16 octobre 2013

Le féminisme en politique

761624592.JPGLe féminisme  existe-t-il en dehors de la politique ?

C'est avec compassion que je lis Mme Liliane Maury-Pasquier, membre des Femmes Socialistes, dans la TDG de ce jour lorsqu'elle nous dit : "Mais derrière tous ces hommes d’Etat et ces combattants, il y a des épouses, des mères ou des compagnes qui ont eu leur influence", pour fustiger l'absence de femmes célèbres dans un documentaire de la SSR ciblé sur une période définie de l'histoire suisse.

Qui mettrait en doute la complémentarité des hommes et des femmes ? Et pourquoi tant de femmes éprouvent ce besoin de faire comme les hommes ?

Sans ma mère, mon père n'aurait assurément pas réalisé la moitié de ses rêves. Ou bien est-ce grâce à elle qu'il en a développé deux fois plus ? Les femmes avec qui j'ai pu partager un bout de mon existence m'ont toutes augmenté. J'ose espérer que la réciproque est reconnue.

Une théorie suggère que l'homme tente désespérément d'atteindre le niveau de réalisation d'une femme lorsqu'elle met au monde le petit d'homme par une créativité compulsive et forcément insatisfaisante.

Nombre de ces femmes s'épanouissent à la simple observation de cette frénésie masculine et ne semblent pas éprouver la moindre des frustrations à servir de faire valoir au sens ou semble le suggérer Mme Maury-Pasquier. En ce sens, elles ont assurément atteint une sagesse dont semblent dépourvues les partisanes de la parité des genres.

Finalement, je plains un peu ces femmes qui entrent en guerre avec elles-mêmes et passent à côté d'expressions, de sentiments, d'épanouissements et de sensations exclusives à leur genre dont aucun homme n'oserait rêver.

21:00 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

05 août 2013

Armée suisse

Armee-suisse_pics_809.jpgSuite à un article sur le blog de Charles Piguet sur la votation du 22 septembre, je suis tombé sur un commentaire de Yann qui va droit à l'essentiel. Je me permets de le reproduire ici.

Soit nous avons fait l'armée et donc vérifié les propos de Yann, soit nous avons des enfants, des neveux, qui nous racontent une histoire tellement semblable qu'on ne peut que se poser des questions.

Merci à Yann pour ce discours atypique du 1er août !

 

Vos spécialistes étrangers, ils me font bien rire. J'en ai vu un cet année en cours de répétition. Un major d'un pays nordique. Il est venu se promener, on lui a fait visiter en coup de vent les 2 ou 3 trucs qui marchaient le moins mal en se gardant bien de lui montrer le gros de la troupe en train de fumer des joints ou de faire la sieste planqué dans un coin. Il a reçu un joli panier avec des bouteilles de pinard et un bon repas, et il est reparti bêtement le sourire au lèvres.

Et c'est en gros le problème perpétuel. En s'accrochant au modèle d'armée que nous avons, on cache honteusement la vérité à la population: Notre armée est faite de bras cassés qui tiendraient 3 minutes en cas de conflit. A moins qu'on ne se décide à régler les guerres par des jeux à boire ou par un tournoi de jass, qui sont grosso modo les seules compétences qu'on acquière encore dans l'armée suisse, ce serait un massacre.

L'armée que nous avons actuellement est le plus grand danger pour la sécurité nationale qui soit.

Parce qu'elle fait tellement tout pour paraître utile qu'elle passe son temps à cacher son impréparation. PERSONNE n'est motivé. Personne n'y croit. Personne ne fait d'effort parce que la formation est absurde. Tout le monde réussit les tests haut la main, mais uniquement parce qu'ils sont une mascarade. Les sous-officiers donnent les réponses aux soldats pendant l'examen pour ne pas risquer de se faire sucrer les sorties. Du coup personne n'apprend rien, puisque de toutes façons, ça ne sert à rien. Mais les apparences sont sauvées: Sur le papier tout le monde a été formé.

Les situations où un gars mal formé crée du danger avec une arme mal assurée ou en faisant le con avec du matériel cher ou des véhicules sont quotidiennes. Tout le monde est à la frontière de l'alcoolisme. Les sommes d'argent gaspillées honteusement, rien qu'en carburant ou en cartouches (toujours commandées en quantité dix fois trop grandes et finies en rafale à l'arrache histoire de justifier leur commande) seraient un scandale d'une ampleur rare dans l'histoire suisse récente si on s'amusait à faire un audit sur l'armée.

Sur l'entier de ma compagnie, 80% de la troupe facilement assurait le mois dernier voter OUI à cette initiative. Et pas pour ne pas finir ses jours, puisque le temps que ce soit mis en place, peu d'entre nous seront encore là. Non, simplement parce que plus personne ne comprend ce qu'il fout là, à faire semblant d'être une armée alors que nous ne sommes qu'un ramassis d'ivrognes qui tourne en rond, sans rien faire.

Si même au sein de l'armée, plus personne n'en comprend l'intérêt, peut-être serait-il temps de réaliser que nous avons un problème profond avec cette institution gérée par des incapables. Les officiers font joujou et s'imaginent que c'est un jeu, mais ne savent en majorité pas gérer des hommes et seraient les premiers à se faire dessus en situation réelle. Où d'ailleurs personne n'accepterait de les suivre tant il est clair que cela finirait en carnage. Sans mission claire et dangereuse, il serait temps de donner un grand coup de pied dans l'armée suisse. J'aurais plus confiance en 10'000 personnes formées et motivées qu'en 100'000 couillons qui attendent la fin sans savoir ce qu'ils font là. Oui, notre armée actuelle est une menace pour notre sécurité. Et prétendre le contraire, c'est soit ne pas y avoir mis les pieds ces 10 dernières années (au moins), soit être un contractuel et avoir peur pour son beurre, soit vivre dans un monde parallèle.

Aucun argument ne remplacera l'expérience de plusieurs années à voir de l'intérieur cette institution se transformer en vaudeville pitoyable... Mais malheureusement, les vieux nostalgiques ne voudront jamais le croire, le résultat sera non, et on pourra continuer à creuser, puisque le fond a déjà été atteint. Mais soutenir l'armée dans sa forme actuelle en continuant à prétendre qu'elle nous protège, pour moi c'est presque une trahison envers le pays...

Écrit par : Yann | 01/08/2013

16:46 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

07 juin 2013

Quizlet

quizlet-large.jpg

Ma fille Maya est en première année du Collège. L'autre jour elle est venue vers moi, toute enthousiaste, me montrer la dernière trouvaille du "geek" de sa classe.

Andreï a concocté un petit menu personnalisé pour tous ses potes de classe sur l'application Quizlet. Il a téléchargé la version PDF du bouquin d'allemand et fait des copier-collés des chapitres à connaitre pour la trim de fin d'année.

Résultat, tout ce petit monde pianotait sur son clavier de smartphone pendant la récréation pour battre leur record de temps de réponse aux questions de vocabulaire.

Quand Maya m'a fait la démonstration j'étais totalement sous le charme. Imaginez nos fameuses cartes que l'on découpait dans un papier cartonné pour écrire le mot en français d'un côté et en allemand de l'autre. Et bien d'un glissement de doigt sur la vitre la carte se tourne et une voix nous dit le mot avec un accent parfait, au singulier et au pluriel. On peut, bien entendu, choisir le sens. Le jeu qui a été mis en place permet de battre son propre record. Tout le monde craque et s'amuse.

C'était mon rêve et ma grande frustration à l'école. Apprendre en s'amusant. C'est dorénavant possible et de plus en plus.

Je savais que la rénovation de l'enseignement viendrait tôt ou tard. Pas seulement parce que les profs en ont marre de remplacer les parents dans un rôle de tuteur disciplinaire, mais parce que l'on a de plus en plus besoin de sens pour être motivé dans l'apprentissage, quel qu'il soit.

Les premières tentatives se sont avérées infructueuses. L'abandon des notes a déstabilisé tout le monde par la perte de repères. Et le monde d'aujourd'hui suit toujours un modèle compétitif où la concurrence internationale est acharnée.

Ce n'est pas grave. Nous y viendrons, nous y sommes déjà mais nous ne le savons pas encore. L'école de demain sera radicalement différente et accessible à tous, gratuitement. Nous pourrons choisir nos profs en ligne, les contenus des cours seront très rapidement adaptés au monde réel, à l'économie, bien sûr, mais pas seulement.

La souplesse et la flexibilité qui sont devenus des must dans la vie professionnelle vont enfin trouver leur écho dans la formation. Une révolution douce est en route. Elle se fera tout naturellement, sans effort, de manière évidente et incontournable.

Quel bonheur !

22:39 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)