28 mai 2017

Naissance de l'espace-temps élémentaire

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Notre divagation numéro 1 imaginait la "brique" unique, douée d'ubiquité parfaite et donc présente en tous "lieux" de l'espace, de l'infini à l'infini.

Nous énoncions l'hypothèse que la "vitesse absolue" permettant cette ubiquité parfaite aurait pour conséquence de "tuer le temps". Passé, présent et futur se trouveraient confondus dans ce qui pourrait bien être l'Eternité ! Et pourtant, nous percevons une successivité des évènements dans ce que nous appelons "le temps". Nous avons même la prétention de mesurer avec une grande exactitude, notamment au moyen d'horloges atomiques, l'écoulement de ce temps dont nous croyons pourtant savoir qu'il est relatif, vérification faite par ces mêmes horloges, expérimentalement.

Il manque donc quelque chose à notre idée de "brique unique", à la fois toute puissante et tellement élémentaire que le néant est son asymptote.

Rappelons que, pour qu'elle puisse à elle seule construire tout l'Univers en se combinant à elle-même nous l'avons imaginée animée de la "vitesse absolue" soit, ubiquité parfaite. Ce qui manquerait donc à sa toute puissance serait d'avoir également l'immobilité totale et non pas relative.

Mais, direz-vous, la conséquence de cette immobilité ne serait-elle pas une accélération infinie de l'écoulement du temps ainsi que la réduction à néant de l'Univers ?

Pour donner à cette question une réponse - invérifiable en l'état, je vous l'accorde - nous laisserons encore un peu déborder notre imagination. (Plus c'est ahurissant, plus c'est séduisant !)

Notre brique élémentaire aura donc à la fois la vitesse absolue et l'immobilité totale, ce qui n'est pas contradictoire si nous le concevons dans une succession de "cycles" dont nous ne saurions mesurer la fréquence.

Voilà lancée l'horloge de la durée dont la plus petite fraction, le "grain" élémentaire de temps, est cette alternance d'ubiquité et d'immobilité, de Totalité et de Néant.

À chaque cycle, l'Univers est totalement "reconstruit" et "détruit". Des modifications infinitésimales distinguent cependant chaque cycle de son prédécesseur et de son successeur.

Le cycle en cours est le moment présent, limite impalpable entre le passé et le futur, au cours duquel tout s'accompli.

Ainsi s'écrit l'Histoire et se révèle l'Evolution qui se présente à nos intelligences bornées comme l'exécution d'un Plan tellement vaste et génial qu'il ne peut susciter en nous autre chose qu'une dévotion totale au Grand Architecte de l'Univers dont il manifeste la Toute Puissance et l'Eternité.

Cette "dévotion", nous pourrions la qualifier d'autosatisfaction divine si nous considérions que nos "individualités" ne sont, après tout, qu'une part infime de cette Création-Créateur dont nous prétendons toutefois être la manifestation la plus perfectionnée.

Perfection très relative cependant. Gageons que l'Evolution n'a pas encore manifesté sa dernière trouvaille et que les cycles de la brique unique nous réservent encore une perspective incommensurable de mutations avant qu'elle ne se lasse de cette formidable activité créatrice.

Le Lignon, le 2 juin 1997

Hermann JENNI

Alias DESJANTETS

17:14 Écrit par Pierre JENNI dans Dieu, Philosophie, Sciences | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

De belles images pour tenter d'appréhender les concepts d'espace et de temps.
https://www.youtube.com/watch?v=lVJd3VfdRps

Écrit par : Pierre Jenni | 28 mai 2017

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Une jeune fille lit un roman policier d'Agatha Christie.
Un moment, enthousiasmant: on va savoir, il va y avoir un coup de sonnette à la porte.
A ce moment précis de la lecture de la jeune fille il y a un coup de sonnette à la porte de l'appartement.
La jeune fille apprendra plus tard que cette coïncidence, qui la fit "bondir" est ou fut une synchronicité mais il a fallu que l'auteure écrive le roman, que la jeune fille au moins trente ans plus tard lise le livre et qu'"au jour dit"! la lecture corresponde à la vie: un messager sonnant à la porte de l'appartement porteur d'un envoi à remettre.

Y a-t-il un "plan" lequel serait omniprésent... et par qui?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 28 mai 2017

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"Mais, direz-vous, la conséquence de cette immobilité ne serait-elle pas une accélération infinie de l'écoulement du temps"

On allait vous le dire.

Écrit par : Dieu | 29 mai 2017

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Il semble, Pierre, que vous soyez drôlement embarqué. Votre lien renvoie à une série de conférences didactiques animées par Brian Greene, le « pape » de la théorie des cordes, astrophysicien très médiatique. Elles sont bien faites, ces vidéos, bien traduites, à défaut d’être toujours convaincantes.

J’avais en son temps acheté "L’Univers élégant", son bouquin dit de vulgarisation. Je ne le retrouve plus, ai dû le donner à un plus futé que moi… Je dois avouer que j’ai très vite calé. La physique quantique, qui se veut la théorie fondamentale de la matière et des champs de forces (on dit interactions) qui animent les particules qui la constituent reste bien difficile à appréhender. Elle est contre-intuitive, va à l’encontre du bon sens et, surtout son formalisme mathématique exige bien au-delà des connaissances acquises au lycée ou au collège. Vous pouvez vous en approcher, vous n’y comprendrez jamais rien, comme le soutenait Feynman. Et lui, il l'avait le bagage mathématique...Alors quand il n'est que partiel ou insuffisant...Faut s’y résoudre et l’accepter, le monde submicroscopique n’obéit pas à notre logique cartésienne.

Toute cette tartine pour vous demander si un blog est bien le format pour en traiter. Le beau Brian, dans son bouquin, aligne les Univers parallèles comme les noix sur un bâton.Dans les exposés de YT, j’ai parfois l’impression que l’on perce le Mur de Planck pour naviguer dans la pataphysique chère à Alfred Jarry. Ne voyez nulle moquerie dans mon propos (ou si peu..), mais je pense que l’on n'est même pas fichu d’entretenir notre petite planète, membre d’un système solaire excentré, en périphérie de notre galaxie, la Voie lactée, elle-même associée à d’autres galaxies en amas, puis les amas en super-amas, alors des Univers parallèles à foison, mes vertiges me reprennent.

Bonne soirée.

Écrit par : Gislebert | 29 mai 2017

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Gisiebert, je vous remercie pour vos interventions sur mes billets.
J'avoue ne pas trop savoir à quoi sert un blog et je l'ai lancé à des fins promotionnelles lors de ma candidature au Conseil d'Etat.
Je suis depuis passé par divers états d'âme et j'ai quelques fois pensé le fermer. Notamment parce que je n'éprouve pas vraiment le besoin irrépressible d'exprimer ma pensée. Sauf que parfois, des sujets me font bondir et là, la plateforme de la Tdg m'offre une véritable possibilité de défoulement qui me soulage.
Pour vous donner une exemple récent, qui fera probablement l'objet d'un billet dans la foulée de celui que j'ai publié sur mon site de campagne, la stratégie de nos parlementaires pour éviter un scrutin populaire sur l'achat d'avions de chasse m'exaspère au plus haut point. http://pierrejenni.ch/blog/35-gripen
Dans un autre registre, je pense à haute voix et, lorsque je serai prêt, je ferai une série sur les nouvelles technologies qui me passionnent, telles que la blockchain, les crypto-monnaies, le P2P et l'économie de partage.
Je pars du principe que les blogs sont aussi des moyens de se tenir informés et certains auteurs n'ont rien à envier aux journalistes professionnels. Ils offrent une information personnalisée qui sort des carcans et des censures des comités de rédaction de la presse conventionnelle. Certains écrivent avec une élégance rare et maîtrisent leurs sujets de prédilection mieux que quiconque. John Goetelen par exemple est imprenable sur les questions de genre mais pas seulement. Il s'intéresse à de nombreux sujets et creuse tout en participant aux discussion. Je trouve cela admirable.

Écrit par : Pierre Jenni | 01 juin 2017

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