18 septembre 2014

La grande traversée du lac coûtera plus de 2 milliards à Genève !

2010201_pic_970x641.jpgLe débat de mardi de la Tribune de Genève nous a réservé une belle surprise, dont le rédacteur en chef Pierre Ruetschi se garde bien de parler dans son édito du jour. Normal : il a fait son coming-out en écrivant qu’il est résolument contre le tunnel sous la Rade !
 
Peu importe, revenons à la surprise. Elle nous vient de M. Franco Tufo, Directeur Général du bureau d’ingénieurs CITEC, mandaté par Luc Barthassat pour dire tout le mal qu’il pense du projet soumis au vote le 28 septembre. M. Tufo, pris dans l’intensité du débat, a lâché par inadvertance une information que le Canton doit sans doute considérer comme un secret défense : le prix de la grande traversée du lac pour Genève. Celle pour laquelle roule Luc Barthassat donc, qui bouclerait  le périphérique autoroutier entre Le Vengeron et Pointe à la Bise. La bombe lancée par ce spécialiste est… atomique : la Confédération, si un jour elle accepte de participer au financement de ce projet, ne s’engagera vraisemblablement qu’à hauteur de 40% des coûts totaux !
 
Traduisons cela en montants sonnants et trébuchants : les études actuelles font osciller le coût de la grande traversée entre 3,2 et 4 milliards. La Confédération prenant à sa charge les 40% annoncés par le spécialiste mandaté par l’Etat, il restera donc 60% à régler par Genève. Soit entre 1,92 et 2,4 milliards. Donc entre 3 et 4 fois le prix de la traversée de la Rade !!! Oui, vous avez bien lu. Et ce n’est pas un modeste citoyen comme moi qui le dit, c’est le patron du bureau d’ingénieurs mandaté par Luc Barthassat !
 
Alors les Genevois qui hésitaient encore sont désormais fixés : pour un projet de grande traversée inscrit dans les limbes, qui se réalisera peut-être d’ici 2050 ou 2060, si la Berne toute puissante le veut bien, Genève s’endettera quatre fois plus que pour la traversée de la Rade. Conclusion : votez OUI le 28 septembre et réalisons enfin notre traversée de la Rade d’ici 10 ans, au meilleur coût.

Commentaires

Donc pour vous le prix de la traversée de la rade ne va pas dépasser les 800 millions. Je vous parie cent francs que ce montant sera dépassé. Et je pense que vous n'aurez pas le courage de relever ce pari. Ce pari ne tient qu'en cas de réalisation de l'ouvrage, bien entendu.

J'ai déjà voté NON.

Écrit par : Johann | 18 septembre 2014

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Johann, je vous offrirais volontiers ce lot de consolation si vous le méritiez.
Lorsque le principal argument du manque de financement tombe, il ne reste plus que l'assurance des élus qu'ils feront barrage à la volonté populaire en ne votant pas les crédits d'études et en lançant des recours tous azimuts qui risquent évidemment de faire monter la note.
C'est petit, mais reflète bien la mesure de l'ambition de nos élus qui auront cette fois beaucoup de peine à sauver leur siège lors du prochain scrutin.

Écrit par : Pierre Jenni | 18 septembre 2014

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Bref. ici on est 2 CH à avoir voté non.

Écrit par : pierre à feu | 21 septembre 2014

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Tout au long de cette campagne dans laquelle je me suis beaucoup investi j'ai observé un phénomène intriguant : A peu près tout le monde a un avis et n'est pas près à en changer même lorsqu'il ne reste plus d'argument.

Je suis pourtant surpris que des gens comme Pierre à feu qui sont rapides à dénoncer les attaques contre notre système se défaussent ici par une soi-disant complexité technique qui n'existerait pas dans d'autres sujets et qui remettrait en cause la consultation populaire.

Non, la question de la traversée ne requiert pas des recherches poussées pour se prononcer. Le simple bon sens et la pratique quotidienne de la ville permettent de comprendre à quel point il est urgent de la réaliser.

Mais comme dirait Monsieur Calame, on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Ce qui me rassure, c'est qu'une grande partie des électeurs sont des travailleurs et non pas des conceptualistes bobos. Pour eux, c'est simple, ils ne peuvent plus travailler correctement en raison des questions de mobilité. Ce sont chaque année des centaines de millions qui sont engloutis dans les déplacements alors que ces montants pourraient être affectés à des hausses de salaires et à une meilleure productivité des entreprises.

Je pense donc que le sondage de la tribune n'est pas forcément représentatif et que le score sera plus spectaculaire.

Écrit par : Pierre Jenni | 22 septembre 2014

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