29 juillet 2015

Téléphérique du Salève

Vlift1932adom.jpgendredi dernier j'ai emmené une amie sur le Salève pour lui montrer la taille de notre ville. Je me réjouissais de remonter dans le téléphérique pour la deuxième fois de ma vie, la première c'était quand j'étais gamin.

J'étais curieux aussi de voir l'évolution de la structure qui a profité de plusieurs liftings et d'un matraquage publicitaire conséquent pour que l'exploitation soit rentable et qu'on évite ainsi de puiser dans les fonds publics pour l'entretien.


 

Lorsque la cabine démarre je demande au préposé :

- Savez-vous jusqu'à quand la carrière qui défigure le Salève sera exploitée ?

-...

- Faut dire si je vous dérange...

- Je ne vous connais pas et je n'ai pas envie de vous connaitre.

Bon ben voilà qui a le mérite d'être clair.

A l'arrivée, nous cherchons l'entrée du restaurant panoramico-gastronomique. La petite porte dans le couloir sombre semble un peu chiche pour un établissement de cette prétention. Nous entrons donc par derrière et avons la chance de trouver une dernière table puisque nous n'avions pas réservé. Je me remémore la discussion avec le vendeur de billets en bas :

- Savez-vous s'il y a de la place au restaurant

- Aucune idée. Vous avez réservé ?

- Ben non c'est bien pour ça que je vous demande.

- On ne m'a rien dit. A vous de voir.

La lumière au dessus de notre table est hors service. Lorsque les plats arrivent, impossible de distinguer les diverses couleurs dans l'assiette. Un spot éblouit mon amie à tel point que nous devons demander de l'éteindre. Ce qui sera fait après deux relances mais qui nous plongera dans le noir. Au grand soulagement de nos voisins qui subissaient déjà cet aveuglement depuis quelque temps.

A la sortie, je retrouve notre très aimable préposé :

- Quand part la prochaine cabine ?

- Aucune idée.

- ben dites-donc ça doit être drôlement épanouissant de pratiquer votre métier comme vous le faites.

- Je vous ai déjà dit que je ne vous connaissais pas et que je n'avais pas envie de vous connaitre. Vous venez d'où ?

-...

- Vous êtes Suisse ? Vous faites quel métier ?

- Je suis chauffeur de taxis et je peux vous assurer que si je me comportais comme vous je n'aurais pas beaucoup de clients.

- Mon oncle a travaillé en Suisse. Je préfère être Français...

Je ne me souviens plus trop des quelques amabilité de voisinage qu'il m'a encore proféré mais j'ai soudain pris la mesure d'une animosité que je croyais à sens unique. Je culpabilisais sur notre attitude méprisante à l'égard des Français. Je découvre soudain que l'antipathie est partagée.

Et je mesure le chemin à parcourir pour considérer le Grand Genève. Je m'interroge sur les millions injectés à vide pour l'entretien d'une structure presque désaffectée à part le remplacement des câbles tous les 15 ans. Et je me dis que notre ministre des transports plane sérieusement lorsqu'il évoque son souhait de prolonger la ligne sur Genève.

11:33 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

J'espère au moins que votre repas était bon, même sans voir ce que vous mangiez :-))

Écrit par : grindesel | 29 juillet 2015

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Oui grindesel, c'était très bon mais je fais partie de ceux qui jouissent de tous leurs sens et la fête était un peu gâchée.

Écrit par : Pierre Jenni | 29 juillet 2015

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Habitant près du Salève, j'y monte à pied et suis une usagère assez régulière du téléphérique, pour la descente.
Heureusement, je ne suis jamais tombée sur l'énergumène que vous avez eu la malchance d'avoir à la montée et à la descente. On discute parfois avec les employés et ils répondent de façon certes pas volubile, mais avec politesse.
Le petit chalet-snack au-dessus du restaurant est une adresse très sympa. Le gérant et sa femme font les maximum pour l'accueil et leur "établissement" est parfaitement adéquat.
Je ne dirais pas que le téléphérique est désaffecté. En ce moment, les touristes étrangers débarquent à Veyrier en bus et cherchent le chemin pour le téléphérique en nombre non-négligeable.
Le week-end, des adeptes du VTT montent en cabine et descendent avec le vélo, souvent pour le plus grand désagrément des marcheurs.
Le week-end, il y a également beaucoup de familles et si on aime le calme, mieux vaut monter de bonne heure.
Vu son succès, le téléphérique a fonctionné pour la première fois, je crois, tout l'hiver dernier. J'ai encore l'article découpé de la TdG à ce sujet, puisque ça m'intéressait. Les cabines fonctionnaient le mercredi, vendredi, samedi, dimanche de 10h à 16.45 h.
Si c'est reconduit l'hiver prochain, cela voudrait dire que ça en valait la peine ( ou alors, qu'ils touchent vraiment une rente non-méritée).
Il faudrait peut-être donner une seconde chance à cette vielle dame, en montant encore une fois là-haut. Elle est une jolie représentante du patrimoine de la Rive Gauche.
Quant à la question au sujet de la fin de l'exploitation de la carrière : je me souviens de la date de 2018, mais je n'y croirais pas trop. Cela fait un moment que toutes sortes d'instances essayent de mettre fin à cette affaire, mais il y a toujours des sursis.

Écrit par : Calendula | 29 juillet 2015

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Le "Grand Genève" tient actuellement grâce aux versements de commissions à certaines personnes influant le parti cantonaliste (y compris des cousines débarquées avant-hier soir) et le parti prétendument nationaliste.

En effet, si les deux partis en questions s'opposent à la dénonciation du traité de 1973 par lequel Genève donne 3.5% des salaires des frontaliers à la France, c'est parce qu'il y en a qui touchent une commission versée par certains français, trop heureux de défendre ainsi les intérêts de leurs habitants.

Rappelons qu'aux termes de la Convention contre la double imposition le principe est clair : imposition au lieu de travail. C'est ce qu'en dernier lieu la France a obtenu de la Belgique. La France impose les dépense et de ce fait encaisse plus que la Suisse (TVA 20 %). L'accord financier et -non fiscal- de 1973 qui prévoit cette donation doit être dénoncé par le Canton dont c'est la compétence.

D'ailleurs, bien qu'il appartienne au canton de dénoncer l'accord, Paris ne verrait pas cela d'un mauvais oeil. Après tout, saint-Julien reçoit trois fois plus d'argent de Genève que de Paris ! En échange, bien que cela ne soit pas nécessaire mais pour des raisons diplomatiques, on pourrait proposer de prévoir que la France n'exonérera plus les salaires suisses, mais imputera les impôts effectivement payés en suisse. Cela correspond à la pratique française. Une petite lettre dans un alinéa, je vous passe le détail.

L'accord de 1973 tombera parce que je le veux, parce que vous le voulez, parce nous le voulons. Parce que nous ne sommes pas des pourris. Parce que c'est l'un des piliers du rétablissements des finances cantonales. Parce que ce rétablissement est indispensable au vu de l'effondrement des finances dû à l'arrivée du changement de fiscalité des entreprises qui nous est dicté par le G20.

Si Genève veut rester au Nord du Sud et ne pas finir en Grèce du Nord, il faut agir.

Vive la Frontière. Que RIP l'Agglo franco-valdo-genevoise.

Écrit par : CEDH | 29 juillet 2015

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Juste pour vous remémorer du racisme anti-suisse puant des Français. Ils ne sont peut-être pas tous comme ça, mais ils doivent être une minorité.


http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/12/07/racisme-anti-suisse-ordinaire.html


Je trouve la conclusion d'Homme Libre super lorsqu'il rappelle quel est l'animal totem des Français.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 29 juillet 2015

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"Je culpabilisais sur notre attitude méprisante à l'égard des Français.
Je découvre soudain que l'antipathie est partagée."

Vous êtes malheureusement un cas unique, car cela doit bien arriver à beaucoup d'autres, mais eux ... n'osent pas s'exprimer.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 29 juillet 2015

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En dehors de nationalisme, restons au niveau pratique :

surtout ayez toujours sur vous en réserve des billets de descente en téléphérique. car en cas de panne voiture là haut sur la montagne, sans billet dispos : NON pas de descente possible sans l'avoir prévue !!

En dehors de la panne, une envie des enfants est sûrement plus probable !!!

Il y a bien distributeur auto en haut, uniquement par carte d'un seul type, souvent en panne, temps de réponse plus de 10 minutes !

Billet par smartphone... il faut être branché en permanence, surtout en faisant du sport !

Il parait que l'info circule, vaux mieux trop que pas assez, pour être sûr d'un résultat durable

Écrit par : Olivier vous salut | 18 octobre 2015

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