09 mars 2017

Arbeit macht nicht mehr frei

-1.jpgTout va vite. Très vite même si nous considérons le tempo antérieur.

Ce qui est inquiétant ce n'est pas tant la mutation profonde que nous traversons avec la quatrième (ou plutôt troisième, selon) révolution industrielle, c'est la déconnexion entre la réalité du terrain et nos décideurs qui semblent largués.

Non, je ne vais pas cette fois vous abreuver de liens révélateurs. Finalement vous êtes assez grands pour utiliser les outils disponibles afin de vous déniaiser.

Il parait qu'on a que ce qu'on mérite. Soit. Je ne vais donc ni m'offusquer, ni espérer voir un jour un élu refléter les préoccupations de notre temps. La politique m'apparait comme une distraction quand elle ne contribue pas directement à la dégénérescence. Il n'y a pas si longtemps, je pensais encore un peu naïvement qu'elle était l'art d'accommoder les restes. Aujourd'hui je réalise qu'elle ne fait que reculer une échéance inéluctable. Je ne connais pas un seul candidat ou formation qui ne promette pas le plein emploi et le retour de la croissance.

Demain il n'y aura plus de travail pour personne. Les taxis furent les premiers à subir le phénomène transitoire d'ubérisation de la société. Ce bref intermède touche bientôt à sa fin. Le disrupteur du disrupteur arrive plein pot.

La blockchain et les applications décentralisées mettront un terme définitif aux intermédiaires. Je ne boude pas mon  plaisir de voir ces voyous qui se profilent sur l'économie de partage pour s'engraisser en exploitant les esclaves des temps modernes, sombrer devant la puissance de la communauté.

Bien sûr, ils vont résister. Un moment. Goldman Sachs est la première banque à avoir créé un département bitcoin pour ne pas se faire déborder. Mais la logique qui sous-tend cette révolution est imperméable à la récupération.

Vivement le jour où les plus pointus auront assez de voix pour se faire entendre et permettre au monde de profiter enfin de l'abondance en bonne intelligence.

Commentaires

Il devrait être de plus en plus évident pour tout le monde que c'est la technologie qui a déterminé l'évolution de nos sociétés et donc du monde. Toutes les résistances et combats d'arrière-garde n'y ont jamais rien changé à long terme, qu'ils aient été menés par des populations inquiètes, des dirigeant politiques impuissants ou des religieux accrochés au pouvoir.
Merci, donc, d'élargir quelque peu l'horizon des réflexions qui accaparent aujourd'hui presque tout l'espace de nos blogs.

Écrit par : Mère-Grand | 09 mars 2017

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Merci pour votre visite et votre commentaire Mère-Grand.
Les blogs m'apparaissent comme un instantané, une image qui reflète assez fidèlement l'état d'une société à un moment donné. Sans filtre.
Encore faut-il pouvoir faire la synthèse dans une telle foison.
J'aime beaucoup cette liberté et je suis reconnaissant à tous ceux qui participent à ces débats. Ils font preuve d'engagement sans attendre de retour.
Mais je suis obligé d'avouer que je me suis un peu lassé car ces nouveaux outils incitent à un narcissisme qui ne dit pas vraiment son nom et qui semble traduire le besoin presque pathétique de reconnaissance.
Peu importe finalement car je préfère infiniment cette liberté qui nous oblige à reconsidérer les divers courants médiatiques qui formataient nos esprits.
C'est un peu dur pour les journalistes qui réalisent aujourd'hui, comme les taxis hier et comme bientôt tous les autres, que les cadres ont explosé.
C'est à la fois très prometteur et inquiétant car la première réaction naturelle est évidemment le repli sur les valeurs sûres.
Sauf que... dans ce contexte, la sécurité n'existe plus.

Écrit par : Pierre Jenni | 10 mars 2017

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