08 décembre 2014

Conditions de détention, le Club Med ?

Je me suis déjà offusqué le jour où nous avons appris que les détenus méritaient des compensations parce que la loi prévoit quatre mètres carrés et non pas 3,89 et donc que les détenus devaient être indemnisés.

trois-detenus-envoient-deux-videos-menacantes.jpgA l'époque, sur mon site de candidature, je proposais d'attribuer ces montants compensatoires aux victimes des crimes commis par le détenu souvent insolvable. Je demandais à nos représentants au parlement fédéral de faire preuve d'imagination. http://www.pierrejenni.ch/blog/59-indemniser-les-detenus

La question revenant sur le devant de la scène avec une occupation qui dépasse le triple du "légalement correct", nous assistons à la montée en puissance d'une indignation populaire parfaitement légitime.

La réponse de nos institutions, qu'elles soient politiques ou juridiques, est déplacée. Elle fait le lit des populismes qui surfent sur ces maladresses. Il suffit de quelques clics pour vérifier que les conditions de détention dans notre pays s'apparentent tout simplement à des vacances au club Med. Nourri, blanchi, logé avec TV et formation pour ceux qui le désirent.

L'évolution de nos sociétés devant l'échec du tout répressif, se traduit par un sentiment de culpabilité et d'auto-flagellation expiatoire qui fait la part belle aux malins. Par notre angélisme, nous encourageons le crime.

J'en viens à me demander si nous ne vivons pas sur une île déconnectée des réalités du monde et que notre indignation devant l'horreur des comportements humains ne nous mène au ramollissement intellectuel qui risque bien de nous être fatal. A tel point qu'on en viendrait presque à réclamer une petite guerre pour réveiller nos citoyens bien pensants qui semblent oublier l'Histoire et projettent leur vision paradisiaque d'un Sonderfall onirique.

16:26 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (15)

16 octobre 2014

La traversée de la rade est-elle définitivement enterrée ?

Traversee_Rade.jpgOn pourrait se poser la question à la lecture des chiffres qui viennent de m'être envoyés par Ptolémée 1er.

Les 5,4 kilomètres de la traversée en tunnel du Lac entre Vengeron et Pallanterie sont devisés par l'Etat à 1,9 milliard, soit 350 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 630 millions.

Les 14,2 kilomètres du trajet entre Le Vengeron et la douane de Thônex-Vallard sont devisés par l'Etat à 2,8 milliards, soit 200 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 360 millions.

Pour moi, c'est rideau. Je suis trop vieux et j'ai donné. Mais la relève va s'y coller car, même après l'entrée en fonction du CEVA, nous mesurerons l'ampleur des dégâts.

La première mesure annoncée par Monsieur Barthassat, c'est la fluidité du U lacustre. Fini les feux au quai Gustave Ador et la suppression de voies.

La suite logique mais inavouable, c'est l'abandon de la création de zones dédiées à la mobilité douce et la piétonisation de l'hypercentre. Et oui, n'en déplaise aux intégristes anti-bagnoles, leur refus de traverser la rade implique que le trafic continue à passer par le centre. Fallait réfléchir avant.

Et comme le confirment les prévisions "Mobilités 2030", la mobilité va exploser de 50% toutes catégories confondues d'ici cette date.

Je ne ferai pas partie de ceux qui se réjouiront lorsque l'histoire nous donnera raison.

27 septembre 2014

Djihad, les limites de la réponse militaire

Hamas+ceremony.jpgL'occident semble unanime, il faut frapper. Et fort.

Monsieur Burkhalter, qui cumule plusieurs casquettes et dispose d'une belle vitrine, essaie de trouver une réponse politique à la menace. Il sait que la force appelle la force et que les fous de Dieu se nourrissent des attaques à leur encontre.

La stratégie est simple, ils se fondent dans les populations civiles et dénoncent les frappes aveugles qui font tant de victimes innocentes.

Je ne sais pas s'il y a une réponse politique à cette menace. En fait j'en doute, car pour parler politique il faudrait déjà commencer à parler. Et là ça semble difficilement possible.

Dans un récent billet, Monsieur Décaillet tentait de relativiser la discussion en mettant l'accent sur tout ce qu'il y a de beau dans la culture islamique. Il s'est fait sérieusement assaisonner dans les commentaires.

Je me suis fendu du mien en suggérant que les musulmans prennent la direction des opérations et condamnent ces dissidents qui interprètent les écritures en déformant le message d'amour du prophète. C'est, me semble-t-il, le seul moyen de venir à bout de ces extrémistes sanguinaires. Des voix commencent enfin à s'élever partout dans le monde.

Les américains l'ont compris depuis longtemps en formant des citoyens arabes aux renseignements. Le seul moyen de venir à bout de ces groupes hétérogènes dispersés dans le public est de les infiltrer.

Mais la mission est périlleuse et elle s'adresse à des hommes et des femmes instruits à qui on ne pourra pas promettre des vierges au paradis. Les candidats ne doivent pas se presser au portillon. Pourtant ils rendraient un grand service à leur civilisation, à la culture si riche et raffinée de l'Islam qui prendrait du coup du relief sous les projecteurs sordides de leurs probables martyrs.

A moins que l'intelligence serve en premier lieu la cause du bien être personnel. Alors il ne faudra pas s'étonner que les terroristes ratissent large au sein d'une humanité en quête de repères et de réponses aux questions existentielles.