27 septembre 2014

Djihad, les limites de la réponse militaire

Hamas+ceremony.jpgL'occident semble unanime, il faut frapper. Et fort.

Monsieur Burkhalter, qui cumule plusieurs casquettes et dispose d'une belle vitrine, essaie de trouver une réponse politique à la menace. Il sait que la force appelle la force et que les fous de Dieu se nourrissent des attaques à leur encontre.

La stratégie est simple, ils se fondent dans les populations civiles et dénoncent les frappes aveugles qui font tant de victimes innocentes.

Je ne sais pas s'il y a une réponse politique à cette menace. En fait j'en doute, car pour parler politique il faudrait déjà commencer à parler. Et là ça semble difficilement possible.

Dans un récent billet, Monsieur Décaillet tentait de relativiser la discussion en mettant l'accent sur tout ce qu'il y a de beau dans la culture islamique. Il s'est fait sérieusement assaisonner dans les commentaires.

Je me suis fendu du mien en suggérant que les musulmans prennent la direction des opérations et condamnent ces dissidents qui interprètent les écritures en déformant le message d'amour du prophète. C'est, me semble-t-il, le seul moyen de venir à bout de ces extrémistes sanguinaires. Des voix commencent enfin à s'élever partout dans le monde.

Les américains l'ont compris depuis longtemps en formant des citoyens arabes aux renseignements. Le seul moyen de venir à bout de ces groupes hétérogènes dispersés dans le public est de les infiltrer.

Mais la mission est périlleuse et elle s'adresse à des hommes et des femmes instruits à qui on ne pourra pas promettre des vierges au paradis. Les candidats ne doivent pas se presser au portillon. Pourtant ils rendraient un grand service à leur civilisation, à la culture si riche et raffinée de l'Islam qui prendrait du coup du relief sous les projecteurs sordides de leurs probables martyrs.

A moins que l'intelligence serve en premier lieu la cause du bien être personnel. Alors il ne faudra pas s'étonner que les terroristes ratissent large au sein d'une humanité en quête de repères et de réponses aux questions existentielles.

18 septembre 2014

La grande traversée du lac coûtera plus de 2 milliards à Genève !

2010201_pic_970x641.jpgLe débat de mardi de la Tribune de Genève nous a réservé une belle surprise, dont le rédacteur en chef Pierre Ruetschi se garde bien de parler dans son édito du jour. Normal : il a fait son coming-out en écrivant qu’il est résolument contre le tunnel sous la Rade !
 
Peu importe, revenons à la surprise. Elle nous vient de M. Franco Tufo, Directeur Général du bureau d’ingénieurs CITEC, mandaté par Luc Barthassat pour dire tout le mal qu’il pense du projet soumis au vote le 28 septembre. M. Tufo, pris dans l’intensité du débat, a lâché par inadvertance une information que le Canton doit sans doute considérer comme un secret défense : le prix de la grande traversée du lac pour Genève. Celle pour laquelle roule Luc Barthassat donc, qui bouclerait  le périphérique autoroutier entre Le Vengeron et Pointe à la Bise. La bombe lancée par ce spécialiste est… atomique : la Confédération, si un jour elle accepte de participer au financement de ce projet, ne s’engagera vraisemblablement qu’à hauteur de 40% des coûts totaux !
 
Traduisons cela en montants sonnants et trébuchants : les études actuelles font osciller le coût de la grande traversée entre 3,2 et 4 milliards. La Confédération prenant à sa charge les 40% annoncés par le spécialiste mandaté par l’Etat, il restera donc 60% à régler par Genève. Soit entre 1,92 et 2,4 milliards. Donc entre 3 et 4 fois le prix de la traversée de la Rade !!! Oui, vous avez bien lu. Et ce n’est pas un modeste citoyen comme moi qui le dit, c’est le patron du bureau d’ingénieurs mandaté par Luc Barthassat !
 
Alors les Genevois qui hésitaient encore sont désormais fixés : pour un projet de grande traversée inscrit dans les limbes, qui se réalisera peut-être d’ici 2050 ou 2060, si la Berne toute puissante le veut bien, Genève s’endettera quatre fois plus que pour la traversée de la Rade. Conclusion : votez OUI le 28 septembre et réalisons enfin notre traversée de la Rade d’ici 10 ans, au meilleur coût.

16 septembre 2014

Traversée de la rade et nappe phréatique : rien de nouveau, des solutions existent

geothermie_nappe_phreatique_aquathermie_nappe phreatique.JPGA la page 122 du Rapport de la Commission des transports chargée d’étudier l’initiative populaire 152 « Pour une traversée de la rade » commence le Rapport final des études du GROUPE DE TRAVAIL « CONTOURNEMENT DE GENEVE », daté du 24 septembre 2004, rédigé par SGI et al.
 
Le Groupe de travail « contournement de Genève » était alors présidé par Monsieur Robert Cramer. Les études techniques que ce groupe a confiées aux bureaux privés SGI et al. ont évidemment été menées sous la conduite de l’administration cantonale - Département de l’intérieur, de l’agriculture et de l’environnement – Conseiller d’Etat en charge, Monsieur Cramer.
 
Voici un extrait concernant la nappe phréatique, en page 171 :
« Dans le parc des Eaux-Vives le tunnel remonte avec une pente forte de 5 % sur une longueur d’environ 170 m afin de sortir au plus vite de la nappe phréatique. Ensuite la pente du tunnel s’adoucit pour atteindre la valeur de 3,5% qui est conservée sur la majeure partie du tunnel. Il est à noter que le tunnel passera en dessous du tunnel ferroviaire du projet CEVA ».
 
Plus loin, à la page 175, on trouve encore :
 « 4.6.3.4.1. TRANCHEES COUVERTES SOUS LE PARC DES EAUX-VIVES
Cette tranchée couverte sera réalisée en partie dans la nappe phréatique protégée. Un soin particulier sera apportée aux travaux afin d’assurer la protection de la nappe. Plusieurs techniques sont envisageables. Afin de ne pas perturber le régime hydraulique de la nappe, il est envisagé d’effectuer la majeure partie des travaux dans l’eau sans rabattement et d’utiliser les techniques courantes de travaux maritimes semblables à celles utilisées pour le tunnel sous-lacustre comme l’immersion d’éléments préfabriqués. Une fois sorti de l’emprise de la nappe phréatique, le tronçon sera rendu étanche permettant ainsi une libre circulation vers le front d’attaque du tunnel. »
 
On constate donc qu’en 2004 déjà, la question de la nappe phréatique avait été adressée, la nécessité de la protéger exprimée et la possibilité de la préserver expliquée.
 
Ce qui était possible en 2004, avec l’aval manifeste de l’administration cantonale, sous la présidence de Monsieur Robert Cramer, ne le serait plus aujourd’hui ?

03 septembre 2014

Le mieux est l'ennemi du bien ou de l'art de vivre avec son temps.

images.jpgVoilà que Pascal Décaillet s'y met aussi. Il n'est pourtant pas connu pour bêler avec le troupeau. Il prétend que la traversée de la Rade est trop étriquée, pas assez visionnaire.

Il propose donc de "sauter un tour, en rongeant son frein... afin d'obtenir un jour les crédits pour une grande traversée." Voilà qui en dit long.

D'abord sur les délais. Ce ne sera pas avant 2050 si tout va bien. Car la concurrence est rude au niveau de la Confédération et le Canton semble pauvre.

Puis sur les conséquences d'une telle temporisation. Ronger son frein, nous le faisons déjà depuis longtemps puisque cette traversée a déjà plus de 100 ans d'histoire. La paralysie est bientôt totale.

Mais surtout, j'observe que les opposants sont ceux qui ont un train de retard. Leur combat se dirige contre la voiture qui représente le mal suprême alors que, comme le reconnait tout de même Pascal Décaillet "les voitures seront toujours là dans dix ans, trente ans". Ces engins qui sont déjà des merveilles de technologies et d'une utilité incontestée seront très bientôt silencieux et non polluants. Ils complèteront toujours les offres des transports publics et les infrastructures routières resteront indispensables pour tous les modes.

toyota_fun-vii_concept_carrosserie_flower.jpg

J'encourage vivement Monsieur Décaillet, et tous ceux qui se prétendent visionnaires, à lire les oeuvres de l'essayiste Jeremy Rifkin, notamment "The thrid industrual revolution" (traduit en français) et son dernier "The zero marginal cost society". Vous y découvrirez ce que vous devez déjà intuitivement envisager depuis l'avènement d'internet. Dans moins de 25 ans il sera possible de construire soi-même sa propre voiture avec une imprimante 3D pour un coût avoisinant zéro tant pour sa fabrication que pour son usage.

Nicolas Hayek travaille depuis quelques temps déjà au développement d'unités à hydrogène qui permettront à chaque ménage de devenir autonomes en énergie avec un appareil de la taille d'une machine à laver.

Bref, tout ça pour dire que les visionnaires ne sont pas ceux qu'on pense et ceux qui attendent la fin de la voiture vont déchanter. Ils devraient sérieusement envisager de quitter les centres urbains pour retrouver une vie harmonieuse au milieu de la nature. La bonne nouvelle selon Jeremy Rifkin c'est qu'ils n'auront plus besoin de vivre en ville pour travailler car le travail n'existera bientôt plus.

Mais je ne vous en dit pas plus, courrez vous procurer ces essais visionnaires qui ne manqueront pas de vous interpeller. Avant la votation si possible !

22 août 2014

Pas les moyens ? ça ne prend pas !

Je reprends ici ma chronique qui a été publiée dans l'invité de la TDG du mercredi 20 août 2014

Lire la suite

11 août 2014

Traversée de la Rade : Stop à la mauvaise foi !

10_686_jjkphoto.jpgC’est parti. La mauvaise foi domine déjà dans les prises de position sur la traversée de la rade. L’Etat double les coûts sans expliquer pourquoi. Les opposants publient des chiffres totalement fantaisistes et, en plus, ils mentent sans vergogne en prétendant que le tunnel débouchera dans le parc de la Perle du Lac et dans celui des Eaux-Vives. Ils nous servent des photomontages dramatiques totalement déformés qui nous font croire à la disparition des parcs, voire de la Rade toute entière.
 
Il est urgent de rétablir la vérité. D’abord le texte est clair : il parle de l’Avenue de France, du Port Noir et de Malagnou. Aucun de ces trois lieux n’est un parc !
 
Tunnel quai Wilson.JPGEnsuite, les tunnels récemment construits à Vésenaz et Meyrin montrent bien comment un tunnel peut s’immiscer dans la rue existante avec discrétion, en laissant le trafic de proximité passer de part et d’autre sans que la voie n’ait besoin d’être élargie. Rien à voir avec ces bouches géantes et voraces que l’on nous montre.
 
Au contraire des photomontages horribles, les plans des différentes variantes d’accrochage en rives gauche et droite montrent des accès qui se fondent dans les axes existants, sans grignotage des parcelles qui les entourent. Sur la rive droite, l’entrée imaginée avec intelligence par le TCS sur la rue de Lausanne ferait de même et, en plus, délesterait sensiblement le carrefour rue de Lausanne et avenue de France qui est constamment encombré.
 
Nous avons tous besoin que la traversée de la rade se réalise, quel que soit notre moyen de transport. Ceci en fait un sujet sensible et explique que l’on découvre les pires horreurs dans la campagne qui se joue. Mais cela ne justifie pas de tels excès de mauvaise foi.

14 juin 2014

Merci Monsieur Barthassat

Wilsdorf04.JPGD'aucuns se sont moqués en son temps de ce paysan qui accédait à la fonction suprême dans notre canton.

Aujourd'hui ils pourront faire leur mea culpa et reconnaitre que les gens proches de la terre ont des vertus plutôt rares en politique. Le bon sens et le respect de la parole n'en sont que deux exemples qui prennent ici du relief.

Il est vrai que cette décision de rouvrir la rue de l'Ecole-de-Médecine dans les deux sens était plutôt facile puisque cette disposition faisait partie intégrante du "deal" avec la fondation Wilsdorf.

Mais il a fallut batailler. Contre l'intégrisme de la Ville d'abord, mais sans heurter de front son magistrat avec qui il faudra collaborer à long terme. Puis convaincre les diverses associations écologiques qui ne comprennent toujours pas que l'ennemi n'est pas la voiture qui reste incontournable, mais le bruit et la pollution. Or l'immobilisme induit par les mesures de découragement prônées par les deux précédents magistrats en charge de la mobilité ont sérieusement péjoré ces données.

J'espère maintenant que ce premier geste concret sera suivi de bien d'autres. Notamment la suppression de tous les obstacles artificiels destinés à décourager les automobilistes. Je reste prudent sur le quai Gustave Ador, car, contrairement à vous Monsieur Barthassat, je crois encore à la sagesse populaire qui devrait valider la traversée de la rade. Si, comme je l'espère, ce projet passera la rampe il sera temps de le compléter par une plage digne de ce nom et une circulation en adéquation avec cette redéfinition profonde du quartier.

11 juin 2014

Traversée de la rade et politique politicienne

Pont 4.5Mo.jpgEn 1996, la raison du refus des Genevois pour traverser la rade n'a pas été la division entre pont et tunnel, mais plutôt la question financière.

En effet, la situation économique s'était radicalement détériorée depuis le plébiscite pour cet ouvrage en 1988. L'impôt sur les véhicules à moteur en a découragé plus d'un.

Aujourd'hui nous risquons de revivre un scénario similaire vu l'état des finances de notre canton. Mais ce serait un très mauvais calcul car la mobilité est une condition première du développement économique.

Et cette fois le joug est tombé. Berne n'a pas inscrit la traversée du lac dans le budget 2030. Il y a le feu au lac. Il est parfaitement impensable de ne rien faire avant 2040, voire 2050.

Seulement voilà... Les partis se sont déjà prononcés pour la grande traversée à une large majorité. Ainsi que le ministre en charge des transports, Monsieur Barthassat.

On apprend que le PLR se déchire sur la question. Les motifs sont peu louables; Ne pas laisser le terrain des pro-voitures à l'UDC, ne pas retourner sa veste et soutenir l'UDC, ne pas désavouer le président PLR de la commission des transports qui n'a pas anticipé le refus de Berne, etc...

De plus en plus, les décisions du parlement font l'objet de marchandages et d'alliances qui ne servent qu'a engranger des victoires politiques à mille lieues des préoccupations des Genevois.

Espérons que, cette fois, les citoyens sanctionneront cette politique politicienne méprisante et valideront enfin cette traversée incontournable.

26 février 2014

Patrouille suisse ou la trouille de Maurer

patrouille_suisse_zoom945.jpgLe malaise commence à se faire sentir. Jusqu'à aujourd'hui, les Suisses ont toujours validé les investissements militaires et ont rejeté plutôt massivement les tentatives de supprimer notre défense nationale.

Mais les temps changent. Les électeurs aussi. Ils se rajeunissent ou proviennent d'autres générations. Aujourd'hui, ceux qu'on appelait les 68ards, font partie de ceux qui votent le plus. C'est statistique.

L'article du 25 février 2014 dans la tribune de Genève "suggère", ou plutôt pose les conditions, pour le maintien de la Patrouille suisse, symbole de fierté et de savoir faire. Soit on accepte le Gripen, soit on perd la Patrouille.

Ce manichéisme réducteur doit être dénoncé. Ce n'est qu'un chantage de plus qui exprime le malaise de nos élus qui, majoritairement, plébiscitent un investissement incohérent. Oui, incohérent est le mot adéquat pour qualifier le dossier Gripen.

Je développe sur mon site, en résumé, quelques aberrations majeures qui, à elles seules devraient suffire à convaincre un majorité des citoyens. Mais en face, il n'y a rien. Aucun argument. Juste la souveraineté nationale qui fut, ma foi, bien mise à mal lors de la dernière aventure du détournement par un co-pilote éthiopien.

Ce qui me fait réagir ici aujourd'hui, ce n'est pas la vacuité des arguments des défenseurs de notre souveraineté, mais plutôt les moyens auxquels ils recourent pour toucher l'âme des Suisses.

La Patrouille ne doit pas disparaitre. Les FA 18 sont presque faits pour. Mais il n'est nul besoin de les transformer pour représenter les couleurs de la Suisse. Il suffit simplement des les "wrapper". Cette technologie permet d'habiller provisoirement, pour des montants ridicules, ces avions par ailleurs destinés à notre protection aérienne et donc toujours opérationnels au moins jusqu'en 2030 si l'on en croit l'article de la Tdg.

Cette fois sera la bonne. Les Suisses ont acquis une maturité qui s'exprime de plus en plus dans les urnes. La propagande médiatique est surpassée par la blogosphère et les réseaux sociaux. Le pouvoir renvient enfin aux gens. Simplement.

19:57 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (2)

05 février 2014

"Papy boomers" en exil, ça ne vous rappelle rien ?

6a00e550896e09883301310ffd96e6970c-pi.pngC'est avec une telle idée qu' Yves Nidegger a loupé son ticket pour le Conseil d'Etat. En proposant de créer une enclave au Maroc pour permettre aux retraités qui souhaitent vivre leur troisième âge dans un pays au climat plus clément et à moindre frais, il s'est attiré l'indignation générale.

Faut dire que Monsieur Nidegger est UDC. A Genève, c'est presque une maladie. Aux Etats-Unis, ce type de migration est devenu un véritable trend. On se rue en Amérique du Sud et ces pays se tirent la bourre pour attirer cette population par des mesures plus qu'incitatives.

La Thaïlande a déjà fait le pas il y a quelques années en octroyant un permis d'établissement permanent aux étrangers dès l'âge de 50 ans pour autant qu'ils puissent justifier d'une fortune ou d'une rente personnelle parfaitement abordable.

La Thaïlande, j'en reviens justement après deux semaines de farniente sur une plage avec mes filles. Quelle n'a pas été ma stupéfaction au retour de découvrir que j'étais cool. Le climat, la nourriture, le rythme de vie, les sourires, m'ont transformé.

Alors oui, j'y pense aussi. C'est une forme d'aventure, la dernière. Skype et Facetime nous permettent d'être en contact permanent avec nos proches qui seront par ailleurs ravis de venir nous rendre visite dans ces paradis terrestres.

Lisez l'article de la Tdg de ce jour, il vous en dira bien plus ! Et ensuite, si vous le voulez, on pourra continuer à parler d'immigration...

22:37 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, papy boomers | Lien permanent | Commentaires (32)