07 mai 2017

Liberté… mais surveillée !

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Liberté ! Voilà un grand mot auquel on attribue une grande signification. On est prêt à bien des sacrifices pour ce mot. Sacrifices librement consentis, bien sûr. Voire !

Qu'est-ce que la liberté ? Une faculté de choix, de décision, de refus ou d'acceptation ? Mais en fonction de quels critères ?

Si, ignorant les paramètres permettant d'apprécier les avantages et inconvénients d'une décision, on s'en remet au hasard, est-ce encore un choix ? Où est la liberté ?

Si en revanche, le choix est basé sur la parfaite connaissance de tous les paramètres objectifs pouvant guider et déterminer la décision; y a-t-il encore place pour un libre choix qui ne soit pas irrationnel ? Faut-il être déraisonnable pour être libre ?

Et pourtant, nous éprouvons, ancré au plus profond de notre être, ce sentiment ou, à tout le moins, cette aspiration à la liberté.

Serait-ce que la liberté ne se résoudrait qu'à une simple distinction des contraintes internes opposées aux contraintes externes davantage ressenties comme devant être subies ?

Cependant, il est plus facile de se soustraire aux contraintes externes que l'on peut fuir qu'à celles de nos caractéristiques intrinsèques dont, bon gré mal gré, nous devons nous accommoder.

Ces contraintes internes peuvent même nous conduire à une soumission totale, ou quasi-totale, à certaines contraintes externes. Tel est le cas, par exemple du disciple qui, s'étant "choisi" un Gourou pour penser à sa place, le suit désormais sans le moindre discernement.

Sans aller jusqu'à la soumission, corps et âme, à quelque "Führer", le simple souci que nous pouvons avoir de l'opinion d'autrui à notre égard ne nous contraint-il pas en permanence dans notre comportement et notre expression ?

Entre les contraintes externes et internes quel espace reste-t'il pour exercer, ne serait-ce qu'une apparence de liberté ? Celle qui consisterait en la faculté de mal choisir, délibérément ?

Outre le problème de la responsabilité, cette alternative introduit la question de définir le "bien" et le "mal" et de les distinguer l'un de l'autre; sujet qui pourrait être maltraité dans de prochaines divagations en zigzag. Mais revenons à la liberté liée à la responsabilité.

Mythe ou réalité, cette liberté est quelque chose que nous ressentons profondément et à quoi nous tenons d'autant plus qu'elle nous est mesurée. Une liberté totale n'aurait aucun sens. Ressemblant au vol désordonné d'une plume tombant dans un vent tourbillonnant elle illustrerait l'absence de tout projet et serait plutôt une soumission totale aux hasards de l'existence.

Finalement, je crois que, toute relative qu'elle soit, la liberté n'est pas un concept vide de sens. Elle doit se mesurer au degré de maîtrise de soi qu'acquiert l'individu, compte tenu de toutes ses caractéristiques propres, qu'elles soient génétiques, d'éducation ou d'expérience, pour les combattre ou les développer, ou tout simplement pour les assumer en pleine responsabilité.

Liberté et responsabilité ne seraient-ils pas simplement deux aspects d'une seule et même notion ? Est-ce réservé exclusivement aux individus parfaitement sains d'esprit ? Je ne renoncerai pas pour autant au pseudonyme que j'ai librement choisi pour assumer cette rubrique.

Aïre, le 8 août 1996

Hermann JENNI

Alias DESJANTETS

18:30 Écrit par Pierre JENNI dans Dieu, Philosophie, Religions, Sciences, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

La Grande Librarie, France 5, 3 mai 2017

Qu'est-ce que la liberté ? Les invités répondent

https://www.youtube.com/watch?v=M6aSSkS0uiE

Écrit par : Achille GrisBrouillon | 08 mai 2017

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Eh oui, la Liberté c'est la Folie d'assuré :-)

Écrit par : absolom | 08 mai 2017

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"Une liberté totale n'aurait aucun sens. Ressemblant au vol désordonné d'une plume tombant dans un vent tourbillonnant elle illustrerait l'absence de tout projet et serait plutôt une soumission totale aux hasards de l'existence."

Mon père a toujours voulu garder la maîtrise. Il n'avait pas de vice et il était exclu qu'il prenne des drogues. Un simple verre de trop le rendait terriblement mal à l'aise. Il avait l'impression de ne plus être lui-même.

Je pense qu'on ne maîtrise rien, que nos projets ne sont que des manières de passer le temps et que les hasards de l'existence sont tout aussi intéressants que le reste et qu'on peut très bien les voir comme autant d'opportunités qui n'impliquent aucune soumission. Mais c'est pas facile à vivre. Ni pour soi, ni pour les autres.

Écrit par : Pierre Jenni | 08 mai 2017

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Pierre Jenni, vous êtes le digne fils de votre papa :)

Écrit par : Patoucha | 20 mai 2017

L'Homme est une entrave à la liberté......

Ne me tombez pas dessus tous en même temps! LOL

Écrit par : Patoucha | 20 mai 2017

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