27 janvier 2014

Qui oserait questionner le FAIF ?

faller-120543.jpgLe 9 février est une date importante. Le vote sur l'immigration accapare l'attention. Presque personne n'ose remettre en question les 6,5 milliards que la Confédération s'apprête à verser dans le fonds pour les infrastructures ferroviaires.

Cet argent doit bien venir de quelque part. Jusqu'à aujourd'hui, le financement des investissements et de l'entretien des CFF était assuré principalement par les taxes prélevées sur l'utilisation des routes par les poids lourds (RPLP) et sur les huiles minérales et autres impôts sur les véhicules à moteur.

Seulement voilà, les véhicules devenant moins gourmands, voire même émancipés du pétrole, ne rapportent plus suffisamment. Il faudra donc procéder à une augmentation de la TVA et trouver d'autres ressources auprès des usagers de la route.

La votation contre la vignette était un premier signe très clair du ras-le-bol général sur cette propension de l'Etat à vouloir taxer l'automobiliste au delà du raisonnable pour entretenir un service public de transport cher, gourmand et non rentable.

Le manque de ressources disponibles pour l'amélioration du réseau routier est tel qu'il est presque devenu impossible de se déplacer en voiture. La migration sur les alternatives des transports publics est si conséquente qu'il n'est bientôt plus possible de trouver une place assise dans un tram ou un train aux heures de pointe.

Captifs, nous serons bien entendu tentés de valider les investissements prévus par le FAIF, tout particulièrement en Suisse romande pour rattraper le retard.

Je pense que c'est une erreur. Et nous serons peu nombreux à défendre cette position. Le TCS a ciblé son action sur la vignette et s'est déjà engagé à soutenir le fonds. Ce n'est pas le principe, ni le montant prévu pour ce fonds que je remets en question, mais son mode de financement et surtout le fait que cette votation ne soit pas coordonnée avec FORTA qui est l'équivalent du FAIF pour la route.

C'est tout ce que je demande. De la transparence. Que l'on sache d'où viennent les ressources et où elles vont. Alors oui, comme tout le monde, je validerai les investissements pour le rail.

15:21 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Je ne comprends pas tout dans cette histoire. Je ne sais donc pas quoi voter à ce sujet.

Que faudrait-il faire pour que les transports publics soient moins chers, moins gourmands et plus rentables ?

Et qu'ils délestent par voie de conséquence les routes ?

Écrit par : Jmemêledetout | 12 janvier 2014

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Je pense que l'erreur fondamentale provient de la tendance à vouloir opposer les transports individuels aux transports publics.
En exacerbant les fronts on fâche tout le monde et on peine à trouver des arrangements.

Au vu du développement que nous connaissons dans notre pays, il est vital de favoriser les transports collectifs. Mais il ne faut pas le faire au détriment de la route, surtout si nous prélevons une grande partie des subventions pour le rail auprès des automobilistes.

La route reste un incontournable, notamment pour le dernier kilomètre et pour les régions moins bien desservies. Par ailleurs, les arguments des Verts pour une meilleure qualité de vie et de santé sont bientôt obsolètes puisque les véhicules seront bientôt non-polluants et silencieux.

Comme je le relève dans ce billet, la question n'est pas de s'opposer au développement des infrastructures du rail, bien au contraire, mais de le faire en toute transparence et avec équité. J'appelle donc une votation coordonnée entre le FAIF et le FORTA. Je trouve malhonnête de procéder par étapes et de mettre le souverain devant le fait accompli du manque de ressources pour FORTA le moment venu alors que c'est la route qui est le plus grand contributeur des investissements ferroviaires.

Écrit par : Pierre Jenni | 13 janvier 2014

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Ceux qui voteront OUI contre l'immigration de masse, voteront en toute logique NON au Faif puisque l'une va avec l'autre.
Pourquoi accepter des augmentations gargantuesques du ferroviaire si nous avons moins d'immigrants dans le monde du travail. Les Suisses pourront enfin avoir des jobs proches de chez eux, les frontaliers rentreront moins, les immigrants idem; seulement selon les besoins supplémentaires après l'engagement des Résidents-citoyens.
Par ailleurs c'est totalement contradictoire avec la LAT puisque tout ce développement ferroviaire prendrait des terres arables absolument nécessaires à notre autosuffisance alimentaire minimum.

Écrit par : Corélande | 13 janvier 2014

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Merci d'avoir répondu M. Jenni. Je comprends mieux maintenant.

Et je dirais que c'est un peu symptomatique de notre société en général, de vouloir soigner des effets d'urgence par des thérapies sur lesquelles on n'a aucun recul qui engendreront d'autres effets ad lib, sans aucune vision à long terme.

Est-ce que le développement rail-route des marchandises aurait permis une meilleure fluidité ?

Lorsque l'on sait que la Coop pour sa clientèle en ligne fait des milliers de km par jour sur les autoroutes pour livrer en alimentation des particuliers de Tombouctou à Genève au lieu d'avoir un dépôt dans chaque grande agglomération juste pour économiser quelques centimes sans se responsabiliser, ni par rapport à la pollution générée ainsi que la raréfaction de nos ressources naturelles, ni celui du stress généré pour les chauffeurs, ni de l'encombrement inutile des routes, de la nécessité de les réparer plus souvent, on s'interroge quand même sur le mode de calcul qui fait croire à un profit quelconque d'argent rapide.

Par ailleurs, je pense aussi que se servir d'un budget précis pour compenser un autre, n'est jamais une bonne idée, pour différentes raisons.

C'est pourtant ce que l'on voit dans de très nombreux domaines de l'Etat, une forme de sous-traitance déguisée en divisions de responsabilités sur laquelle on n'a aucun contrôle et qui génère des milliards supplémentaires parfaitement inutiles parce que traités par différents services à double, à triple, à quadruple parfois.

L'absence d'information ainsi que l'absence de transparence sont certainement les premières choses à combattre.

Écrit par : Jmemêledetout | 13 janvier 2014

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Après de nombreux jours de doute quant à mon vote, je voterai non pour les raisons suivantes :

800 millions pour 29 rames en 2014 qui n'ont pas d'accès pour handicapé ! et seront remplacées en 2019 par d'autres... qui seront payées par qui ? en total déni de la loi.

Dommage pour la gare de Genève qui en aurait eu bien besoin, mais ce sera non. Qu'ils réfléchissent d'abord avant de prendre des décisions économiques et humaines aussi stupides et absurdes.

http://www.tdg.ch/suisse/cff-prevoient-acheter-trains-conformes-loi/story/25348581?track

Écrit par : Jmemêledetout | 27 janvier 2014

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Ainsi que je l'ai dit dans mon blog, voter "non" à l'initiative contre l'immigration revient à devoir prévoir un autre vote de milliards similaires pour le rail dans une quinzaine d'années, l'immigration massive n'allant pas se tarir.

J'ai hésité pour mon vote FAIF, mais ça a été non. Et comme le dit très bien Jmemêledetout, dommage pour la gare de Genève. Cela dit, vu que l'irresponsabilité ambiante nous a collé un projet en sous-terrain qui va nous coûter un demi-milliard de plus alors que nous avons une dette abyssale, c'est l'argument qui m'a convaincu de le refuser. Il faut bien se ressaisir à un moment ou à un autre, non?

Écrit par : Danijol | 28 janvier 2014

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Écrit par : paris sportifs | 27 mai 2014

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