09 janvier 2014

Pont ou tunnel, rade ou lac ?

IMG_1913a.jpgGrâce à l'initiative du nouveau président de la commission des transports Daniel Zaugg, dont il semble fier, nous allons  vraisemblablement revivre le drame de 1996 lorsque les genevois ont invalidé leur acceptation du principe d'une traversée de la rade pour une simple question logistique.

Il faut savoir que le parlement a finalement accepté d'entrer en matière sur l'initiative 152 de l'UDC mais les pieds au mur. Le front s'organise donc pour torpiller la traversée de la rade, comme à peu près tout ce qui émane de l'UDC qui semble incarner le diable dans notre canton.

Les conséquences seront évidemment désastreuses. Le doute s'infiltrera dans les consciences et le résultat forcément mitigé permettra à Berne de repousser au calendes grecques le budget pour la traversée autoroutière du lac.

Si cette dernière est évidemment très importante pour faciliter le transit international, le tunnel sous la rade est pareillement incontournable pour les citoyens (contribuables) genevois qui n'en peuvent plus des conséquences désastreuses de la politique de dissuasion à l'encontre des transports individuels motorisés mise en place depuis une quinzaine d'années.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le relever à plusieurs reprises dans de précédents billets, je rappelle que, selon les projections du rapport Mobilités 2030, nous devrons faire avec 30 % de véhicules privés supplémentaires à l'horizon évoqué. Les transports publics sont déjà saturés aux heures de pointe et le réseau ne peut plus être développé au centre.

L'évocation par les Verts des raisons de santé et de qualité de vie sont bientôt obsolètes puisque le développement de véhicules non polluants est devenu spectaculaire. A tel point que nous ne trouvons plus les sources de financement pour le rail qui étaient prélevées sur la vente des huiles minérales.

Mais surtout, on semble oublier que toutes nos activités quotidiennes dépendent de la mobilité. Tout ce que nous consommons doit parvenir sur les rayons des commerces. La plupart des corps de métier impliquent l'utilisation de véhicules de livraison ou de transport d'outillage et autre matériel d'intervention.

Les raisons de ce positionnement politique sont vraisemblablement à chercher dans le manque de ressources. Mais alors qu'on soit conséquent et qu'on envoie ce dossier à la commission des finances. Car le budget nécessaire à une traversée autoroutière assumée par le canton sera au bas mot quatre fois plus important et le partenariat public-privé ne trouvera les faveurs d'investisseurs qu'avec garantie de rendement conséquent.

07:56 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Pont ou tunnel, rade ou lac ?

Réponse: Rade par pont ET lac par tunnel

Écrit par : Pierre Roche | 09 janvier 2014

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@ Pierre.
Merci pour votre commentaire. Ma préoccupation ne s'exprime pas ici pour un projet contre un autre mais plutôt en raison de la confusion qui s'installera dans les esprits par la proposition d'un contre-projet.
Ceci dit, j'espère que votre plume a glissé et que vous vouliez bien parler d'un pont au large et d'un tunnel dans la rade, ne serait-ce que pour ménager les sensibilités et préserver un visuel ouvert sur le large. Un pont au loin aurait certainement de l'allure sans impacter ce merveilleux écrin unique au monde.

Écrit par : Pierre Jenni | 09 janvier 2014

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Un grand pont à la Goldengate au dessus du lac, qu'on puisse en être fier merde!

Écrit par : norbertmaendly | 09 janvier 2014

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Oui, Norbert, on ne fait pas un pont pour qu'il disparaisse dans le paysage.
Ma préférence va cependant pour un ouvrage d'envergure au large et donc dédié à la traversée autoroutière.
Un tel ouvrage serait démesuré dans la rade et impacterait un visuel auquel beaucoup de Genevois tiennent. J'en suis.

Encore une fois, mon propos se bornait à relever le risque que représente la proposition d'un contre-projet à l'initiative 152 pour une traversée de la rade. La confusion et le résultat forcément mitigé enverront un signal désastreux à la Confédération qui aura beau jeu de repousser indéfiniment cet investissement lourd.

Mais surtout, il est malhonnête de parler d'un contre-projet puisque ce sont deux projets parfaitement distincts et complémentaires, aussi indispensables l'un que l'autre. La traversée du lac concerne essentiellement le trafic international de transit alors que la traversée de la rade permettrait enfin de fluidifier le trafic et dédier le centre à la mobilité douce.

On mesure une fois de plus l'incohérence des Verts qui s'opposent aux deux projets pour des motivations idéologiques. Ils prétendent que la voiture est dépassée et qu'elle nuit gravement à notre qualité de vie et à notre santé. C'est en fait exactement l'inverse qui se profile :
- Le réseau des transports publics est déjà saturé aux heures de pointe et ne peut plus être étendu au centre la voirie ne s'y prêtant pas.
- Ce seront pas moins de 30 % de véhicules individuels motorisés supplémentaires qui emprunteront nos routes à l'horizon 2030.
- Ces véhicules seront bientôt tous non polluants et silencieux.
Le combat idéologique des Verts est dépassé et dangereux. Il nous propose une régression à un autre âge. Certains se verraient bien avec des chevaux pour se déplacer et des bougies pour s'éclairer.

La question est évidemment financière, comme ce fut le cas en 96. En effet, lors du plébiscite pour la traversée de la rade en 1988, les ressources ne faisaient pas défaut. En revanche, ce fut la décision de financer l'ouvrage par une augmentation de l'impôt sur les véhicules à moteur qui a incité les Genevois à revoir leur décision.

Aujourd'hui nous avons le même problème de moyens et il serait plus sage de se concentrer sur l'ouvrage le plus modeste, le plus urgent et indispensable pour les Genevois plutôt que de compter sur d'éventuels investisseurs improbables pour un objet dont le rendement sera forcément limité par les exigences d'entretien et le caractère public de l'infrastructure.

Écrit par : Pierre Jenni | 10 janvier 2014

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Si on fait la petite, on enterre la grande, sans jeu de mot. Les problèmes créés par les travaux de la petite seront tels que les usagés regretteront de ne pas avoir voté pour la grande et même terminée la petite ne sera plus efficace. J'ai voté le contournement en 85 et comme vous le voyez il est déjà saturé. Je préfère souffrir un peu plus longtemps pour avoir un résultat satisfaisant que de mettre un emplâtre sur une jambe de bois.

Écrit par : norbertmaendly | 10 janvier 2014

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Norbert, avez-vous pensé aux nuisances programmées par la réfection du pont du Mont-Blanc ?
Je ne partage pas votre pessimisme. La grande se fera. En fait elles se feront toutes à moins d'une catastrophe mondiale d'envergure. Pour une raison toute simple : En l'espace de 300 petites années, (je dis petites car à l'échelle de l'histoire humaine ce n'est rien) la population mondiale aura décuplé.
Le développement est inéluctable et la mobilité est son corolaire.
Les mêmes réticences étaient déjà très virulentes à l'époque de la construction du pont du Mont-Blanc. Donc rien de nouveau sous le soleil.

Écrit par : Pierre Jenni | 10 janvier 2014

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Si techniquement, un tunnel est possible, je pense que ce serait la meilleure solution pour une grande traversée. En tant que navigateur lemanique, les conséquences d'un pont au-dessus du lac engendrera des nuisances sévères. De plus, les rives du lac sont basses et un pont serait totalement disproportionné par rapport à l'environnement actuel. Le golden gate est situé sur des rives qui sont massives et en pente.

Écrit par : Dimitri | 11 janvier 2014

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