02 mars 2016

Oooh ouiiii, mets-la moi... profond !

tafta.jpgC'est par ces mots que j'ai eu l'outrecuidance de commenter le dernier billet de M. Thévoz. Ils reprenaient en partie sa rhétorique et certaines allusions pour défendre sa cause. Comme c'est le cas pour une majorité de représentants politiques de la gauche, ma contribution fut censurée. Il faut croire que M. Thévoz n'a pas vraiment le sens de l'humour, ou qu'il se réserve le droit de pratiquer la sienne à l'exclusion de celle des autres.

Cette allégorie visait un but. Dénoncer l'incurie du politique au sens général et son asservissement à l'économie qui n'est non seulement plus un secret, mais une réalité avouée avec un certain cynisme par Mauro Poggia, conseiller d'Etat et Bertand Buchs, député au Grand-Conseil.

Le petit peuple, qui se prétend souverain, frémit aux premières semonces des réalités du marché. Chacun craint pour sa place de travail et valide tous les projets gouvernementaux ou les initiatives qui le lui promettent. C'est ainsi que, dans cette logique imparable, les dernières tentatives de juguler les pratiques discutables des multinationales, qui ont pignon sur rue dans notre pays, furent balayées.

Nous verrons demain si ce choix était justifié. J'en doute car certains grands groupes transnationaux ont déjà annoncé leur migration sous d'autres cieux en prévision de l'imposition à 13%.

Mais la véritable question est ailleurs. Quel monde voulons-nous ? Dans quel univers voulons-nous vivre ? Si nous suivons la logique libérale de la croissance, nous pouvons déjà voir aujourd'hui où elle nous mènera. Non seulement les ressources de la Terre sont limitées, mais les conséquences de leur surexploitation se font déjà sentir.

Il faut se poser la question des raisons qui incitent les maîtres du monde à garder secrets les tractations en cours entre l'UE et les USA pour un partenariat transatlantique qui supprimera les barrières "artificielles" au libre commerce. Il faudrait aussi s'interroger sur les conséquences de certaines décisions comme, pour ne prendre que cet exemple, l'autorisation de certains pesticides qui déciment les pollinisatrices que sont les abeilles à un point tel qu'il faille remplir leur tâche manuellement dans certaines régions du globe.  Merci à Monsanto and Co.

Tous ces choix ne visent qu'un seul but. S'enrichir. Mais attention, pas pour tous. Juste pour ceux qui ont déjà les moyens et qui n'en auront jamais assez. Selon Joseph Stiglitz, prix nobel d''économie (2001), ils représentent 1 % de la population. Le reste est là pour les servir, en attendant les robots qui sont encore trop chers.

Au final, il ne restera que la révolte pour se faire entendre. Mais là encore, nous risquons bien de vérifier à quel point il est déjà un peu tard pour se réveiller. En effet, tout est déjà organisé pour prévenir ce cas de figure presque opportun qui permettra de réduire la population mondiale à des niveaux gérables.

 

17:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, TAFTA, TTIP | Lien permanent | Commentaires (167)

26 février 2016

economiesuisse, bonjour la transparence !

topelement.jpgLe 21 septembre 2015, economiesuisse a publié son rapport sur les accords transatlantiques en négociation entre l'UE et les USA. Au bas du document se trouvent deux liens de contact "pour toute question".

J'ai donc envoyé un mail le 20 novembre 2015 à Monsieur Carlo Lagana dans lequel je lui pose les questions suivantes :

- Comment voulez-vous que des exploitations agricoles de la taille de celles que nous pouvons envisager en Suisse puissent régater avec les mégastructures des concurrents ?
- Pourquoi peignez-vous le diable sur la muraille dans le domaine de l'horlogerie et comment expliquer que vous ne mentionnez pas la venue des montres intelligentes ?
- Comment se fait-il que vous ne mentionnez pas les sujets qui fâchent comme celui prévu par l'accord sur l'impossibilité de re-nationaliser un service qui aurait été libéralisé ?

Sans réponse, je le relance le 25 décembre 2015 et reçois cette fois une réponse automatique d'absence du bureau jusqu'au 4 janvier. Date à laquelle Monsieur Lagana m'explique que "Pour des raisons inconnues, votre premier courriel ne m’était pas parvenu. Navré. J’y donnerai suite cette semaine."

Toujours sans suite, je relance Monsieur Lagana le 18 janvier, puis le 23 février...

Bref, je suggère qu'economiesuisse efface les liens de contact proposés à la fin de son rapport car on pourrait penser que certains sujets fâchent ou qu'ils ne méritent que mépris.

 

 

 

11:06 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, écologie, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (19)

22 février 2016

Croquer la pomme

2000px-Apple_logo_black.jpgSi les médias de chez nous n'en font pas un fromage, à part dans les milieux geeks, outre-atlantique la polémique entre Apple et le FBI ne passe pas inaperçue, c'est le moins qu'on puisse dire.

D'abord parce que Donald Trump n'allait pas laisser passer cette occasion pour mieux se profiler dans son camp de va-t'en guerre. Le discours répressif est en parfaite adéquation avec les valeurs républicaines.

Mais surtout parce qu'on touche à un élément sacro-saint aux USA et qui a d'ailleurs passablement défrayé la chronique dans le cadre des écoutes de la NSA, du moins en interne, car pour ce qui est des autres on n'est jamais assez prudent; la protection de la sphère privée.

Si Apple cède, on ouvre la boite de Pandore. Je suis particulièrement surpris de ne pas entendre les Pirates dont c'est un des combats majeurs, notamment Alexis Roussel qui intervient périodiquement sur les blogs de la TdG.

Le sujet est hautement émotionnel. Il s'agit de traquer un criminel. Seulement voilà, les autorités américaines ne peuvent obliger Apple à violer ses règles contractuelles qui garantissent le respect de la sphère privée de ses clients. Non seulement la société serait poursuivie en justice, mais elle perdrait massivement des parts de marché.

Le droit semble donc du côté d'Apple. Mais le scenario risque bien de changer par une modification législative. S'il est peu probable que l'establishment permette à un allumé de la trempe de Trump d'accéder à la fonction présidentielle, il est en revanche possible, voire probable, que le déchirement des démocrates entre le progressiste Sanders et Mme Clinton permette l'alternance avec l'élection d'un républicain à la plus haute fonction.

Et là, au vu de leur récupération du sujet lors de la campagne, ils seront vraisemblablement enclins à voter une loi qui obligerait les sociétés technologiques à divulguer des informations sensibles sur leurs clients.

Ce serait la fin programmée de tous les espoirs que suscite l'internet et la récupération de l'outil afin de perpétuer un modèle de société qui accentue le fossé entre la petite portion de nantis et leurs esclaves des temps modernes qui n'auront plus que l'option de la révolte.

Mais un doute m'effleure... Si tout cela n'était que du bla-bla ? Qui croit encore que Apple, ou Facebook, ne divulgue pas d'informations ? Ferait-elle autant de bruit, telle une vierge effarouchée, pour justement cacher des pratiques inavouables ?

Décidément, nous vivons une époque formidable !

 

18:49 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (13)