29 juillet 2015

Téléphérique du Salève

Vlift1932adom.jpgendredi dernier j'ai emmené une amie sur le Salève pour lui montrer la taille de notre ville. Je me réjouissais de remonter dans le téléphérique pour la deuxième fois de ma vie, la première c'était quand j'étais gamin.

J'étais curieux aussi de voir l'évolution de la structure qui a profité de plusieurs liftings et d'un matraquage publicitaire conséquent pour que l'exploitation soit rentable et qu'on évite ainsi de puiser dans les fonds publics pour l'entretien.

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11:33 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

24 juillet 2015

TISA, TTIP, la gauche tient son os

2257925266.jpgMon aventure un peu utopique de candidat indépendant au CE en 2013 reposait sur un constat assez largement partagé de l'effacement des distinctions entre gauches et droites et l'espoir un peu prématuré d'une participation plus large des jeunes, qui ne se retrouvent dans aucun parti, grâce aux outils numériques.

Dans mon site de campagne, je me définissais comme un libertaire à la suisse, donc raisonnable, et suggérait un Etat plus maigre qui se concentre sur ses tâches régaliennes en laissant au privé les autres qui ne nécessitent pas de protections particulières, favorisant une saine concurrence.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop. Si je reste convaincu que l'éducation, la responsabilisation personnelle et le développement de la conscience individuelle sont des vertus cardinales dans l'évolution de nos sociétés, j'observe que les dérives du libéralisme prennent des proportions encore jamais atteintes et les écarts se creusent dangereusement accentuant les travers d'une société à deux vitesses qui ne projette rien de bon pour l'humanité.

En poussant la logique de la concurrence et de la compétition jusqu'au bout, non seulement nous nions le caractère limité de notre environnement, la Terre, et de ses ressources, mais nous encourageons tous les travers collatéraux des systèmes hiérarchiques et l'exploitation des plus démunis par les plus idiots.

Tout s'accélère et la machine risque bien de s'emballer. En sport, pour satisfaire la demande insatiable de records, plus aucun athlète ne peux espérer régater sans prendre de substances. Dans les domaines de la distribution, les grands groupes technologiques comme Amazon ont détruit des pans entiers de l'économie pour offrir des biens à prix presque coûtant. Dans celui des services, Uber n'est que le début d'une aventure qui ne fâche aujourd'hui que les taxis. Demain, lorsque les avocats genevois se verront concurrencer par les services juridiques en ligne qui cassent les prix sans suivre les règles auxquelles sont soumis les concurrents traditionnels, nous verrons peut-être enfin les autorités se réveiller. Eh oui, les avocats sont nombreux à siéger dans les délibératifs, tant à droite qu'à gauche.

Alors oui, la gauche, qui a perdu son âme en rejoignant la logique du marché depuis Blair et qui peine à garder son poids gouvernemental, risque bien de tenir là son os et retrouver les faveurs d'un public beaucoup plus large. Mais fera-t-elle son come-back à temps ou devrons-nous passer par le pire avant de réaliser où nous mène la logique libérale qui, paradoxalement, favorise la création de nouveaux monopoles privés sans garde-fou puisque les instances de surveillance valident à tour de bras les fusions.

La question fondamentale revient à chacun. Pourquoi voulons-nous tout, tout de suite et si possible gratuitement ? Comment se fait-il que nous ne soyons pas conscient du prix réel à payer au final ? Et si, comme le prédit Jeremy Rifkin, nous nous dirigeons vers une ère d'abondance, comment justifier une telle répartition des biens et des moyens d'accès à ces biens lorsqu'une grande partie de l'humanité travaille comme des machines, pour le moment moins chères que les robots, pour engraisser une petite minorité insatiable ?