22 août 2014

Pas les moyens ? ça ne prend pas !

Je reprends ici ma chronique qui a été publiée dans l'invité de la TDG du mercredi 20 août 2014


eiti_cover1.jpgOn peut raisonnablement se poser la question au vu de l’état d’endettement de notre canton.
Mais on peut aussi se demander comment il est possible de caracoler au sommet de la compétition mondiale dans des domaines aussi importants que le négoce des matières premières ou la banque privée sans pouvoir se donner les moyens de se déplacer à peu près normalement et dans des temps raisonnables.


Le discours des opposants à la traversée de la rade se résume en deux points qui sont largement contestés par des études contradictoires. Le projet ne ferait qu’aggraver la circulation en « aspirant » les voitures et nous n’avons pas de financement.


Je ne m’attarderai pas sur le premier point qui ne tient évidemment pas la route.
En revanche il me semble important de parler du financement car c’est bien ce point qui a fait capoter le projet de pont ou tunnel en 1996 par l’augmentation de l’impôt sur les véhicules à moteur.


Comme le révèle le débat actuel occasionné par l’initiative dite des « vaches à lait » et la création du fonds FORTA, les automobilistes en ont assez de faire les frais d’une politique stigmatisante faite de brimades destinées à les décourager et les inciter à renoncer à leur mode de transport pourtant garanti par notre nouvelle constitution. Avec les résultats que l’on connait d’une sclérose généralisée dans notre ville.


Comme en 1988, lorsque les Genevois ont plébiscité le projet d’une traversée à près de 70%, les privés seront très intéressés à participer à la réalisation de ce tunnel dont le rendement serait garanti par un usage intensif de cet ouvrage. Je n’ai pas le moindre doute sur la volonté des usagers de s’acquitter d’une taxe de passage largement amortie par le gain de temps réalisé. Les moyens technologiques actuels permettent de saisir électroniquement l’identité du détenteur du véhicule sans intervenir sur le flux et lui faire parvenir une facture mensuelle.


C’est une idée parmi tant d’autres, mais de grâce, qu’on ne vienne pas nous dire que Genève n’a pas les moyens !

Commentaires

M. Jenni, outre la question de la légalité du péage, un tel système réserverait cette infrastructure aux seuls usagers inscrits, identifiables et susceptibles de recevoir une facture, soit les résidents du canton de Genève, voire de Suisse... c'est un peu limiter le cercle des bénéficiaires, non?

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 23 août 2014

Répondre à ce commentaire

Monsieur Ivanovic, vous avez raison de relever la question de la légalité car il est vrai que pour les ouvrages de la Confédération cela poserait un sérieux problème. Donc pour la traversée autoroutière du Lac qui devrait être couverte par la vignette.
En revanche aucun problème pour un ouvrage cantonal.

En ce qui concerne l'utilisation de l'infrastructure, votre remarque aurait pu être pertinente il y a une dizaine d'années. Aujourd'hui, comme vous pourrez le remarquer lorsque vous êtes poursuivi pour un excès de vitesse à l'étranger, la facture arrive bien à votre domicile. Les frontières n'existent plus dans la gestion administrative des citoyens.

Ce système est d'ailleurs déjà en fonction aux Pays-Bas et donne entière satisfaction. Il deviendra la norme à très court terme tant par sa simplification, la réduction des charges en personnel, en infrastructures et surtout par la fluidité garantie aux différents péages qui sont aujourd'hui autant de noeuds très contraignants.

Écrit par : Pierre Jenni | 23 août 2014

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire