10 octobre 2016

Genève, ville de paix ?

topelement.jpgNous apprenons à l'instant dans notre journal local que l'initiative pour des multinationales responsables a été déposée à la chancellerie avec 120'000 signatures validées. Le souverain aura donc son mot à dire.

Les premiers commentaires des lecteurs relèvent, à raison, le caractère très risqué de cette mesure dans notre constitution. Nous pourrions payer cher notre besoin de vertu et notre souci de bonne conscience.

Car ailleurs dans le monde, on ne s'encombre pas de ce genre de préoccupation et nombreux seront les Etats qui se réjouiront d'un vote positif pour récupérer cette manne.

Seulement voilà, Genève est à la fois le siège des conventions des droits de l'homme et le centre névralgique, avec Zoug, des plus grands groupes transnationaux pour l'Europe. Une schizophrénie qu'elle a su gérer jusqu'à aujourd'hui sans trop de remous.

Mais cette fois il faudra décider de quel bord nous voulons nous placer car nous ne pourrons pas défendre indéfiniment tout et son contraire sous prétexte d'être neutres.  Car violer systématiquement les droits que nous avons permis de valider risque bien de nous péter à la figure comme lors des dernières crises qui ont agité notre pays sur les questions des fonds en déshérence et sur nos activités bancaires de blanchiment ou de fraude fiscale dont on a pu mesurer les conséquences.

Le pragmatisme a aussi ses limites et il fleure ici un réalisme opportuniste et mesquin qui consiste à dire que si nous ne le faisons pas, d'autres en profiteront. C'est petit et surtout c'est extrêmement dangereux. Car c'est toute l'aura de notre pays qui risque de payer le prix fort de son incohérence.

Je fais donc le voeux que nos concitoyens valideront ce dispositif plein de bon sens qui nous permettra de continuer à oeuvrer pour la paix dans le monde, en toute impartialité.  Car, au final, ces multinationales devront bien se résoudre à redorer leur blason si elles veulent rester compétitives dans un monde de plus en plus exigeant et qui fait la part belle à ceux qui montrent patte blanche. Nous les accueillerons à bras ouverts.

 

01 septembre 2016

Je te tiens, tu me tiens...

ob_20bd28_je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette.jpgPlus j'étudie les causes des divers évènements qui secouent la planète depuis que je suis en âge de raisonner, plus j'en viens à me dire que nous nous sommes faits avoir à notre propre jeu.

Plus jeune, je naviguais à contre-courant et fustigeais cette gauche planquée qui voulait infliger des leçons à tous en imposant la solidarité.

Encore récemment, lors de ma campagne pour le CE, je me plaçais à la droite libertaire et humaniste, encore un peu naïf sur les vertus des lois du marché embrassées par tous, gauche comprise depuis Tony Blair.

Et puis j'ai compris un principe. On ne fera rien sans l'assentiment général. On ne pourra pas imposer la solidarité car les nantis trouveront toutes les parades pour échapper aux ponctions comme on le voit aujourd'hui avec les grands groupes transnationaux qui ne paient pratiquement pas d'impôts. On ne pourra pas non plus stopper la fuite en avant vers le profit en tentant de diaboliser des groupes comme Monsanto et certainement pas sur la base des allégations d'autres groupes comme Greenpeace qui n'osent tout simplement pas parler du problème majeur des émanations de méthane par l'élevage intensif des bovins car ils perdraient trop d'adhérents et donc de cotisants qui ne sont pas prêts à revoir leur diététique.

Il va donc falloir la jouer plus fin. Je viens de tomber sur un bon exemple avec Jerry Hayes dans son combat pour sauver les abeilles. https://plus.google.com/+PierreJennihey-taxi

De même pour les questions climatiques. Ce n'est que lorsqu'on a compris que les énergies renouvelables étaient profitables que des entreprises se sont lancées dans ce créneau.

En revanche, tel un contre-exemple, certains se battent encore pour garder leurs acquis, sauver les meubles dans un monde en profonde mutation en s'opposant à toute mesure qui permettrait d'accélérer les prises de conscience. Ainsi, dans son dernier billet, Fabienne Gautier dénonce une initiative des Verts non pas sur le fond mais sur les conséquences immédiates et prévisibles.

De même en ce qui concerne le très long travail de dépénalisation de la consommation des drogues dont les diverses politiques répressives ont démontré leurs limites. Personne ne veut être le premier à se lancer de crainte de devenir un havre pour les toxicomanes et autres délinquants. Aux USA, malgré l'interdiction au niveau fédéral, plusieurs Etats ont compris que l'affaire était non seulement plus efficace en termes de santé publique, mais aussi lucrative et bienvenue pour remplir les caisses de l'Etat.

Le débat d'hier soir sur infrarouge au sujet de l'AVS est aussi révélateur. L'argument du Conseil Fédéral pour s'opposer à l'augmentation des rentes est uniquement financier. Il n'y aurait pas l'argent. Voilà qui peut sembler étonnant dans un pays qui caracole en tête de tous les hit-parades. La raison est assez simple à comprendre. Les questions financières ne se gèrent plus au niveau local. Tout le monde se tient par la barbichette et personne n'a envie de rire en premier. Celui qui se risquerait à taxer les transactions financières subirait immédiatement une importante hémorragie des plus grands contributeurs, sociétés transnationales opportunistes et volages, très flexibles, provoquant un tsunami par seppuku.

Et pourtant, un prélèvement d'un petit pourcent permettrait non seulement au monde entier de vivre à sa faim, mais règlerait immédiatement toutes les questions des assurances sociales, ce serpent de mer qui tente vainement de trouver des remèdes à l'arrivée des baby boomers à la retraite par des bricolages improbables. Le revenu de base inconditionnel s'imposera de lui-même lorsque nous auront tout essayé, vainement. Mais ici aussi, qui va se lancer le premier ? En tous cas pas les Suisses qui se sont d'ores et déjà prononcés massivement contre cette idée et qui ne sont pas connus pour leur témérité.

D'aucuns rêvent d'une instance supranationale qui imposerait ce régime unilatéralement. C'est mal connaître l'humain et faire preuve d'une cécité coupable devant les innombrables exemples de l'Histoire. Il faudra pourtant trouver le chemin ensemble et vite si nous ne voulons pas vivre un nouveau bain de sang provoqué par la révolte du plus grand nombre matée par la petite minorité aux commandes des pouvoirs et des forces. Le soulèvement est programmé, les miettes lâchées ne suffiront plus à calmer la masse exploitée.

30 mai 2016

Tout, tout de suite

PHOa59825d6-1a1c-11e3-998f-b2f7956939d8-805x453.jpgDans un article du journal Le Temps du 30 mai 2016, le politologue François Chérix nous fait part de sa sanction dans ce qu'il nomme la "consocratie".

Selon lui, nous serions donc tous de sales égoïstes qui aspirons à rester tranquilles chez soi et à ne dépenser que pour ce que nous désirons vraiment, mettant ainsi en péril les notions de service public, de solidarité et d'efficacité de l'Etat.

Son coup de gueule est principalement illustré par divers objets du scrutin du 5 juin, notamment les questions liées à la mobilité. Il fustige vigoureusement l'initiative dite "vache à lait" et celle qui propose un "véritable service public" qui réduiraient dangereusement la capacité de l'Etat à redistribuer ses ressources où c'est nécessaire.

Monsieur Chérix, dont le rôle consiste à éclairer nos élus sur les défis à venir, semble déjà un peu vieux et à la traine. Nous savons que les politiques ont toujours un train de retard, mais si les experts peinent à comprendre les enjeux de la révolution numérique, nous devons nous inquiéter sur la capacité de nos instances à régler nos problèmes et accompagner la mutation.

Par sa posture, il valide justement la méfiance du souverain face à des institutions obsolètes, ces usines à gaz qui arrosent largement et sans distinction des structures vacillantes qui mettent en péril la notion même d'Etat.

L'économie de partage qui se profile repose évidemment sur le développement des individualités et non pas sur le nivellement par le bas qui tend à uniformiser. Pour partager il faut avoir quelque chose de particulier à donner. En ce sens, le développement de la personnalité devient nécessaire. L'initiative, l'innovation, la prise de risque, la création d'entreprises reposent toutes sur une remise en question profonde du monde que nous connaissons et qui est particulièrement bien illustrée par les start-up de la Silicon Valley.

Un altruiste efficace est un égoïste intelligent. Lorsque nous aurons compris que notre bien passe par l'amélioration des conditions de vies du plus grand nombre, non pas par des mécanismes de solidarité forcée mais par une analyse rigoureuse et objective du vivre ensemble, nous encouragerons la différence et nous la revendiquerons pour nous-même. Chacun détient en lui la capacité de devenir un modèle, une étoile qui brille. C'est même peut-être bien notre seul devoir sur cette Terre.

Qu'il le veuille ou non, c'est la suite logique du développement personnel et de l'individualisme qui s'est fortement accentué ces dernières décennies. L'accélération actuelle ne permet plus de retour en arrière. Il serait sage de revisiter en profondeur nos modèles si nous ne voulons pas subir cette révolution.

À quand une commission parlementaire destinée à étudier, analyser les tenants et aboutissants de cette révolution industrielle qui réduit à néant nos structures économiques, politiques et sociales ?