06 avril 2016

Démantèlement des centrales nucléaires, la dure réalité des chiffres.

148761-7829eab0d50b895f7c880f57e35ed8e6.jpgC'est une véritable cacophonie. Dans le désordre, on entend tout et son contraire.

Ainsi, selon la directrice des Forces motrices bernoises (BKW), Mme Thomas, tout est sous contrôle. Et même si le rendement actuel ne permettra pas de couvrir les coûts du démantèlement de la plus vieille centrale de Suisse, sa société provisionne depuis plus de 40 ans.

Son contradicteur à Forum hier, Florian Kasser de Greenpeace suggère au contraire un malaise puisque BKW vient de décider d'allouer 15% de son budget à la progression de ces coûts.

Les parlementaires, qui portent une lourde responsabilité dans les choix de ces dix dernières années puisque les sociétés actives dans l'énergie sont essentiellement en mains publiques, s'écharpent et invoquent nombre d'excuses pour éviter leur remise en question. Ils prient pour une hausse des prix du courant qui viendrait encore plomber la reprise économique.

En décembre 2008, dans l'euphorie de la création d'Alpiq, détenue majoritairement par les services publics romands, EOS Holding distribuait gracieusement de substantiels dividendes à ses actionnaires.

En mai 2011, le Conseil fédéral a décidé d'engager le pays sur la voie de la sortie du nucléaire, à l'échéance de 2034. C'est donc sans surprise que l'Office fédéral de l'énergie annonçait fin 2012 l'explosion des frais liés au démantèlement.

Le 5 septembre 2013, le député Pierre Amstutz déposait une interpellation urgente au Conseil exécutif du canton de Berne pour s'assurer que les fonds étaient disponibles.

La suite, il ne faut pas être grand devin pour la projeter. La responsabilité solidaire des gérants de nos quatre centrales nucléaires de Mühleberg, Beznau, Gösgen et Leibstadt est une foutaise puisque ces sociétés sont proches de la faillite. C'est donc bien la Confédération, et donc chaque citoyen de ce pays, qui devra passer à la caisse.

Et dire qu'on entend encore des députés défendre la production d'électricité par le nucléaire. Et que penser de la mise en vente de ce joyau durable qu'est la Grande-Dixence ? Y a-t-il un capitaine sur le navire ?

04 avril 2016

Panama, ben voyons ! Un os à ronger.

20130915-Towerbank-Panama.jpgA chaud, et sans rien comprendre à la finance, je réagis.

La presse va presser le citron jusqu'à la peau avec pulpe et pépins. Le public mouille. On a du lourd, ça va saigner.

Sauf que... qui en doutait ? Franchement...

Et puis c'est bizarre, mais d'après les premiers noms diffusés, il semblerait que ces pratiques ne concernent qu'une partie du globe...

De qui se moque-t-on ? Qui peut croire un seul instant que le recours aux montages financiers n'est pas généralisé et encouragé par le champion toutes catégories, le goliath qui a terrassé la Suisse au travers de procédures largement médiatisées  qui ont détourné l'attention pour un temps sur le nain qui fait peur.

Et ce silence politique assourdissant. Ils ont l'air malins nos décideurs et autres parlementaires qui défendent la place économique et l'intégrité de nos institutions. Ils vont venir avec quelles excuses lorsqu'ils oseront causer ?

Oui, c'est moche, mais c'est la règle et elle est validée par tous, de gauche à droite, de l'est à l'ouest et du nord au sud.

Entre lanceurs d'alertes et délateurs il y a un monde. Mais au delà des principes moraux, il y a des faits que nous pouvons tous apprécier à leur juste valeur. Et surtout il y a une forme de transparence délicieuse, permise par la technologie, qui fermera momentanément le caquet de ceux qui donnent des leçons pour détourner l'attention.

Nous vivons vraiment une époque formidable !

 

29 mars 2016

2500.- par mois, à perpétuité !

initiative_salaires_0.pngEn mai 2013, j'ai assisté à une table ronde organisée à UNI Dufour par l'association Basic Income Earth Network (BIEN) Suisse avec la participation du philosophe et économiste Philippe Van Parijs. J'avouais alors mon scepticisme sur mon blog de campagne pour le CE.

Depuis, pas mal d'eau à coulé sous les ponts et la numérisation de l'économie a commencé à déployer ses effets dans tous les domaines. Uber n'en était qu'un des éléments annonciateur de la quatrième révolution industrielle dont seuls les politiques tardent à mesurer l'impact.

Les grands pontes de Davos et le Fonds monétaire international (FMI) sont très clairs; d'ici une dizaine d'années 40 % des postes de travail auront disparu et ne seront vraisemblablement pas remplacés pour trois raisons principales :

- L'augmentation spectaculaire de la population mondiale qui aura décuplé en à peine trois cents ans.

- Le vieillissement de la population avec une espérance de vie qui augmente d'une année chaque année.

- L'automatisation et la robotisation des tâches ingrates où l'humain n'est plus requis.

L'accélération est spectaculaire. On n'a plus besoin de caissières à la Migros, Mac Do remplace ses vendeurs par des bornes, les conseils juridiques en ligne rendent obsolète l'obtention d'un brevet d'avocat et les médecins utilisent IBM Watson Health pour conseiller leurs patients. Même les banques s'inquiètent avec l'utilisation de plus en plus populaire de la monnaie dématérialisée (Bitcoin, Ether).

La révolution en marche est irréversible et il serait aussi vain que regrettable de vouloir la freiner. Au contraire, il s'agit de l'accompagner avec des règles équitables pour tous afin d'éviter de creuser plus les inégalités.

Les questions fondamentales et existentielles telles que la finalité du travail reviennent sur le devant de la scène et la votation du 5 juin sur le revenu de base inconditionnel (RBI) offre aux Suisses le privilège d'être les premiers à se prononcer sur cet outil idéal pour accompagner le changement profond de paradigme.

Malheureusement, nos représentants, tous partis confondus, ne sont pas préparés et ne semblent pas encore réaliser l'ampleur de la mutation sociétale. La proposition sera donc rejetée, mais le débat ne fait que commencer.

Dans vingt ans, tout le monde se demandera comment il était possible que nous n'ayons rien vu venir. Le RBI sera une pratique universelle qui remplacera la plupart des aides sociales en encourageant le travail volontaire et motivé. Les tâches les plus ingrates seront rémunérées à leur juste valeur et la créativité et l'engagement bénévole permettront de renforcer les liens des communautés.