26 octobre 2015

Un péage urbain à Genève

090930190457.jpgC'est l'idée que promeut Thomas Wenger qui se base sur l'expérience londonienne pour, non pas fluidifier le trafic, mais remplir les caisses de l'Etat et développer les transports publics.


Il commet deux erreurs majeures.

D'abord Genève, de par sa taille et sa position géographique au bout du lac ne permet évidemment pas de tracer un périmètre suffisamment important pour justifier un tel dispositif. C'est d'ailleurs, paradoxalement, une des conséquences directe du refus de traversée de la Rade. Ainsi il faudra exclure le "U" lacustre de la zone alors que le pont du Mont-Blanc se situe en plein hypercentre.

Ensuite, il suffit d'observer les plans de la ville pour constater en un clin d'oeil que l'offre en transports publics dans le centre à atteint sa limite, quelle que soit la diminution des transports individuels motorisés (TIM). Et malgré cette offre pléthorique, parfois non-rentable, on ne trouve plus de place dans les trains, les bus et les trams aux heures de pointe.

J'ai salué dans un premier temps le travail de la sous-commission à laquelle M. Wenger a participé. J'avoue que j'ai été bluffé par la performance du président, Daniel Zaugg, car je ne pensais pas que ces sept députés d'horizons si différents seraient capables de s'entendre. Certes, c'est le fruit de compromis parfois douloureux pour les uns comme les autres, notamment la décision discutable de taxer le parking des deux-roues.

Mais ce travail risque bien de ne servir à rien car le but inavoué de M. Wenger et de ceux et celles qui lui ressemblent est bien d'éradiquer les TIM de la ville pour nous entasser dans les transports publics.

A long terme, je partage pourtant cette vision et toutes les initiatives qui permettraient de ramener la campagne en ville, favorisant la qualité de vie urbaine. Mais ça reste une vision qui n'a pas grand rapport à notre réalité quotidienne. C'est une négation et un aveuglement qui retarde d'autant la concrétisation du rêve. Comme le refus de la traversée de la Rade qui aurait permis la réalisation des espoirs les plus fous de nos écologistes en consacrant l'hypercentre à la mobilité douce. On commence seulement à mesurer l'ampleur de la bourde.

Une alternative existe pourtant, le projet Weibel Genève, route et rail, sur lequel notre ministre en charge des transports, Luc Barthassat, est étonnamment silencieux...

Commentaires

...comparer Genève à Londres, il faut oser.....

Écrit par : jevotejenni | 26 octobre 2015

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Enfin une réaction. Merci Corto.
C'est dingue, il suffit de mettre le mot islam dans un billet pour avoir près de 200 commentaires qu'il faut fermer tant ça dégénère. Mais quand on parle de proximité, de ce qui se passe ici chez nous, c'est ringard.

Écrit par : PIerre Jenni | 26 octobre 2015

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C'est bizarre, mes meilleurs billets ne font que rarement l'objet de commentaires...

Écrit par : PIerre Jenni | 07 décembre 2015

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Pourquoi "mes meilleurs billets" qui juge que c'est vos meilleurs billets:-)) Maintenant à propos de la circulation dans l'hyper-centre, j'aimerais bien que vous m'expliquiez comment vous voulez faire y faire passer de plus en plus de véhicules privés + livraisons + transports en communs + urgences + taxis + cyclistes etc... dans des rues qui ne sont absolument pas faites pour ce genre d'exercice et dans une ville coupée en deux par le Rhône. Étroitesse, abondance de rues petites ou grande, de plus en plus de véhicules sur des surfaces qui ne changent pas et qui ne pourront pas changer vu la configuration et la petitesse du centre, les yakas sont tellement facile et la traversée de la rade ne changera rien pour l'hyper-centre vu sa configuration! Cela s'appelle la quadrature du cercle et ce n'est pas prêt de changer si tout le monde tire la couverture selon son point de vue.

Écrit par : grindesel | 07 décembre 2015

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"C'est bizarre, mes meilleurs billets ne font que rarement l'objet de commentaires..."

Vous vous lancez des fleurs, vous allez ramasser des épines.

Car votre position est totalement illogique pour un taxi. Moins de voiture en ville et les taxis et les transports publics pourront mieux circuler. Gain de temps pour la grande majorité de la population. La taxe pourra également servir à améliorer l'offre en transports publics. Allez vivre ne serait-ce qu'un mois dans un endroit sans voiture ou sans embouteillage et revenez à Genève. Vous vous rendrez peut-être compte que le trafic à Genève est de la pure folie et seule une accoutumance, pour ne pas dire une addiction, peut vous faire considérer d'être pris dans un embouteillage comme un bonheur ou même comme qqch de normal. Taxe sur le parking des motos = référendum.


"Ensuite, il suffit d'observer les plans de la ville pour constater en un clin d'oeil que l'offre en transports publics dans le centre à atteint sa limite, quelle que soit la diminution des transports individuels motorisés (TIM)."

Archi-faux, il suffit de voir comment les-dits transports publics circulent passé une certaine heure. Site propre pour les trams sur tous leurs parcours et il n'y aura plus de "limite".

Vivement le prix de l'essence à 5 CHF/litre en attendant 10 CHF. Et on verra qui prend encore sa bagnole.

Écrit par : Johann | 08 décembre 2015

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Désolé de n'avoir pas réagi en son temps Johann, mais je fais parfois preuve de lassitude devant le mur d'incompréhension de la part de certains qui non seulement sont absolument certains de détenir la vérité suprême, mais se permettent d'intervenir ponctuellement sans vérifier un peu plus loin le propos.
Je m'exprime, dans la plupart de mes billets, sur les questions de mobilité. Vous en piquez un au hasard et vous vous défoulez.
Je vous suggère donc de creuser un peu plus et vous comprendrez la logique qui sous-tend mes positions.
Mais je ne ferai plus l'effort de répéter les mêmes litanies car on ne peut faire entendre un sourd et les perles aux pourceaux sont un gaspillage coupable.

Écrit par : Pierre Jenni | 24 février 2016

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