20 février 2016

Gothard pour barre

tbm_s-210_alptransit_faido_east.jpgLe silence assourdissant qui règne autour du projet Weibel est préoccupant. Je remercie donc vivement ici Monsieur Pierre-André Bobillier, éminent professeur de l'EPFL, pour sa contribution dans l'invité de la TdG de ce jour.

Il s'étonne aussi de ce silence : "Il est très surprenant, même incompréhensible, que personne n'ait mentionné une autre solution , connue depuis plusieurs mois. Elle dérange, parce qu'elle n'est pas issue des instances"officielles""

Les médias ont à peine effleuré le sujet. La tdg et le 20mn fin janvier 2016 et aujourd'hui, de manière indirecte, en donnant la parole à un spécialiste, ainsi que Domaine Public, décembre 2015.

Monsieur Weibel a fait tout juste. Non seulement dans l'élaboration de son projet, mais dans sa promotion et son inlassable combat pour qu'il soit pris en compte. Il a même pu obtenir une réponse de Mme Leuthard qui a malheureusement été suivie d'un silence évocateur.

Mais le plus grave, c'est que l'Office Fédéral des Routes (OFROU) a apporté une réponse complètement à côté de la plaque, à un point tel qu'on se demande si l'auteur de ce rapport est un ingénieur et qu'il comprend ce qu'il lit et écrit. Il faut absolument prendre connaissance de la réponse point par point de Monsieur Weibel à l'OFROU.

Et ensuite dénoncer. Inlassablement. Et demander des explications !

Car le projet Weibel, c'est juste du bon sens et une réponse à toutes les interrogations et toutes les oppositions.

On aimerait pouvoir compter sur nos élus pour, au moins, s'informer et si possible demander des comptes. Pour le moment, ils bêlent avec le troupeau.

 

 

19:44 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Mobilité, votations | Lien permanent | Commentaires (9)

19 février 2016

Dégage, pauvre con !

sauver-le-monde.pngOn met ces mots dans la bouche de Nicolas Sarkozy, alors je ne vais pas me gêner pour les reprendre ici histoire d'attirer l'attention.

Cette insulte s'adresse à toutes ces sociétés opportunistes qui viennent grappiller comme des coucous la marge de ceux qui offrent de la valeur ajoutée, sans offrir le moindre service. Je parle évidemment de Uber, Booking.com et toutes ces sociétés technologiques qui surfent sur le changement de paradigme pour s'en foutre plein les poches.

Heureusement, elles sont condamnées à terme, et elles le savent, raison pour laquelle elles prennent le max avant l'échéance. En effet, non seulement les économistes annoncent l'explosion de cette bulle spéculative dans les mois à venir car les investisseurs s'impatientent sur le retour de leur mise, mais surtout, la suite se profile déjà avec la "blockchain" et les véritables acteurs du changement qui vont permettre l'émergence de l'économie de partage en supprimant les intermédiaires.

Pour le moment, le concept est un peu vague et les préoccupations immédiates des consommateurs sont directement liées aux montants qu'ils doivent débourser pour obtenir des biens ou des services. Rares sont les journalistes qui maîtrisent le sujet et savent informer valablement sur la mutation en cours.

Plus rares encore sont ceux qui comprennent à quel point ces sociétés violent impunément toutes les lois en vigueur, prétextant leur obsolescence et surfant sur la popularité de leurs outils, et promettent à terme la mise au ban de pans entiers de l'économie sans état d'âme pour la fin du travail annoncée et l'explosion du chômage dans tous les secteurs.

Il faut lire Jeremy Rifkin qui annonçait, il y a déjà vingt ans, la fin du travail et qui explique aux dirigeants du monde de quoi l'avenir sera fait. C'est enthousiasmant et très prometteur malgré les apparences. Car au final, lorsque nous nous serons débarrassés de ces parasites qui, mine de rien, repoussent la mutation tout en prétendant la permettre, nous aurons enfin l'opportunité de remplacer les structures pyramidales hiérarchiques par une horizontalité qui rendra le pouvoir au gens, directement et sans délégation.

Dans la foulée, les propositions aujourd'hui utopistes telles que le revenu de base inconditionnel, sur lequel les Suisses auront le privilège de se prononcer au mois de juin, deviendront des évidences incontournables lorsque la valeur du travail ne sera plus évaluée par son corollaire monétaire, déjà virtuel depuis l'abandon des garanties physiques par l'or des banques nationales, mais par le bitcoin ou l'ether, qui supprimeront les dernières barrières financières à la réalisation de cet objectif de santé publique.

Bref que du bonheur en perspective !

15:23 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Politique, Uber, votations | Lien permanent | Commentaires (199)

29 janvier 2016

La quatrième révolution industrielle

1194978_davos-le-regard-des-economistes-sur-la-quatrieme-revolution-industrielle-web-021645413281.jpgLe rythme s'accélère. Entre l'invention du moteur à vapeur et la numérisation, les basculements de paradigme et les bouleversements sociétaux induits nous laissent sans voix et donc sans explication.

La quatrième révolution porte mal son nom car il est difficile de parler industrie lorsqu'on évoque la dématérialisation et la prédominance progressive du monde virtuel. Ces notions restent floues pour le plus grand nombre et l'accélération des changements depuis la découverte du WWW, il y a moins de trente ans, n'a pas fini de déployer ses effets.

Il ne faudra pas attendre grand chose des décideurs du monde qui se sont réunis au forum de Davos pour traiter cette question. Ils n'y voient qu'une opportunité de maximiser leurs profits comme le disent si bien les deux Vincent à 26'. http://www.rts.ch/play/tv/26-minutes/video/26-minutes-plu...

Et pourtant, ce changement, comme les précédents, est peut-être bien l'occasion de revoir notre fonctionnement en profondeur et revisiter les lois du marché et le capitalisme financier qui continuent à creuser dangereusement l'écart entre les nantis, qui représentent un petit pourcent des habitants de cette planète, et l'écrasante majorité qui travaille plus dur que des robots pour les engraisser sans espoir de les satisfaire.

Comment est-il possible qu'aucun journaliste n'ait encore fait le parallèle entre les taxis et les agriculteurs en France ? On traite ces informations séparément sans aller aux sources, sans essayer de comprendre ce qui provoque ces débordements. Tout est lié.

La population comprend bien qu'il est impossible de travailler sans un rendement minimal. Et pourtant, personne ne fera rien s'il doit le payer de sa poche. Ainsi, on valide des aberrations qui permettent l'exploitation des plus démunis pour offrir des biens et des services à des prix inexplicables. Et cette population qui veut tout, tout de suite et au meilleur prix est aussi celle qui élit nos représentants. Il n'est donc pas surprenant qu'aucun élu ne prenne le risque de fâcher son électorat. Jusqu'au jour où...

...nous serons personnellement et directement concernés par ce qu'on appelle aujourd'hui l'ubérisation de la société. C'est ça la 4ème révolution industrielle. Et elle ne concerne déjà plus que les taxis. (http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2015/05/02/uberall-266...) Tel un cancer, ses métastases touchent bientôt tous les secteurs. L'idée sous-jacente consiste à faire de l'argent sans travailler. C'est un beau programme auquel j'adhère d'ailleurs en soutenant l'initiative pour un revenu de base inconditionnel qui permettrait enfin de travailler à ce qui nous motive au lieu de trouver de la motivation pour faire ce qui nous ennuie. Mais ce programme devrait permettre à tous de parvenir à cet idéal et non pas à une petite minorité opportuniste qui profite d'un système dévastateur.

Il est inutile de vouloir stopper ou même freiner cette évolution. Il s'agit de l'accompagner avec des règles équitables qui permettent à tous d'utiliser les technologies pour le plus grand bien des consommateurs.

Mais qui va oser s'y coller ?

 

17:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)