03 février 2014

Les inquiétudes de Philippe Souaille

1407734.jpgPhilippe persiste et signe. Il me confirme par mail qu'il ne publiera pas mon commentaire sur son blog.

Voilà qui en dit long sur ses inquiétudes face à l'échéance du 9 février.

En fait, il me fait un superbe cadeau. D'une part il me laisse penser que mon avis pourrait avoir une quelconque portée, et d'autre part, en me censurant, il manifeste son malaise.

Philippe est un journaliste brillant et il se considère comme tel. Ils sont nombreux à se considérer comme faisant partie d'une certaine élite intellectuelle et, bien qu'ils n'oseront jamais le reconnaitre, ils déplorent notre démocratie directe.

Philippe est un grand ennemi de l'UDC et il profite de chaque occasion pour fustiger cette politique conservatrice. C'est un humaniste qui milite pour un monde globalisé équitable. Ce qui est tout à son honneur.

Comme l'ensemble des partis, excepté l'UDC, ainsi que les milieux "économiques", il dénonce un vote émotionnel, une décision populaire qui viendrait du coeur ou des tripes et prône l'intelligence, cette faculté suprême qui nous permet d'analyser objectivement les situations et prendre des décisions raisonnables et raisonnées. Il semble juste oublier que les vérités d'un jour ne sont pas celles de demain et que le mental est un outil pratique lorsqu'il s'agit de fonctionner, mais devient vite une entrave lorsque nous pensons détenir la vérité.

C'est tout le problème des élites, de la crème, qui peste régulièrement contre les décisions soi-disant peu éclairées du souverain et fustigent la capacité aux "populistes" de convaincre la masse ignorante.

Dieu merci, chez nous, en Suisse, nous nous méfions de ceux qui pensent savoir. Et les sanctions dans les urnes témoignent d'une sagesse plus profonde, intégrée, incarnée qui vient heureusement du coeur et donc de plus profond que les idées volatiles.

J'ai publié le commentaire censuré par Philippe sur mon blog "Gossips". Ce n'est pas juste par provocation, mais parce que je suis un vrai démocrate et que je supporte mal sa propagande qui s'exprime par la publication de ce qui l'intéresse. Il devrait soit fermer ses blogs aux commentaires et faire sa star, soit publier toutes les prises de positions qui favorisent le débat.

 

 

Parking de la clé de Rive

Je publie ici ma dernière chronique mobilité publiée dans la TDG de ce jour


Traverser la rade : La clé de l'ouverture

Si le projet de réaménagement du centre peut se faire tel qu'il nous est présenté dans la tribune de Genève du 23 janvier alors c'est que nos élus auront fait un pas de géant.

Tout devient possible et je résiste pas à  vous communiquer mon enthousiasme.

Plus de 15 ans de bisbilles entre la Ville et le Canton, entre les pro et anti-voitures qui, comme par miracle, semblent ne jamais avoir existé.

C'est toute une mentalité qui change dans chaque camp. Et tout le monde gagne.

Enfin nous allons pouvoir flâner dans un centre complètement dégagé des véhicules individuels motorisés, pour le plus grand plaisir des citoyens, des visiteurs et des commerçants.

Si cette sagesse subite devait persister, alors nos représentants n'ont plus qu'à faire le pas suivant qui s'impose : la traversée de la rade.

C'est alors que nous pourrons enfin dédier l'entier du noyau urbain à la mobilité douce tout en favorisant la fluidité des transports, toutes catégories confondues.

Il sera bien assez tôt pour engager les travaux de la traversée autoroutière du lac, dédiée au transit international, lorsque nous aurons convaincu la Confédération de la nécessité de l'inscrire au budget.

 

11:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Humeur, Mobilité, Politique, rade | Lien permanent | Commentaires (2)

31 janvier 2014

Traversée du lac indispensable, mais pour qui ?

pont-juscelino-kubitschek-1078202.jpgLa chronique mobilité de ce jour, rédigée par Natalie Hardyn, présidente du Groupe Transport et Economie (GTE) suggère dans son titre que la traversée autoroutière du lac est indispensable.

Pourtant, le corps de son texte semble bien plus prudent, voire même contradictoire lorsqu'il s'agit de parler de financement.

En effet, Mme Hardyn suggère que dépenser un milliard pour les Genevois avec une traversée de la rade telle que proposée par l'initiative 152 risquerait d'hypothéquer d'autres investissements d'importance. Elle nous encourage donc à étudier le "contre-projet" de la commission des transports qui propose de financer une traversée autoroutière du lac qui, elle, devrait coûter environ 4 fois plus. Cherchez l'erreur !

Mais surtout ce que ne semble pas réaliser le GTE, c'est que cette traversée autoroutière n'est nullement un contre-projet puisqu'elle sera essentiellement dédiée au trafic international de transit.

Les projections et autres simulations feraient état d'une augmentation significative de la circulation sur certains axes liés à la traversée de la rade. C'est évidemment le but recherché puisque nous pourrons enfin dédier le centre à la mobilité douce et le pont du Mont-Blanc aux transports publics.

Ne nous y trompons pas. La traversée de la rade est non seulement nécessaire, mais vitale si nous tenons compte des projections à l'horizon 2030 avec 30 % de véhicules individuels motorisés supplémentaires. Nous avons déjà atteint la saturation, voulons-nous la paralysie ?

Je m'interroge sur les objectifs du GTE et comprends bien la prudence dont fait preuve Mme Hardyn. Mais alors, n'aurait-elle pas dû plutôt s'abstenir et commencer par consulter ses membres. Car je doute sérieusement qu'ils valident sa prise de position évasive.

28 janvier 2014

La croissance au coeur des questions

images.jpgLa plupart des sujets sur lesquels nous devons nous prononcer ces temps sont tous en relation avec une question de fond; La croissance.

Il ne faudra pas compter sur les élus pour aborder frontalement le sujet car ils devraient prendre des mesures impopulaires et ne seraient donc pas reconduits.

Mais surtout, comme pour toutes les questions de choix sociétaux, les enjeux sont planétaires. Le monde globalisé a transformé la planète en un village et aucune décision ne peut être prise par un des membres de la communauté internationale seul.

Nous vivons une époque charnière qui inquiète et déstabilise les individus et les Etats. La réaction logique est le repli derrière les valeurs nationalistes moribondes. Et aucune gouvernance mondiale ne se dessine malgré les appels du pieds de certains pontes de l'ONU.

La transformation se fera donc vraisemblablement dans la douleur, mais elle se fera. Les chiffres, qui ne sont pas des statistiques mais des données réelles, sont révélateurs :

- En 1800, nous étions 1 milliard d'individus sur Terre;

- Aujourd'hui, nous approchons les 7 milliards;

- A la fin du siècle nous dépasserons les 11 milliards.

Nous devons nous préparer à un changement de paradigme profond en transformant dans nos esprits le terme de croissance par celui de prospérité. Il est temps de prendre en compte les alarmes de la communauté scientifique pour une gestion responsable des ressources non renouvelables. Nous devrions aussi nous préparer à envisager le partage du travail et permettre ainsi au plus grand nombre l'accès aux biens de nécessité et de confort tout en offrant du temps pour d'autres activités créatrices qui ne seraient pas directement liées à la production effrénée de biens de consommation superflus.

Cette transformation ne viendra pas du haut vers le bas. Aucun élu ne vous proposera un tel programme. Il se développera dans les consciences individuelles par une modification des habitudes générée par la quête de sens. Ceux qui ont pris ce risque goûtent déjà les fruits de cette réorientation, mais ils subissent l'inertie de la masse et tentent d'imposer leur vision par des mesures excessives et décalées qui leur font perdre leur crédibilité. L'écologie est récupérée politiquement par presque tous les groupes, mais le message est forcément dilué puisqu'il tente de s'insérer dans la contradiction fondamentale d'une croissance perpétuelle dans un monde forcément limité, notre planète.

15:15 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (17)

27 janvier 2014

Qui oserait questionner le FAIF ?

faller-120543.jpgLe 9 février est une date importante. Le vote sur l'immigration accapare l'attention. Presque personne n'ose remettre en question les 6,5 milliards que la Confédération s'apprête à verser dans le fonds pour les infrastructures ferroviaires.

Cet argent doit bien venir de quelque part. Jusqu'à aujourd'hui, le financement des investissements et de l'entretien des CFF était assuré principalement par les taxes prélevées sur l'utilisation des routes par les poids lourds (RPLP) et sur les huiles minérales et autres impôts sur les véhicules à moteur.

Seulement voilà, les véhicules devenant moins gourmands, voire même émancipés du pétrole, ne rapportent plus suffisamment. Il faudra donc procéder à une augmentation de la TVA et trouver d'autres ressources auprès des usagers de la route.

La votation contre la vignette était un premier signe très clair du ras-le-bol général sur cette propension de l'Etat à vouloir taxer l'automobiliste au delà du raisonnable pour entretenir un service public de transport cher, gourmand et non rentable.

Le manque de ressources disponibles pour l'amélioration du réseau routier est tel qu'il est presque devenu impossible de se déplacer en voiture. La migration sur les alternatives des transports publics est si conséquente qu'il n'est bientôt plus possible de trouver une place assise dans un tram ou un train aux heures de pointe.

Captifs, nous serons bien entendu tentés de valider les investissements prévus par le FAIF, tout particulièrement en Suisse romande pour rattraper le retard.

Je pense que c'est une erreur. Et nous serons peu nombreux à défendre cette position. Le TCS a ciblé son action sur la vignette et s'est déjà engagé à soutenir le fonds. Ce n'est pas le principe, ni le montant prévu pour ce fonds que je remets en question, mais son mode de financement et surtout le fait que cette votation ne soit pas coordonnée avec FORTA qui est l'équivalent du FAIF pour la route.

C'est tout ce que je demande. De la transparence. Que l'on sache d'où viennent les ressources et où elles vont. Alors oui, comme tout le monde, je validerai les investissements pour le rail.

15:21 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

18 octobre 2013

1000 balles d'amende pour Eric Grassien

3354349564.jpgSur ce coup je sens que je ne vais pas me faire des amis... A lire les divers commentaires sur FB ou sur les blogs, presque tout le monde semble penser que cette amende est indigne.

La serait-elle moins si elle était infligée à une autre personne qui ne souffrirait pas de handicap ?

Je ne connais pas l'histoire d'Eric et je suis ravi que la place des Nations soit restée un espace ouvert aux manifestations. Eric savait à quoi il s'exposait en installant un camping sous la chaise. Grâce à un large soutien populaire et la réticence des autorités à faire preuve d'inhumanité, il a pu squatter la place plus d'un mois et a fini par obtenir un logement. Tant mieux pour lui.

Photo: ©Haykel Ezzeddine

Nous transportons fréquemment des personnes à mobilité réduite ou sérieusement handicapées dans nos taxis. Un grande majorité d'entre-eux ne sollicitent pas l'aide du chauffeur et développent une autonomie admirable. Seule une petite minorité se victimisent et font sentir leur mal être.

Eric fait assurément partie des battants. Fort du soutien massif des Genevois, il dénonce cette amende et obtiendra vraisemblablement satisfaction. D'une manière ou d'une autre. Tant mieux pour lui, ici encore. Mais sans moi.

Je relevais, un peu narquois, sur le blog d'Ezzeddine que 1000.- c'est pas cher payer pour un appartement à Genève. A la place d'Eric, j'en serais resté là et j'aurais payé cette amende presque avec plaisir. Non seulement j'aurais assumé cette modeste conséquence de mon acte, mais j'aurais posé une pierre de plus dans l'édifice de la non discrimination.

16:05 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

16 octobre 2013

Le féminisme en politique

761624592.JPGLe féminisme  existe-t-il en dehors de la politique ?

C'est avec compassion que je lis Mme Liliane Maury-Pasquier, membre des Femmes Socialistes, dans la TDG de ce jour lorsqu'elle nous dit : "Mais derrière tous ces hommes d’Etat et ces combattants, il y a des épouses, des mères ou des compagnes qui ont eu leur influence", pour fustiger l'absence de femmes célèbres dans un documentaire de la SSR ciblé sur une période définie de l'histoire suisse.

Qui mettrait en doute la complémentarité des hommes et des femmes ? Et pourquoi tant de femmes éprouvent ce besoin de faire comme les hommes ?

Sans ma mère, mon père n'aurait assurément pas réalisé la moitié de ses rêves. Ou bien est-ce grâce à elle qu'il en a développé deux fois plus ? Les femmes avec qui j'ai pu partager un bout de mon existence m'ont toutes augmenté. J'ose espérer que la réciproque est reconnue.

Une théorie suggère que l'homme tente désespérément d'atteindre le niveau de réalisation d'une femme lorsqu'elle met au monde le petit d'homme par une créativité compulsive et forcément insatisfaisante.

Nombre de ces femmes s'épanouissent à la simple observation de cette frénésie masculine et ne semblent pas éprouver la moindre des frustrations à servir de faire valoir au sens ou semble le suggérer Mme Maury-Pasquier. En ce sens, elles ont assurément atteint une sagesse dont semblent dépourvues les partisanes de la parité des genres.

Finalement, je plains un peu ces femmes qui entrent en guerre avec elles-mêmes et passent à côté d'expressions, de sentiments, d'épanouissements et de sensations exclusives à leur genre dont aucun homme n'oserait rêver.

21:00 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

05 août 2013

Armée suisse

Armee-suisse_pics_809.jpgSuite à un article sur le blog de Charles Piguet sur la votation du 22 septembre, je suis tombé sur un commentaire de Yann qui va droit à l'essentiel. Je me permets de le reproduire ici.

Soit nous avons fait l'armée et donc vérifié les propos de Yann, soit nous avons des enfants, des neveux, qui nous racontent une histoire tellement semblable qu'on ne peut que se poser des questions.

Merci à Yann pour ce discours atypique du 1er août !

 

Vos spécialistes étrangers, ils me font bien rire. J'en ai vu un cet année en cours de répétition. Un major d'un pays nordique. Il est venu se promener, on lui a fait visiter en coup de vent les 2 ou 3 trucs qui marchaient le moins mal en se gardant bien de lui montrer le gros de la troupe en train de fumer des joints ou de faire la sieste planqué dans un coin. Il a reçu un joli panier avec des bouteilles de pinard et un bon repas, et il est reparti bêtement le sourire au lèvres.

Et c'est en gros le problème perpétuel. En s'accrochant au modèle d'armée que nous avons, on cache honteusement la vérité à la population: Notre armée est faite de bras cassés qui tiendraient 3 minutes en cas de conflit. A moins qu'on ne se décide à régler les guerres par des jeux à boire ou par un tournoi de jass, qui sont grosso modo les seules compétences qu'on acquière encore dans l'armée suisse, ce serait un massacre.

L'armée que nous avons actuellement est le plus grand danger pour la sécurité nationale qui soit.

Parce qu'elle fait tellement tout pour paraître utile qu'elle passe son temps à cacher son impréparation. PERSONNE n'est motivé. Personne n'y croit. Personne ne fait d'effort parce que la formation est absurde. Tout le monde réussit les tests haut la main, mais uniquement parce qu'ils sont une mascarade. Les sous-officiers donnent les réponses aux soldats pendant l'examen pour ne pas risquer de se faire sucrer les sorties. Du coup personne n'apprend rien, puisque de toutes façons, ça ne sert à rien. Mais les apparences sont sauvées: Sur le papier tout le monde a été formé.

Les situations où un gars mal formé crée du danger avec une arme mal assurée ou en faisant le con avec du matériel cher ou des véhicules sont quotidiennes. Tout le monde est à la frontière de l'alcoolisme. Les sommes d'argent gaspillées honteusement, rien qu'en carburant ou en cartouches (toujours commandées en quantité dix fois trop grandes et finies en rafale à l'arrache histoire de justifier leur commande) seraient un scandale d'une ampleur rare dans l'histoire suisse récente si on s'amusait à faire un audit sur l'armée.

Sur l'entier de ma compagnie, 80% de la troupe facilement assurait le mois dernier voter OUI à cette initiative. Et pas pour ne pas finir ses jours, puisque le temps que ce soit mis en place, peu d'entre nous seront encore là. Non, simplement parce que plus personne ne comprend ce qu'il fout là, à faire semblant d'être une armée alors que nous ne sommes qu'un ramassis d'ivrognes qui tourne en rond, sans rien faire.

Si même au sein de l'armée, plus personne n'en comprend l'intérêt, peut-être serait-il temps de réaliser que nous avons un problème profond avec cette institution gérée par des incapables. Les officiers font joujou et s'imaginent que c'est un jeu, mais ne savent en majorité pas gérer des hommes et seraient les premiers à se faire dessus en situation réelle. Où d'ailleurs personne n'accepterait de les suivre tant il est clair que cela finirait en carnage. Sans mission claire et dangereuse, il serait temps de donner un grand coup de pied dans l'armée suisse. J'aurais plus confiance en 10'000 personnes formées et motivées qu'en 100'000 couillons qui attendent la fin sans savoir ce qu'ils font là. Oui, notre armée actuelle est une menace pour notre sécurité. Et prétendre le contraire, c'est soit ne pas y avoir mis les pieds ces 10 dernières années (au moins), soit être un contractuel et avoir peur pour son beurre, soit vivre dans un monde parallèle.

Aucun argument ne remplacera l'expérience de plusieurs années à voir de l'intérieur cette institution se transformer en vaudeville pitoyable... Mais malheureusement, les vieux nostalgiques ne voudront jamais le croire, le résultat sera non, et on pourra continuer à creuser, puisque le fond a déjà été atteint. Mais soutenir l'armée dans sa forme actuelle en continuant à prétendre qu'elle nous protège, pour moi c'est presque une trahison envers le pays...

Écrit par : Yann | 01/08/2013

16:46 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

07 juin 2013

Quizlet

quizlet-large.jpg

Ma fille Maya est en première année du Collège. L'autre jour elle est venue vers moi, toute enthousiaste, me montrer la dernière trouvaille du "geek" de sa classe.

Andreï a concocté un petit menu personnalisé pour tous ses potes de classe sur l'application Quizlet. Il a téléchargé la version PDF du bouquin d'allemand et fait des copier-collés des chapitres à connaitre pour la trim de fin d'année.

Résultat, tout ce petit monde pianotait sur son clavier de smartphone pendant la récréation pour battre leur record de temps de réponse aux questions de vocabulaire.

Quand Maya m'a fait la démonstration j'étais totalement sous le charme. Imaginez nos fameuses cartes que l'on découpait dans un papier cartonné pour écrire le mot en français d'un côté et en allemand de l'autre. Et bien d'un glissement de doigt sur la vitre la carte se tourne et une voix nous dit le mot avec un accent parfait, au singulier et au pluriel. On peut, bien entendu, choisir le sens. Le jeu qui a été mis en place permet de battre son propre record. Tout le monde craque et s'amuse.

C'était mon rêve et ma grande frustration à l'école. Apprendre en s'amusant. C'est dorénavant possible et de plus en plus.

Je savais que la rénovation de l'enseignement viendrait tôt ou tard. Pas seulement parce que les profs en ont marre de remplacer les parents dans un rôle de tuteur disciplinaire, mais parce que l'on a de plus en plus besoin de sens pour être motivé dans l'apprentissage, quel qu'il soit.

Les premières tentatives se sont avérées infructueuses. L'abandon des notes a déstabilisé tout le monde par la perte de repères. Et le monde d'aujourd'hui suit toujours un modèle compétitif où la concurrence internationale est acharnée.

Ce n'est pas grave. Nous y viendrons, nous y sommes déjà mais nous ne le savons pas encore. L'école de demain sera radicalement différente et accessible à tous, gratuitement. Nous pourrons choisir nos profs en ligne, les contenus des cours seront très rapidement adaptés au monde réel, à l'économie, bien sûr, mais pas seulement.

La souplesse et la flexibilité qui sont devenus des must dans la vie professionnelle vont enfin trouver leur écho dans la formation. Une révolution douce est en route. Elle se fera tout naturellement, sans effort, de manière évidente et incontournable.

Quel bonheur !

22:39 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3)