31 janvier 2014

Traversée du lac indispensable, mais pour qui ?

pont-juscelino-kubitschek-1078202.jpgLa chronique mobilité de ce jour, rédigée par Natalie Hardyn, présidente du Groupe Transport et Economie (GTE) suggère dans son titre que la traversée autoroutière du lac est indispensable.

Pourtant, le corps de son texte semble bien plus prudent, voire même contradictoire lorsqu'il s'agit de parler de financement.

En effet, Mme Hardyn suggère que dépenser un milliard pour les Genevois avec une traversée de la rade telle que proposée par l'initiative 152 risquerait d'hypothéquer d'autres investissements d'importance. Elle nous encourage donc à étudier le "contre-projet" de la commission des transports qui propose de financer une traversée autoroutière du lac qui, elle, devrait coûter environ 4 fois plus. Cherchez l'erreur !

Mais surtout ce que ne semble pas réaliser le GTE, c'est que cette traversée autoroutière n'est nullement un contre-projet puisqu'elle sera essentiellement dédiée au trafic international de transit.

Les projections et autres simulations feraient état d'une augmentation significative de la circulation sur certains axes liés à la traversée de la rade. C'est évidemment le but recherché puisque nous pourrons enfin dédier le centre à la mobilité douce et le pont du Mont-Blanc aux transports publics.

Ne nous y trompons pas. La traversée de la rade est non seulement nécessaire, mais vitale si nous tenons compte des projections à l'horizon 2030 avec 30 % de véhicules individuels motorisés supplémentaires. Nous avons déjà atteint la saturation, voulons-nous la paralysie ?

Je m'interroge sur les objectifs du GTE et comprends bien la prudence dont fait preuve Mme Hardyn. Mais alors, n'aurait-elle pas dû plutôt s'abstenir et commencer par consulter ses membres. Car je doute sérieusement qu'ils valident sa prise de position évasive.

Commentaires

Cher Monsieur,

Permettez-moi de réagir à votre blog:

1. Le titre de l'article paru ce jour sous ma signature dans la rubrique "Expert mobilité" de la Tribune a été changé par la rédaction à mon insu. Mon titre était "Traversée de la rade: un contre-projet? et pourquoi pas? Vous trouverez sur http://nathaliehardyn.blog.tdg.ch/ le texte de l'article que j'avais envoyé au journal. Je ne suis dès lors pas étonnée de la confusion qui s'est installée dans votre esprit.

2. Contrairement à ce que vous écrivez, le GTE n'encourage pas à étudier "le" contre-projet mais le principe d'un contre-projet. Pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas de contre-projet à ce jour. Le GTE souhaite justement que le Grand Conseil vote le principe d'un contre-projet et ouvre ainsi la possibilité de proposer une traversée qui serait améliorée par rapport aux lacunes de l'initiative 152.

3. En 2004, le GTE a soutenu le projet de petite traversée du lac. Il soutient aussi le projet de grande traversée. Les deux projets ont des objectifs et des modes de financement différents. Les deux projets ont leur utilité.

Avec mes salutations les meilleures
Nathalie hardyn

Écrit par : Nathalie Hardyn | 31 janvier 2014

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Une fois de plus, on construit pour les frontaliers, tout comme le CEVA.
Le résultat est pourtant connu d'avance, ils ne prendront JAMAIS les transports en commun, ou alors utiliseront le co-voiturage.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 31 janvier 2014

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Madame Hardyn,

Je vous remercie pour ces précisions qui changent effectivement pas mal de choses.

Toutefois, parler d'un projet qui date avec la variante de 2004 devrait décrocher quelques sourires lorsque l'on sait que le premier projet de traversée de la rade date de la fin du 19ème et que le premier projet officiel, qui sera suivi d'une centaine d'autres, a déjà plus de 60 ans.

Les simulations et autres projections de techniciens sur plans sont des outils qu'il faut utiliser avec beaucoup de circonspection. On fait souvent dire ce qu'on veut aux statistiques, c'est d'autant plus aléatoire lorsqu'on imagine des scénarii.

Je vous rejoins toutefois sur l'idée d'un contre-projet pour une traversée de la RADE. D'une part parce que je pense que l'UDC n'a pas pris le temps d'étudier en profondeur la variante qu'elle a choisie, ce n'était pas le propos. Mais aussi parce qu'un ouvrage de cette importance doit impérativement régler les questions d'ancrage et de connections avec la voirie existante si nous voulons avoir une chance objective de convaincre les Genevois.

Le problème viendra vraisemblablement de la Commission des Transports qui a décidé un peu vite de proposer une contre projet qui n'en est pas un et qui s'est empressée de communiquer à ce sujet. C'est maladroit et il sera difficile de faire entendre raison aux élus qui ont validé ce choix désastreux.

Écrit par : Pierre Jenni | 31 janvier 2014

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Si on arrêtait les voitures privées, combien le pays ferait d'économie et combien de taxis en complémentarité des autres transports publics faudrait il ?

Écrit par : Corto | 01 février 2014

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Corto, si on remplaçait nos repas par de la spiruline, combien faudrait-il de pastilles pour assurer les besoins vitaux ?

Écrit par : Pierre Jenni | 01 février 2014

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Pierre sur 24 heures, en moyenne seulement 15% des véhicules genevois se déplacent !

85% restent statiques, il faut également prendre en compte les contraintes dues aux temps de stationnements limités, à Genève 30% des déplacements sont dus aux contraintes de parking selon les sources officielles, perso, je dis que c'est plus !

Écrit par : Corto | 02 février 2014

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Corto, je ne suis pas sûr de voir où tu veux en venir.
Il y a certainement plus de véhicules que de places disponibles. C'est lucratif et faisait certainement partie de la stratégie de dissuasion mise en place depuis une vingtaine d'années.
Espérons que notre nouveau magistrat en charge des transports tiendra ses promesses.
Le consensus pour le parking de la clé de Rive est une excellente nouvelle. Je le relève dans une prochaine chronique à paraître dans la Tdg.

Écrit par : Pierre JENNI | 02 février 2014

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Si on arrêtait les voitures privées, combien le pays ferait d'économie et combien de taxis en complémentarité des autres transports publics faudrait il ?

C'est p'être du genre "si ma tante en avait ça serait mon...", mais c'est pertinent comme question !

«...sur 24 heures, en moyenne seulement 15% des véhicules genevois se déplacent !...»
«...85% restent statiques...» «...30% des déplacements sont dus aux contraintes de parking...»

Si ces allégations sont réelles... faudrait p'être réellement revoir la question de l'usage du véhicule privé.

L'exemple de New York est intéressant. Il y a tellement de taxis bon marché à la pelle, que l'usage des véhicules privés est inintéressant au possible.

New York est un exemple à méditer !

Écrit par : petard | 02 février 2014

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C'est un changement de mentalité profond qui touche des notions plus larges que le seul transport, telles que la propriété privée et l'autonomie.
Le cas de Manhattan, et non pas de New York, est particulier. Les Yellow cabs n'ont pas de radio et sont les seuls autorisés à prendre des clients au vol. C'est une formule qui convient bien à la configuration de la ville. Chez nous, les taxis fonctionnent plutôt à la commande ou sur les quelques 70 stations réparties sur la ville.

Il serait certainement judicieux en revanche d'encourager les taxis collectifs ainsi que la reprise des proxibus et noctambus, non rentables pour les TPG, par des minibus taxis.

Mais vous touchez une idée qui fait son chemin dans les centres urbains. On construit de moins en moins de parkings dans les sous sols des nouveaux logements. Il sera très facile pour les autorités d'augmenter le nombre de licences taxi lorsque la demande viendra.

Afin de favoriser ce transfert modal, il faudrait déjà commencer par permette aux taxis d'utiliser l'ensemble des voies bus et tram afin de démontrer l'avantage qualité-prix aux usagers.

Écrit par : Pierre JENNI | 02 février 2014

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Pierre,

"C'est un changement de mentalité profond qui touche des notions plus larges que le seul transport., telles que la propriété privée et l'autonomie."

Pas du tout d'accord avec toi, jusqu'à maintenant les autorités tirant sur la vache à lait font tout pour encourager d'une part les transports privés et d'autre part n'utilisent pas l'incitation mais la répression, ce qui développe chez les administrés des réflexes à rebours !

Jusqu'au 19ème le pouvoir utilisait la morale pour soumettre ses populations, le sexe, la sorcellerie dès qu'une femme concoctait la moindre tisane etc., cependant cette paterne collective relationnelle entre les pouvoirs successifs s'est maintenue et maintenant nous en voyons les retombées, notamment avec cette soi-disant indépendance sur la mobilité, mais n'oubliez pas, les écolos cessent d'exister sans les pollutions diverses, ils ne font rien contre les formaldéhydes lâchés dans l'atmosphère par certains polluants des corps fabriquant des "arômes" et autres "parfums" nauséabonds intoxiquant la moitié du canton, lorsque je les ai appelés à ce sujet, ils n'étaient même pas au courant !!

Je rappelle que les formaldéhydes utilisés par tonnes par ces tueurs en séries, sont les substances les plus cancérigènes connues, ils imposent ces merdes dans les cycles de l'alimentation humaine et des villes comme Genève en paie le prix élevé !

Donc ne vous laissé pas bercés par les comptines écolos, c'est eux qui polluent le plus avec leurs mirages toxiques !

Bien à toi

Écrit par : Corto | 02 février 2014

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Pékin, Shanghai entre autres ne sont pas polluées à cause des voitures, mais é cause des usines électriques à charbon utilisées pour fabriquer des panneaux solaires voltaïques subventionnés par les écolos fédéraux !

Ne pas oublier, pour fabriquer un panneau solaire, il faut au minimum deux fois plus d'énergie que ce qu'il va produire durant toute sa vie !!

Écrit par : Corto | 02 février 2014

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"[...] Ne nous y trompons pas. La traversée de la rade est non seulement nécessaire, mais vitale si nous tenons compte des projections à l'horizon 2030 avec 30 % de véhicules individuels motorisés supplémentaires. Nous avons déjà atteint la saturation, voulons-nous la paralysie ? [...]"


PITIÉ !!!
Assez de voitures, assez de pollution, et ne me faites pas croire que le FAP est une bonne solution.
Il y a trop de gens qui utilisent la voiture, pour vous en convaincre placez-vous d'un côté ou de l'autre du pont de Mont-Blanc.

Comptez les véhicules dont le conducteur est le seul occupant.

Est-ce cela, vraiment, le progrès?

La traversée pénible, bien pénible de la Rade décourage déjà pas mal d'automobilistes. Créer une traversée du lac ne ferait qu'augmenter le trafic.

Non Monsieur!

Assez de trafic, pour une interdiction de circuler au centre-ville sans un gros supplément à payer. Il faut sauver les poumons!

Assez de moteurs!

Écrit par : Keren Dispa | 02 février 2014

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@Keren Dispa
Vous avez raison de relever l'aberration de ne transporter que 1,15 personnes dans une voiture.
Et oui, le pont du Mont-Blanc est saturé.
C'est justement la raison pour laquelle la traversée de la rade est indispensable. Elle permettra de libérer le centre du trafic et limiter la pollution par de la fluidité.

La traversée du lac à laquelle vous faites référence est une autre discussion. C'est une traversée autoroutière dédiée au trafic de transit qui n'a pas d'incidence directe pour les Genevois. A mon avis elle est aussi importante mais elle peut attendre le financement de la Confédération.

Il est possible, probable et même souhaitable que les véhicules motorisés disparaissent au profit de véhicules silencieux et non polluants. Mais ce développement qui s'accélère prendra encore passablement de temps.

Mais de grâce, ne parlez pas de nos poumons. Vous ferez hurler les habitants des mégapoles telles que Pékin, Bangkok, Bombay où il est devenu nécessaire de porter un masque. Visitez une de ces villes et vous aurez soudain l'impression à votre retour de respirer l'air des montagnes.

Je vous encourage à lire le rapport "Mobilités 2030" qui vous apprendra que les transports publics ont atteint leur limite au centre car la voirie ne permet pas de développement supplémentaire. Et pourtant ils sont déjà pleins aux heures de pointe. Vous découvrirez aussi les projections à l'horizon 2030 dans le cadre du Grand-Genève et l'augmentation inéluctable des transports individuels motorisés.

Les questions fondamentales qui se posent et qui semblent vous alerter sont directement liées à des choix de société. Nos élus travaillent ensemble au développement de la métropole lémanique, au même titre que nos autorités nationales, tous partis confondus avec le soutien des grands acteurs de l'économie, valident le développement et la croissance. J'en parle sur mon blog précédent ainsi que sur mon site de campagne. www.pierrejenni.ch

Écrit par : Pierre Jenni | 02 février 2014

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Corto,
Je ne suis pas compétent sur les sujets des divers types de substances polluantes. Ce n'est pas le propos de ce billet qui se contente de dénoncer les velléités de la commission des transports à vouloir nous proposer une alternative à la traversée de la rade par la traversée autoroutière qui serait financée, dieu sait comment, par les Genevois vu que la Confédération à dit non.

Tes doigts ont dû glisser sur le clavier. Les autorités n'encouragent pas les transports privés. C'est le contraire. Depuis 20 ans ils briment systématiquement les automobilistes avec pour conséquence ce que tu relèves justement; la réaction inverse et épidermique des citoyens devant cette répression insupportable.

Écrit par : Pierre Jenni | 02 février 2014

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C'est toi Pierre qui glisse, ou qui roule !!

Le bordel actuel à Genève est provoqué, calculé, fabriqué pour que la pagaille règne et cela grâces aux inlassables interventions des écolos !

Si il n'y avait pas de feu à Genève, on consommerait deux fois moins de carburant, l'expérience à déjà commencé il y a 3 ans dans 2 villes d'Allemagne et ils ne sont pas prêts de remettre des feux et même des stop.

Les politicards on besoin de nous prendre pour des débiles pour passer pour des sauveurs, c'est pas nouveau !

Écrit par : Corto | 03 février 2014

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Le "problème" de la traversée est un mythe, le pont du Mont-blanc est l'axe où ça circule le mieux à Genève !

Le problème n'est pas le pont, mais à nouveau les feux à chaque bouts de ce dernier !

Il suffit de creuser deux ou trois tunnels de croisement et finit le bordel chronique de la traversée !

Aussi, dans presque toutes les villes civilisées, circulent des milliers de nouveaux modes de transports urbains, comme les trottinettes électriques et autres mini-tranporteurs portables, à Genève, comme par hasard, interdit !

A force de nous avoir pris pour des cons, serions-nous devenus cons ?

C'est pas impossible !

Les flics passent leurs journées à emmerder et coller des vélos, n'ont-ils rien d'autre à foutre ?

Écrit par : Corto | 03 février 2014

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Je suis plutôt d'accord. Dans le cadre de mon mandat à la tête des taxis, j'ai tenté de faire des propositions de circulation qui rétablissaient les ondes vertes et qui remplaçaient les feux par des giratoires à de nombreux carrefours.
Je ne suis pas certain que ce soit intentionnel. Mais c'est vrai que les écolos ont fait des dégâts. Je pense que le problème majeur vient des technocrates fonctionnaires engagés par la ville et le canton pour faire des simulations et autres projections sur plan sans grand rapport avec la réalité du terrain. On ferait mieux de prendre un scientifique du CERN spécialisé dans les flux liquides. En s'inspirant de l'eau qui passe toujours par le chemin le plus court, on ferait des progrès.
Seulement voilà, qui oserait venir avec de tels concepts révolutionnaires.
Je serais curieux d'en savoir plus sur les villes d'Allemagne qui ont fait ce pas.
Je partage aussi ton point de vue au sujet des modes alternatifs. J'ai adoré me balader dans le centre historique de Florence en Segway. Mais justement, la traversée de la rade permettrait de dédier le centre à ces engins.
Et je suis enfin aussi d'accord avec toi sur l'aberration de s'acharner sur les cyclistes. En tant que chauffeur de taxis, je remercie tous les jours les cyclistes qui anticipent ou qui grillent les feux. Ils font ça en toute sécurité. Comment en serait-il autrement, exposés comme ils le sont ?!

Écrit par : Pierre Jenni | 03 février 2014

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"Mais de grâce, ne parlez pas de nos poumons. Vous ferez hurler les habitants des mégapoles telles que Pékin, Bangkok, Bombay où il est devenu nécessaire de porter un masque. Visitez une de ces villes et vous aurez soudain l'impression à votre retour de respirer l'air des montagnes."

Pas besoin d'aller si loin!
Postez-vous à l'angle rue Versonnex/Bd Helvétique le matin, vos poumons ne vous diront pas merci. L'air de la montagne du centre-ville... en pleine circulation : non merci!

Enfin, comparer une mégalopole et Genève, ça n'a aucun sens : comparaison n'est pas raison!

Écrit par : Keren Dispa | 03 février 2014

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Keren Dispa, critique reprise d'un autre comm., avant d'écrire et de répéter, faut lire les autres comm, please !!

Écrit par : Corto | 03 février 2014

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Corto, je n'ai pas compris votre commentaire. Ou vivez-vous?

Écrit par : Keren Dispa | 04 février 2014

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