07 décembre 2015

Compromis historique sur la mobilité à Genève

-1.jpgLa guerre des transports dans notre canton est alimentée par des visions antagonistes qui sont toutes valables, ou le seront un jour.
Ainsi les Verts ont une position visionnaire qui prendra vraisemblablement place dans les décennies à venir car les centres urbains vont continuer à se développer et le trafic individuel motorisé (TIM) ne pourra plus être autorisé dans les hyper-centres. Et les citoyens réclament à juste titre une amélioration des conditions de vie dans les villes.
Les milieux économiques et professionnels sont plus pragmatiques. Ils ne contestent pas la tendance générale, mais insistent sur le calendrier des mesures à prendre pour permettre cette mutation.
C'est la raison principale de la remise en question du compromis atteint par la sous-commission des transports.
En clair, AVANT de consentir à la priorisation des transports publics au centre ainsi que toutes les propositions qui visent à vider le centre des TIM il s'agit de réaliser ce qui suit.
Au lieu d'imposer une vision, on crée les conditions pour qu'elle devienne une évidence incontournable. Juste l'inverse de la politique de dissuasion de ces 15 dernières années.

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26 octobre 2015

Un péage urbain à Genève

090930190457.jpgC'est l'idée que promeut Thomas Wenger qui se base sur l'expérience londonienne pour, non pas fluidifier le trafic, mais remplir les caisses de l'Etat et développer les transports publics.

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17 septembre 2015

Islam, migrations, guerres, élections, entre émotion et raison.

conscience.pngIl suffit de lire régulièrement les blogs de la Tdg pour se faire une idée de l'importance que ces thèmes ont pris dans la conscience des gens.

La discussion se passe à l'intérieur de chacun, les uns plus émotionnels et compatissants, les autres plus rationnels pour tenter de contrer leur culpabilité par des arguments.

Le but de ce billet n'est pas d'analyser le bien fondé des diverses prises de position, mais plutôt de relativiser la raison. Le bon sens est flexible et s'adapte aux diverses époques en fonction des besoins primordiaux. Les découvertes scientifiques les plus décoiffantes sont inévitablement remises en question, à tel point que les plus pointus redeviennent croyants à force de côtoyer l'immensité de leur ignorance chaque fois mieux dévoilée.

Ayons un minimum d'humilité. Reconnaissons que ce que nous savons n'est que provisoire et laissons une petite place aux sentiments qui sont souvent les précurseurs des découvertes de demain.

Entre savoir et sagesse il y a un gouffre dans lequel se vautrent les émotions que l'on tente de décrypter. Mais sommes-nous compétents ? Quelle part de nous n'est que le produit d'habitudes, d'héritage culturel ou génétique, de convictions empiriques et parfaitement arbitraires ? Avons-nous vraiment la liberté de pensée ou sommes-nous le produit d'un ensemble de paramètres sans rapports apparents que nous arrangeons tant bien que mal dans une espèce de chaos organisé, à l'image de la nature.

Nous réaliserons certainement un jour à quel point tout est lié. Le sacré des animistes sera dévoilé par la science et permettra aux religions de retrouver leur source commune. Mais en attendant, résistons aux émotions négatives telles que la culpabilité, l'impuissance, la résignation et tous ces sentiments qui trouveront toujours justification mais qui ne feront que nous enfoncer plus profondément dans les ténèbres.

04 août 2015

Les cyclistes romands boudent l'offre publibike

topelement.jpgOn apprend ce jour dans la Tdg que les offres de vélos publics ne rencontrent pas la demande espérée dans de nombreuses villes. Dans toutes en fait, excepté un petit bout de Lausanne pour les raisons qu'on sait.

Voici l'exemple type de bonnes intentions qui se transforment en dictature. Pour promouvoir la mobilité douce, les milieux de gauche boufffent à tous les râteliers et n'hésitent pas à nous proposer des  services dont nous n'avons rien à faire.

Si encore ces services étaient simples d'accès, on pourrait imaginer une utilisation ponctuelle, mais elle sera horriblement coûteuse. Un luxe de nantis.

Je suis très enthousiaste sur les nouvelles tendances de partage. C'est vrai quoi, pourquoi être absolument propriétaire de son aile delta, des ses bouteilles de plongée, de son VTT et de ses skis ?

Mais aujourd'hui, sur Ricardo.ch, j'ai trouvé une bête urbaine. Un vario allpass à 400.- au lieu de 1400.- Et on voudrait que je loue un de ces rafiots qui pèse des tonnes et qui grince chaque fois que je freine ?

Ok, je me le ferai piquer dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j'en trouverai un autre.

Par ces quelques lignes d'humeur, je rends hommage à Pierre Weiss, qui a eu la sagesse de temporiser sur le dossier du vélib genevois. C'est dans ces petits riens qu'on réalise le bon sens premier des grands.

24 juillet 2015

TISA, TTIP, la gauche tient son os

2257925266.jpgMon aventure un peu utopique de candidat indépendant au CE en 2013 reposait sur un constat assez largement partagé de l'effacement des distinctions entre gauches et droites et l'espoir un peu prématuré d'une participation plus large des jeunes, qui ne se retrouvent dans aucun parti, grâce aux outils numériques.

Dans mon site de campagne, je me définissais comme un libertaire à la suisse, donc raisonnable, et suggérait un Etat plus maigre qui se concentre sur ses tâches régaliennes en laissant au privé les autres qui ne nécessitent pas de protections particulières, favorisant une saine concurrence.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop. Si je reste convaincu que l'éducation, la responsabilisation personnelle et le développement de la conscience individuelle sont des vertus cardinales dans l'évolution de nos sociétés, j'observe que les dérives du libéralisme prennent des proportions encore jamais atteintes et les écarts se creusent dangereusement accentuant les travers d'une société à deux vitesses qui ne projette rien de bon pour l'humanité.

En poussant la logique de la concurrence et de la compétition jusqu'au bout, non seulement nous nions le caractère limité de notre environnement, la Terre, et de ses ressources, mais nous encourageons tous les travers collatéraux des systèmes hiérarchiques et l'exploitation des plus démunis par les plus idiots.

Tout s'accélère et la machine risque bien de s'emballer. En sport, pour satisfaire la demande insatiable de records, plus aucun athlète ne peux espérer régater sans prendre de substances. Dans les domaines de la distribution, les grands groupes technologiques comme Amazon ont détruit des pans entiers de l'économie pour offrir des biens à prix presque coûtant. Dans celui des services, Uber n'est que le début d'une aventure qui ne fâche aujourd'hui que les taxis. Demain, lorsque les avocats genevois se verront concurrencer par les services juridiques en ligne qui cassent les prix sans suivre les règles auxquelles sont soumis les concurrents traditionnels, nous verrons peut-être enfin les autorités se réveiller. Eh oui, les avocats sont nombreux à siéger dans les délibératifs, tant à droite qu'à gauche.

Alors oui, la gauche, qui a perdu son âme en rejoignant la logique du marché depuis Blair et qui peine à garder son poids gouvernemental, risque bien de tenir là son os et retrouver les faveurs d'un public beaucoup plus large. Mais fera-t-elle son come-back à temps ou devrons-nous passer par le pire avant de réaliser où nous mène la logique libérale qui, paradoxalement, favorise la création de nouveaux monopoles privés sans garde-fou puisque les instances de surveillance valident à tour de bras les fusions.

La question fondamentale revient à chacun. Pourquoi voulons-nous tout, tout de suite et si possible gratuitement ? Comment se fait-il que nous ne soyons pas conscient du prix réel à payer au final ? Et si, comme le prédit Jeremy Rifkin, nous nous dirigeons vers une ère d'abondance, comment justifier une telle répartition des biens et des moyens d'accès à ces biens lorsqu'une grande partie de l'humanité travaille comme des machines, pour le moment moins chères que les robots, pour engraisser une petite minorité insatiable ?

 

04 février 2015

Limites de la démocratie parlementaire

topelement.jpgBertrand Buchs est amer. Le député PDC s'interroge sur la nécessité de cette nouvelle Chambre constitutionnelle de la cour de Justice qui vient de gifler le parlement dans un arrêt de 43 pages qui annule la loi sur les taxis votée le 27 mars 2014. Il faut dire que nos députés avaient fait fort en votant une loi en urgence pour contourner les dispositions et autres lois fédérales et cantonales.

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14:58 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

08 décembre 2014

Conditions de détention, le Club Med ?

Je me suis déjà offusqué le jour où nous avons appris que les détenus méritaient des compensations parce que la loi prévoit quatre mètres carrés et non pas 3,89 et donc que les détenus devaient être indemnisés.

trois-detenus-envoient-deux-videos-menacantes.jpgA l'époque, sur mon site de candidature, je proposais d'attribuer ces montants compensatoires aux victimes des crimes commis par le détenu souvent insolvable. Je demandais à nos représentants au parlement fédéral de faire preuve d'imagination. http://www.pierrejenni.ch/blog/59-indemniser-les-detenus

La question revenant sur le devant de la scène avec une occupation qui dépasse le triple du "légalement correct", nous assistons à la montée en puissance d'une indignation populaire parfaitement légitime.

La réponse de nos institutions, qu'elles soient politiques ou juridiques, est déplacée. Elle fait le lit des populismes qui surfent sur ces maladresses. Il suffit de quelques clics pour vérifier que les conditions de détention dans notre pays s'apparentent tout simplement à des vacances au club Med. Nourri, blanchi, logé avec TV et formation pour ceux qui le désirent.

L'évolution de nos sociétés devant l'échec du tout répressif, se traduit par un sentiment de culpabilité et d'auto-flagellation expiatoire qui fait la part belle aux malins. Par notre angélisme, nous encourageons le crime.

J'en viens à me demander si nous ne vivons pas sur une île déconnectée des réalités du monde et que notre indignation devant l'horreur des comportements humains ne nous mène au ramollissement intellectuel qui risque bien de nous être fatal. A tel point qu'on en viendrait presque à réclamer une petite guerre pour réveiller nos citoyens bien pensants qui semblent oublier l'Histoire et projettent leur vision paradisiaque d'un Sonderfall onirique.

16:26 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (15)

16 octobre 2014

La traversée de la rade est-elle définitivement enterrée ?

Traversee_Rade.jpgOn pourrait se poser la question à la lecture des chiffres qui viennent de m'être envoyés par Ptolémée 1er.

Les 5,4 kilomètres de la traversée en tunnel du Lac entre Vengeron et Pallanterie sont devisés par l'Etat à 1,9 milliard, soit 350 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 630 millions.

Les 14,2 kilomètres du trajet entre Le Vengeron et la douane de Thônex-Vallard sont devisés par l'Etat à 2,8 milliards, soit 200 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 360 millions.

Pour moi, c'est rideau. Je suis trop vieux et j'ai donné. Mais la relève va s'y coller car, même après l'entrée en fonction du CEVA, nous mesurerons l'ampleur des dégâts.

La première mesure annoncée par Monsieur Barthassat, c'est la fluidité du U lacustre. Fini les feux au quai Gustave Ador et la suppression de voies.

La suite logique mais inavouable, c'est l'abandon de la création de zones dédiées à la mobilité douce et la piétonisation de l'hypercentre. Et oui, n'en déplaise aux intégristes anti-bagnoles, leur refus de traverser la rade implique que le trafic continue à passer par le centre. Fallait réfléchir avant.

Et comme le confirment les prévisions "Mobilités 2030", la mobilité va exploser de 50% toutes catégories confondues d'ici cette date.

Je ne ferai pas partie de ceux qui se réjouiront lorsque l'histoire nous donnera raison.

27 septembre 2014

Djihad, les limites de la réponse militaire

Hamas+ceremony.jpgL'occident semble unanime, il faut frapper. Et fort.

Monsieur Burkhalter, qui cumule plusieurs casquettes et dispose d'une belle vitrine, essaie de trouver une réponse politique à la menace. Il sait que la force appelle la force et que les fous de Dieu se nourrissent des attaques à leur encontre.

La stratégie est simple, ils se fondent dans les populations civiles et dénoncent les frappes aveugles qui font tant de victimes innocentes.

Je ne sais pas s'il y a une réponse politique à cette menace. En fait j'en doute, car pour parler politique il faudrait déjà commencer à parler. Et là ça semble difficilement possible.

Dans un récent billet, Monsieur Décaillet tentait de relativiser la discussion en mettant l'accent sur tout ce qu'il y a de beau dans la culture islamique. Il s'est fait sérieusement assaisonner dans les commentaires.

Je me suis fendu du mien en suggérant que les musulmans prennent la direction des opérations et condamnent ces dissidents qui interprètent les écritures en déformant le message d'amour du prophète. C'est, me semble-t-il, le seul moyen de venir à bout de ces extrémistes sanguinaires. Des voix commencent enfin à s'élever partout dans le monde.

Les américains l'ont compris depuis longtemps en formant des citoyens arabes aux renseignements. Le seul moyen de venir à bout de ces groupes hétérogènes dispersés dans le public est de les infiltrer.

Mais la mission est périlleuse et elle s'adresse à des hommes et des femmes instruits à qui on ne pourra pas promettre des vierges au paradis. Les candidats ne doivent pas se presser au portillon. Pourtant ils rendraient un grand service à leur civilisation, à la culture si riche et raffinée de l'Islam qui prendrait du coup du relief sous les projecteurs sordides de leurs probables martyrs.

A moins que l'intelligence serve en premier lieu la cause du bien être personnel. Alors il ne faudra pas s'étonner que les terroristes ratissent large au sein d'une humanité en quête de repères et de réponses aux questions existentielles.

18 septembre 2014

La grande traversée du lac coûtera plus de 2 milliards à Genève !

2010201_pic_970x641.jpgLe débat de mardi de la Tribune de Genève nous a réservé une belle surprise, dont le rédacteur en chef Pierre Ruetschi se garde bien de parler dans son édito du jour. Normal : il a fait son coming-out en écrivant qu’il est résolument contre le tunnel sous la Rade !
 
Peu importe, revenons à la surprise. Elle nous vient de M. Franco Tufo, Directeur Général du bureau d’ingénieurs CITEC, mandaté par Luc Barthassat pour dire tout le mal qu’il pense du projet soumis au vote le 28 septembre. M. Tufo, pris dans l’intensité du débat, a lâché par inadvertance une information que le Canton doit sans doute considérer comme un secret défense : le prix de la grande traversée du lac pour Genève. Celle pour laquelle roule Luc Barthassat donc, qui bouclerait  le périphérique autoroutier entre Le Vengeron et Pointe à la Bise. La bombe lancée par ce spécialiste est… atomique : la Confédération, si un jour elle accepte de participer au financement de ce projet, ne s’engagera vraisemblablement qu’à hauteur de 40% des coûts totaux !
 
Traduisons cela en montants sonnants et trébuchants : les études actuelles font osciller le coût de la grande traversée entre 3,2 et 4 milliards. La Confédération prenant à sa charge les 40% annoncés par le spécialiste mandaté par l’Etat, il restera donc 60% à régler par Genève. Soit entre 1,92 et 2,4 milliards. Donc entre 3 et 4 fois le prix de la traversée de la Rade !!! Oui, vous avez bien lu. Et ce n’est pas un modeste citoyen comme moi qui le dit, c’est le patron du bureau d’ingénieurs mandaté par Luc Barthassat !
 
Alors les Genevois qui hésitaient encore sont désormais fixés : pour un projet de grande traversée inscrit dans les limbes, qui se réalisera peut-être d’ici 2050 ou 2060, si la Berne toute puissante le veut bien, Genève s’endettera quatre fois plus que pour la traversée de la Rade. Conclusion : votez OUI le 28 septembre et réalisons enfin notre traversée de la Rade d’ici 10 ans, au meilleur coût.