quartiers et la limitation des déplacements parasitaires.

A Genève, nous avons la chance d'avoir un aéroport proche du centre qui permet un gain de temps extrêmement apprécié par tous les visiteurs et plus particulièrement par les hommes d'affaires.

La modernisation de son aile est justement la garantie que le site est conservé et qu'on ne verra pas de sitôt un projet de délocalisation d'un aéroport à l'étroit entre la ville et la frontière.

Mais surtout, on mesure l'inconscience et l'inconséquence des opposants qui seront les premiers à hurler lorsque les multinationales, qui représentent près de 25 % de la masse salariale du canton, et les organisations internationales iront voir ailleurs si l'herbe est plus verte.

Ils auront alors la satisfaction de revivre dans un village, mais ils n'auront plus de travail.

00:26 Écrit par Pierre JENNI dans Conseil d'Etat, Genève, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

05 août 2013

Armée suisse

Armee-suisse_pics_809.jpgSuite à un article sur le blog de Charles Piguet sur la votation du 22 septembre, je suis tombé sur un commentaire de Yann qui va droit à l'essentiel. Je me permets de le reproduire ici.

Soit nous avons fait l'armée et donc vérifié les propos de Yann, soit nous avons des enfants, des neveux, qui nous racontent une histoire tellement semblable qu'on ne peut que se poser des questions.

Merci à Yann pour ce discours atypique du 1er août !

 

Vos spécialistes étrangers, ils me font bien rire. J'en ai vu un cet année en cours de répétition. Un major d'un pays nordique. Il est venu se promener, on lui a fait visiter en coup de vent les 2 ou 3 trucs qui marchaient le moins mal en se gardant bien de lui montrer le gros de la troupe en train de fumer des joints ou de faire la sieste planqué dans un coin. Il a reçu un joli panier avec des bouteilles de pinard et un bon repas, et il est reparti bêtement le sourire au lèvres.

Et c'est en gros le problème perpétuel. En s'accrochant au modèle d'armée que nous avons, on cache honteusement la vérité à la population: Notre armée est faite de bras cassés qui tiendraient 3 minutes en cas de conflit. A moins qu'on ne se décide à régler les guerres par des jeux à boire ou par un tournoi de jass, qui sont grosso modo les seules compétences qu'on acquière encore dans l'armée suisse, ce serait un massacre.

L'armée que nous avons actuellement est le plus grand danger pour la sécurité nationale qui soit.

Parce qu'elle fait tellement tout pour paraître utile qu'elle passe son temps à cacher son impréparation. PERSONNE n'est motivé. Personne n'y croit. Personne ne fait d'effort parce que la formation est absurde. Tout le monde réussit les tests haut la main, mais uniquement parce qu'ils sont une mascarade. Les sous-officiers donnent les réponses aux soldats pendant l'examen pour ne pas risquer de se faire sucrer les sorties. Du coup personne n'apprend rien, puisque de toutes façons, ça ne sert à rien. Mais les apparences sont sauvées: Sur le papier tout le monde a été formé.

Les situations où un gars mal formé crée du danger avec une arme mal assurée ou en faisant le con avec du matériel cher ou des véhicules sont quotidiennes. Tout le monde est à la frontière de l'alcoolisme. Les sommes d'argent gaspillées honteusement, rien qu'en carburant ou en cartouches (toujours commandées en quantité dix fois trop grandes et finies en rafale à l'arrache histoire de justifier leur commande) seraient un scandale d'une ampleur rare dans l'histoire suisse récente si on s'amusait à faire un audit sur l'armée.

Sur l'entier de ma compagnie, 80% de la troupe facilement assurait le mois dernier voter OUI à cette initiative. Et pas pour ne pas finir ses jours, puisque le temps que ce soit mis en place, peu d'entre nous seront encore là. Non, simplement parce que plus personne ne comprend ce qu'il fout là, à faire semblant d'être une armée alors que nous ne sommes qu'un ramassis d'ivrognes qui tourne en rond, sans rien faire.

Si même au sein de l'armée, plus personne n'en comprend l'intérêt, peut-être serait-il temps de réaliser que nous avons un problème profond avec cette institution gérée par des incapables. Les officiers font joujou et s'imaginent que c'est un jeu, mais ne savent en majorité pas gérer des hommes et seraient les premiers à se faire dessus en situation réelle. Où d'ailleurs personne n'accepterait de les suivre tant il est clair que cela finirait en carnage. Sans mission claire et dangereuse, il serait temps de donner un grand coup de pied dans l'armée suisse. J'aurais plus confiance en 10'000 personnes formées et motivées qu'en 100'000 couillons qui attendent la fin sans savoir ce qu'ils font là. Oui, notre armée actuelle est une menace pour notre sécurité. Et prétendre le contraire, c'est soit ne pas y avoir mis les pieds ces 10 dernières années (au moins), soit être un contractuel et avoir peur pour son beurre, soit vivre dans un monde parallèle.

Aucun argument ne remplacera l'expérience de plusieurs années à voir de l'intérieur cette institution se transformer en vaudeville pitoyable... Mais malheureusement, les vieux nostalgiques ne voudront jamais le croire, le résultat sera non, et on pourra continuer à creuser, puisque le fond a déjà été atteint. Mais soutenir l'armée dans sa forme actuelle en continuant à prétendre qu'elle nous protège, pour moi c'est presque une trahison envers le pays...

Écrit par : Yann | 01/08/2013

16:46 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

04 août 2013

Géothermie

images.jpgDans la tribune du 31 juillet 2013, nous découvrons un semblant d'information sur les éventuelles causes de la secousse sismique dans le canton de Saint-Gall.

En fait, nous n'apprenons rien, puisque personne ne connait les causes de cet incident qui n'est pas une exception dans cette région du globe. En effet, la Suisse vit dans une région particulièrement sensible du fait de la présence des Alpes.

La prudence est de mise lorsque l'on entreprend des forages d'envergure. Je salue donc le réflexe des autorités et des sociétés actives dans la promotion de la géothermie.

En revanche, je fustige les frileux qui voudraient mettre un terme à cette recherche prometteuse qui permettrait certainement de diminuer de manière conséquente notre consommation de matières premières et donc d'atteindre les objectifs minimaux instaurés lors de la signature du protocole de Kyoto il y a déjà plus de 20 ans et auxquels nous avons adhéré.

De tous temps les humains ont diabolisé les "sorciers" qui n'étaient que des esprits pensants. Des êtres qui entendaient penser par eux-mêmes et développer ce merveilleux outil inhérent à notre genre, l'intelligence.

Grâce à eux, et à tous ceux que nous avons brûlés et torturés, nous vivons aujourd'hui dans des sociétés avancées et confortables. Grâce à eux, nous continuerons à évoluer en tenant compte de la limitation de nos ressources.

13:13 Écrit par Pierre JENNI dans Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

01 août 2013

Drogue et alcool

Déjà le titre devrait en faire sourire plus d'un. L'alcool est non seulement une drogue, mais une des plus puissantes et destructrices bien que légale. Ce n'est qu'un des éléments qui plaide en faveur du discours de notre ancienne conseillère fédérale, Ruth Dreiffus, pour la dépénalisation de la consommation des drogues.

Mais l'article de la TDG du 31 juillet soulève un aspect inquiétant, un constat d'échec, de la politique de prévention à l'attention des jeunes consommateurs.

7c1b91c6-cc73-11e2-a3c6-772827f74e0f-493x328.jpgS'il n'est pas trop étonnant de vérifier que 91% se targuent de boire de l'alcool lors du recrutement à l'armée, dont 40 % évalués comme population à risque, il est en revanche surprenant d'apprendre qu'ils sont parfaitement conscients des conséquences de leurs habitudes.

Les associations actives dans la prévention veulent aller plus loin, par des contraintes légales et des augmentation radicales des prix.

Je prône exactement l'inverse et rejoins Mme Dreyfuss dans son combat. Pas seulement pour diminuer les risques, mais surtout pour développer la conscience individuelle, la responsabilisation. Ce n'est pas en ajoutant des entraves, faciles à contourner, que nous éveillerons la sensibilité des jeunes aux conséquences de leurs actes. Au contraire, le discours paternaliste est ringard et il encourage d'autant plus ceux qui seraient spontanément réticents. L'augmentation des prix favorisera le marché noir et la contrebande, donc la criminalité.

Rien de tel qu'une sérieuse biture pour comprendre à quel point nous hypothéquons notre capital santé. Rien de tel que les exemples au quotidien de toxico-dépendants qui nous montrent tout ce que nous ne voulons pas.

Addiction Suisse et toutes les associations actives dans la prévention devraient sérieusement remettre en question leur stratégie à la lumière de ce constat alarmant et mettre un terme à leur fuite en avant vers toujours plus d'interdictions et de contraintes qui font de nous des êtres serviles, incapables de discernement et révoltés par ces innombrables atteintes à nos libertés fondamentales.

13:36 Écrit par Pierre JENNI dans Conseil d'Etat, Genève, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)