26 février 2016

economiesuisse, bonjour la transparence !

topelement.jpgLe 21 septembre 2015, economiesuisse a publié son rapport sur les accords transatlantiques en négociation entre l'UE et les USA. Au bas du document se trouvent deux liens de contact "pour toute question".

J'ai donc envoyé un mail le 20 novembre 2015 à Monsieur Carlo Lagana dans lequel je lui pose les questions suivantes :

- Comment voulez-vous que des exploitations agricoles de la taille de celles que nous pouvons envisager en Suisse puissent régater avec les mégastructures des concurrents ?
- Pourquoi peignez-vous le diable sur la muraille dans le domaine de l'horlogerie et comment expliquer que vous ne mentionnez pas la venue des montres intelligentes ?
- Comment se fait-il que vous ne mentionnez pas les sujets qui fâchent comme celui prévu par l'accord sur l'impossibilité de re-nationaliser un service qui aurait été libéralisé ?

Sans réponse, je le relance le 25 décembre 2015 et reçois cette fois une réponse automatique d'absence du bureau jusqu'au 4 janvier. Date à laquelle Monsieur Lagana m'explique que "Pour des raisons inconnues, votre premier courriel ne m’était pas parvenu. Navré. J’y donnerai suite cette semaine."

Toujours sans suite, je relance Monsieur Lagana le 18 janvier, puis le 23 février...

Bref, je suggère qu'economiesuisse efface les liens de contact proposés à la fin de son rapport car on pourrait penser que certains sujets fâchent ou qu'ils ne méritent que mépris.

 

 

 

11:06 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, écologie, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (19)

Commentaires

Ainsi, vous confirmez que "economiesuisse" est une simple boîte aux lettres.
Merci beaucoup pour l'effort déployé, Monsieur Jenni.

Écrit par : Chuck Jones | 26 février 2016

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Euh..., non Chuck c'est juste l'inverse, la boîte semble ne pas exister.

Écrit par : Pierre Jenni | 26 février 2016

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Ce que je voulais dire, c'est que ce qui arrive dedans n'intéresse personne. :-)

Tout comme ce qui est envoyé à Catherine.Thobellem@cm.ville-ge.ch.

Bonne soirée.

Écrit par : Chuck Jones | 26 février 2016

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Oui, ça doit être ça. Mais alors pourquoi mettre deux contacts pour toute question que nous pourrions avoir ? Et promettre finalement une réponse qui ne vient jamais.
Je ne trouve pas cette attitude très maline de la part d'economiesuisse.
Même si très peu de monde ne lit les blogs de la TdG, ma mésaventure en dit long sur un malaise et met en relief l'inconsistance de sa position.
TTIP ne concerne pas directement notre pays, mais economiesuisse prépare le terrain pour une ratification dans la foulée. Cet accord est dangereux et promet de supprimer les dernières barrières aux grands groupes hégémoniques que sont les GAFAs &Co. http://posttenebraslux.blog.tdg.ch/archive/2015/07/24/tisa-ttip-la-gauche-tient-son-os-268951.html

Écrit par : Pierre Jenni | 26 février 2016

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Economiesuisse? Une approche très particulière de l'intérêt général. Elle me semble basée sur le principe de la socialisation des pertes et de la privatisation des bénéfices. Un des derniers exemples à donner est son rejet de l'initiative de mise en oeuvre de l'UDC.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 28 février 2016

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Je doute qu'economiesuisse soit concernée par l'intérêt général, c'est plutôt l'inverse, elle défend le 1% de Stiglitz. Mais quels que soient ses objectifs, j'observe au travers de mon expérience que son silence est évocateur et contribue à ternir son image.

Écrit par : Pierre Jenni | 28 février 2016

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C'est bien ce que je veux laisser entendre!

Écrit par : G. Vuilliomenet | 29 février 2016

Tiens, il semblerait que quelqu'un ait signalé à economiesuisse qu'on parle d'elle sur ce blog. Je viens de recevoir la réponse de Monsieur Lagana que je vous laisserai apprécier.

- economiesuisse veut une agriculture suisse forte et tournée vers l’avenir. Une politique agricole qui repose sur les signaux du marché et qui mise sur une compétitivité à long terme des entreprises agricoles est synonyme de succès. Le fromage constitue dans ce contexte un bon exemple : l’ouverture du marché intérieur européen, obtenu grâce aux accords bilatéraux I, a permis d’augmenter de manière significative leur production et leur rendement. Il est important à nos yeux que les représentants des milieux agricoles ne perdent pas de vue l’importance de disposer d’accords de libre-échange, bénéfiques aux nombreux industries tournées à l'exportation - et elles sont nombreuses et diversifiées - certes, mais aussi à l’agriculture.

- La capacité d'innovation de l'industrie horlogère n’est en aucune façon remise en question ; bien au contraire. En revanche, même la montre connectée la plus innovante peut se retrouver dans une situation peu avantageuse et compétitive sur les marchés, si elle est soumise à des taxes et à des procédures de certification supplémentaires. Il faut donc éviter que les produits suisses soient discriminés sur nos principaux marchés d'exportation​.

- Les négociations relatives au TTIP sont en cours ; le contenu exact du traité final n’est, pour le moment, pas connu et il est hasardeux de tenter d’en tirer des conclusions. Toutefois, il est clair d’ores et déjà que les Etats ne seront pas interdits à l’avenir d’intervenir dans leur dispositif légal pour faire respecter certains principes fondamentaux de leur Etat de droit. La liberté d’intervention des Etats n’est donc pas entravée pour les domaines qui tombent sous sa compétence, conformément aux dispositions constitutionnelles qui prévalent dans ledit Etat. ​​

Écrit par : Pierre Jenni | 29 février 2016

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Dans la foulée, puisque economiesuisse me répond dorénavant, je propose de poster nos échanges.

Mail du 29 février à economiesuisse :

Monsieur Laganà,

Je vous remercie d'avoir finalement pris la peine de me répondre.
Je ne vous cacherai pas que ces éléments ne font qu'ajouter à mes questions.

Pour les questions agricoles, si je comprends bien la question des barrières aux échanges, vous savez pertinemment que la taille de nos exploitations nous excluent d'office de la compétition.
Seuls quelques produits de niche certifiés pourront tirer leur épingle du jeu mais ça ne fera pas vivre les paysans. D'ailleurs, il semblerait que ces labels soient mis en péril, pourriez-vous m'en dire plus à ce sujet.

Pour l'horlogerie et dans la plupart des domaines qui dépendent de l'exportation il me semble important de garder à l'esprit le niveau de vie que nous avons ici en Suisse. Nous ne jouons pas dans la même cour. A moins d'un nivellement par le bas...
Mais surtout, ce qui semble se profiler avec ce type d'accords, c'est le phagocytage par les plus grands groupes dans tous les domaines. Et principalement les groupes technologiques. La suppression généralisée des barrières qui permettent encore aux plus petits de survivre et d'être créatifs consacreront le déferlement de produits calibrés et identiques, produits en masse, comme l'apple watch. Je ne parle pas de barrières économiques, mais de soutien au tissu industriel artisanal qui ne peut évidemment pas régater contre l'industrie de masse et qui ne peut non plus se concentrer uniquement sur le segment de la haute horlogerie.

Enfin pour le dernier sujet, je peine à vous suivre. Prétendez-vous que ces accords seront signés à la carte entre les divers pays en fonction de leurs lois ? Je n'en crois pas un mot. Les lois suivront les accords et les tribunaux privés mis en place par ces accords se substitueront au troisième pouvoir. C'est un véritable danger. Merci de préciser votre pensée.
D'aileurs, je peine à comprendre le besoin de confidentialité imposé par les USA dans les négociations. Ce qui a transpiré à ce jour est pour le moins inquiétant à mon avis.

Dans l'attente de votre retour, je vous envoie mes meilleurs messages.

P. Jenni


Réponse de M. Laganà :

Bonjour,

Concernant les questions de politique agricole, je vous remercie de bien vouloir contacter mon collègue, Maxim Wuersch.
S'agissant de l'accord TTIP, nous ne connaissons pour l'heure ni le contenu exact, ni les modalités de participation des Etats tiers ; dès lors, la réponse apportée dans mon précédent e-mail sur le rôle des Etats est suffisamment claire.

Meilleurs messages,
Carmelo Laganà

Écrit par : Pierre Jenni | 01 mars 2016

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Une correspondance privée ne peut être postée publiquement sans l'accord des deux parties. Qu'elle se déroule par email, par courrier classique ou par téléphone.

Écrit par : El Captain | 01 mars 2016

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Merci El Captain pour cette information.
Je pars du principe que cette conversation est d'intérêt public et qu'elle contribue à compenser le manque de transparence affichée dans un premier temps par economiesuisse.
Quoiqu'il en soit, je me réjouis d'ores et déjà d'une éventuelle action lancée à mon encontre par economiesuisse qui donnerait un peu plus de visibilité à ce qui se trame dans notre dos.
Aucune chance que cela se produise. Les blogs sont encore une activité marginale qui n'intéresse que quelques citoyens. Impact insignifiant.

Écrit par : Pierre Jenni | 01 mars 2016

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Monsieur Jenni,

J'approuve totalement votre démarche. Correspondance privée? On peut se poser la question de savoir si cette correspondance est réellement "privée" du moment que vous vous adressez à une organisation et non à un individu. Privée de votre côté, certes, mais du moment que vous décidez de la rendre publique, je ne vois pas ce qu'économiesuisse puisse trouver à redire. A moins qu'il ne soit spécifié dans les réponses que vous avez reçues qu'elles sont confidentielles.

Concernant les négociations TAFTA ou quel que soit leur nom, le scandale est qu'elles ne soient par publiques. Dans tous les cas, comme AMI et autres tentatives elles sont à rejeter en bloc. Vous pourriez d'ailleurs poser la question de la transparence (libéralisme où es-tu?), une transparence systématiquement refusée à tous les étages par les corporations (négociations, mais aussi étiquetages).

Écrit par : Charles | 01 mars 2016

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Marie France De Meuron poste un lien intéressant sur l'Europe, l'Otan et la souveraineté nationale. On comprend que les accords transatlantiques visent à poursuivre la fuite en avant d'une Europe économique au détriment d'une Europe des nations. Sous cet éclairage, l'Otan devient une aberration.
http://www.medias-presse.info/une-autre-europe-est-elle-possible-gille-lebreton-et-xavier-moreau/50045?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=Mailing+quotidien

Écrit par : Pierre Jenni | 01 mars 2016

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Il est tout à fait normal que les discussions restent secrète, il en a toujours été ainsi. De plus la Suisse n'est pas concerné directement, puisque les négociations sont entre les USA et l'UE.

Il est à parier que les négociations sont extrêmement difficile, tant l'Europe tient à la préservation du monde agricole, et n'est pas prêt d'accepter de tout privatiser ce qui d'ordinaire est dévolu à l'Etat.

Si le traité est conclu, et ce n'est pas une évidence, il devra passer devant les parlements nationaux et pour certains pays, par referendum. Ce qui implique une pression énorme sur les négociateurs qui doivent tenir compte de leur populations.

Bref, aucune inquiétude.

@Pierre Jenni
Quant à l'Europe des Nations, la Suisse fut la Suisse des Nations où chaque canton avait ses frontières, sa monnaie, sa politique étrangère. Il a fallu la nouvelle constitution de 1848 pour faire définitivement entrer la Suisse dans la Suisse économique.
Quel suisse regrette l'abandon des frontières intérieurs, de ne plus être un étranger lorsque l'on change de canton, que le pays pauvre de nos ancêtres soit devenu riche ? Ne pas oublier la péréquation financière qui aident les cantons les moins riche.

La souveraineté n'existe pas pour les pays en difficultés économiques, qui dépendent de ressources extérieurs et de marché extérieurs.
La bonne économie garantie l'indépendance, ce qui nous fait oublier une souveraineté amoindri, ce qu'ont accepté dans le passé, les cantons suisses.

Écrit par : motus | 01 mars 2016

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"Il est tout à fait normal que les discussions restent secrète, il en a toujours été ainsi."
Je n'ai jamais vu un "argument" aussi stupide. Du style, il est tout à fait normal d'inscrire la peine de mort dans le code pénal, il en a toujours été ainsi. Non ce n'est pas normal, sauf si on a des choses à cacher et si on veut éviter que les peuples puissent avoir le temps de se rendre compte de ce qui se prépare. Les peuples par de tels pratiques clandestines sont mis devant le fait accompli. Et comme aucun pays de l'Union Européenne n'est démocratique, on connait le résultat. Cf. référendum de 2005 en France, annulé par une classe politique dictatoriale.

Écrit par : Charles | 02 mars 2016

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Bon ben voilà, j'ai tenté en vain de contacter M. Maxim Wuersch vers qui M. Laganà m'a renvoyé pour les questions agricoles.
Je me plaignais ailleurs de la censure que pratiquent très souvent les politiques genevois à gauche, j'observe que mon titre est fondé et qu'à droite les milieux proches de l'économie n'ont pas envie de débattre du fond de certaines questions.
D'ailleurs, Mme Rys m'a récemment censuré un commentaire très courtois sur son dernier billet et n'a pas daigné répondre à ma demande d'explications par mail...

Écrit par : Pierre Jenni | 04 mars 2016

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Rendez public votre interpellation de Mme Rys! Bien entendu, vous pouvez le faire en utilisant votre blog, mais je pense qu'il serait plus judicieux d'essayer de passer par l'un des médias de la place (TdG, Le Temps, GHI).

Écrit par : G. Vuilliomenet | 04 mars 2016

Monsieur Vuilliomenet, j'ai ouvert en son temps un blog que j'ai nommé "gossips" afin de dénoncer les censures. J'espérais que les bloggeurs me feraient parvenir leurs interventions censurées.
Personne n'a répondu à l'appel et je me suis lassé de dénoncer toujours les mêmes, Stauffer, Orsini, Deneys, Apothéloz, ATE, Mettan, Souaille, Décaillet et autres qui trient systématiquement.
Mme Rys travaille à la CCIG et j'imagine qu'ils se sont passé le mot avec ce billet avec "ordre" de ne pas alimenter.
Les médias sont plus ou moins complices et les blogs restent encore le seul espace libre pour dénoncer.
Mais je n'aime pas ce rôle. J'ai besoin de construire et non pas de passer mon temps à pester contre tout ce qui ne fonctionne pas.
Je vais donc prochainement transformer la plateforme "gossips" en un blog culturel, notamment pour la promotion de mon polar en phase d'impression.
Merci pour votre commentaire et au plaisir de vous lire encore.

Écrit par : Pierre Jenni | 05 mars 2016

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Je comprends mieux le silence d'economiesuisse à la lumière de cet article du temps qui ne suggère rien de moins que de sacrifier notre agriculture et de s'aligner.
http://www.letemps.ch/economie/2016/05/17/reformer-agriculture-suisse-puisse-participer-ttip?utm_source=mail

Écrit par : Pierre Jenni | 17 mai 2016

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