03 septembre 2014

Le mieux est l'ennemi du bien ou de l'art de vivre avec son temps.

images.jpgVoilà que Pascal Décaillet s'y met aussi. Il n'est pourtant pas connu pour bêler avec le troupeau. Il prétend que la traversée de la Rade est trop étriquée, pas assez visionnaire.

Il propose donc de "sauter un tour, en rongeant son frein... afin d'obtenir un jour les crédits pour une grande traversée." Voilà qui en dit long.

D'abord sur les délais. Ce ne sera pas avant 2050 si tout va bien. Car la concurrence est rude au niveau de la Confédération et le Canton semble pauvre.

Puis sur les conséquences d'une telle temporisation. Ronger son frein, nous le faisons déjà depuis longtemps puisque cette traversée a déjà plus de 100 ans d'histoire. La paralysie est bientôt totale.

Mais surtout, j'observe que les opposants sont ceux qui ont un train de retard. Leur combat se dirige contre la voiture qui représente le mal suprême alors que, comme le reconnait tout de même Pascal Décaillet "les voitures seront toujours là dans dix ans, trente ans". Ces engins qui sont déjà des merveilles de technologies et d'une utilité incontestée seront très bientôt silencieux et non polluants. Ils complèteront toujours les offres des transports publics et les infrastructures routières resteront indispensables pour tous les modes.

toyota_fun-vii_concept_carrosserie_flower.jpg

J'encourage vivement Monsieur Décaillet, et tous ceux qui se prétendent visionnaires, à lire les oeuvres de l'essayiste Jeremy Rifkin, notamment "The thrid industrual revolution" (traduit en français) et son dernier "The zero marginal cost society". Vous y découvrirez ce que vous devez déjà intuitivement envisager depuis l'avènement d'internet. Dans moins de 25 ans il sera possible de construire soi-même sa propre voiture avec une imprimante 3D pour un coût avoisinant zéro tant pour sa fabrication que pour son usage.

Nicolas Hayek travaille depuis quelques temps déjà au développement d'unités à hydrogène qui permettront à chaque ménage de devenir autonomes en énergie avec un appareil de la taille d'une machine à laver.

Bref, tout ça pour dire que les visionnaires ne sont pas ceux qu'on pense et ceux qui attendent la fin de la voiture vont déchanter. Ils devraient sérieusement envisager de quitter les centres urbains pour retrouver une vie harmonieuse au milieu de la nature. La bonne nouvelle selon Jeremy Rifkin c'est qu'ils n'auront plus besoin de vivre en ville pour travailler car le travail n'existera bientôt plus.

Mais je ne vous en dit pas plus, courrez vous procurer ces essais visionnaires qui ne manqueront pas de vous interpeller. Avant la votation si possible !

25 août 2014

Modifications règlementaires au Collège

IMG_1709.JPGCe soir, comme chaque année à la rentrée, ma fille m'apporte le guide de l'élève et la déclaration signée par elle et par les parents. Mais cette fois, une lettre sans objet l'accompagne, nous informant des nouvelles règles qui entrent en vigueur ce jour. Il n'est nulle part fait mention de cette lettre dans le document signé par les parents.

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22 août 2014

Pas les moyens ? ça ne prend pas !

Je reprends ici ma chronique qui a été publiée dans l'invité de la TDG du mercredi 20 août 2014

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14 août 2014

Tunnel de la Rade, analyse politique sommaire

Plage Cramer.jpgEn observant les différents camps en présence, je me suis interrogé sur l'absence des milieux économiques dans le débat. Et pourtant la mobilité est un des éléments centraux de l'économie.

Il ne faudra pas chercher trop loin. Nous assistons à la déliquescence du politique qui perd de plus en plus de crédibilité auprès de son électorat.

Le PLR en est ici un des exemples les plus frappants. On le sent nerveux, à s'agiter dans tous les sens pour tenter de retenir les dissidents tels que M. Barth, exécutif de Veyrier, fidèle aux principes de son groupe qui n'hésite pas à afficher son soutien au tunnel en rejoignant le comité du TCS ou M. Jeannerat, directeur de la CCIG qui s'exprimait dans Le Temps du 11 septembre 2013.

www.letemps.ch/Page/Uuid/80ab89a8-1aed-11e3-bf1a-fc6369dd209c/Les_milieux_économiques_plaident_pour_une_traversée_de_la_rade

et sur son blog : blog.ccig.ch/la-ccig-soutient-linitiative-pour-une-traversee-de-la-rade/

Les projets d'élargissement du pont du Mont-Blanc, ou plus récemment de la relance de la traversée du Lac, témoignent de cet égarement du PLR.

La droite se trouve coincée entre son besoin de réduire la dette et continuer à investir dans les infrastructures indispensables au bon développement économique de notre région. C'est ainsi que, disciplinés, en rangs serrés derrière les mots d'ordre du parti, les milieux économiques se taisent. Ils n'osent plus trop parler du Grand Genève, fond de commerce du MCG qui les déborde par la droite.

Et pourtant, le problème financier n'en est pas un. Monsieur Barthassat m'avouait l'autre jour que des investisseurs Quataris le suppliaient de pouvoir financer un ouvrage pour traverser le lac. Ils savent bien que le rendement serait assuré par un péage automatique au moyen de caméras et leur mise de fonds garantie par l'Etat.

Les arguments des opposants qui actionnent la fibre sociale des Genevois en prévoyant la réduction drastique des investissements pour la santé, l'éducation et les transports publics sont donc parfaitement infondés.

La gauche ne fait pas mieux. Fidèle à son crédo égalitaire elle prône le nivellement par le bas en entassant tout le monde dans des bétaillères odorantes et inconfortables en niant l'impossibilité matérielle pour de nombreux citoyens d'utiliser les transports publics. Notamment les personnes à mobilité réduite qu'en d'autres circonstances elle utilise comme fond de commerce.

Les Verts ne demandent pas moins que l'éradication de la voiture. Allez, tout le monde sur des vélos ! Ou à pied, ça vous fera les mollets. En parfaite incohérence, ils s'empêchent de voir leur rêve se réaliser puisque le tunnel est le seul moyen de vider le centre des véhicules motorisés parasitaires.

Bref, il ne faudra pas s'étonner que les vieilles recettes des partis ne fonctionnent plus. L'électorat ne s'y retrouve plus. Droite, gauche, ça ne veut plus rien dire. Et le MCG en profite largement en se profilant comme ni de droite, ni de gauche.

12:48 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique, rade, votations | Lien permanent | Commentaires (1)

11 août 2014

Traversée de la Rade : Stop à la mauvaise foi !

10_686_jjkphoto.jpgC’est parti. La mauvaise foi domine déjà dans les prises de position sur la traversée de la rade. L’Etat double les coûts sans expliquer pourquoi. Les opposants publient des chiffres totalement fantaisistes et, en plus, ils mentent sans vergogne en prétendant que le tunnel débouchera dans le parc de la Perle du Lac et dans celui des Eaux-Vives. Ils nous servent des photomontages dramatiques totalement déformés qui nous font croire à la disparition des parcs, voire de la Rade toute entière.
 
Il est urgent de rétablir la vérité. D’abord le texte est clair : il parle de l’Avenue de France, du Port Noir et de Malagnou. Aucun de ces trois lieux n’est un parc !
 
Tunnel quai Wilson.JPGEnsuite, les tunnels récemment construits à Vésenaz et Meyrin montrent bien comment un tunnel peut s’immiscer dans la rue existante avec discrétion, en laissant le trafic de proximité passer de part et d’autre sans que la voie n’ait besoin d’être élargie. Rien à voir avec ces bouches géantes et voraces que l’on nous montre.
 
Au contraire des photomontages horribles, les plans des différentes variantes d’accrochage en rives gauche et droite montrent des accès qui se fondent dans les axes existants, sans grignotage des parcelles qui les entourent. Sur la rive droite, l’entrée imaginée avec intelligence par le TCS sur la rue de Lausanne ferait de même et, en plus, délesterait sensiblement le carrefour rue de Lausanne et avenue de France qui est constamment encombré.
 
Nous avons tous besoin que la traversée de la rade se réalise, quel que soit notre moyen de transport. Ceci en fait un sujet sensible et explique que l’on découvre les pires horreurs dans la campagne qui se joue. Mais cela ne justifie pas de tels excès de mauvaise foi.

14 juin 2014

Merci Monsieur Barthassat

Wilsdorf04.JPGD'aucuns se sont moqués en son temps de ce paysan qui accédait à la fonction suprême dans notre canton.

Aujourd'hui ils pourront faire leur mea culpa et reconnaitre que les gens proches de la terre ont des vertus plutôt rares en politique. Le bon sens et le respect de la parole n'en sont que deux exemples qui prennent ici du relief.

Il est vrai que cette décision de rouvrir la rue de l'Ecole-de-Médecine dans les deux sens était plutôt facile puisque cette disposition faisait partie intégrante du "deal" avec la fondation Wilsdorf.

Mais il a fallut batailler. Contre l'intégrisme de la Ville d'abord, mais sans heurter de front son magistrat avec qui il faudra collaborer à long terme. Puis convaincre les diverses associations écologiques qui ne comprennent toujours pas que l'ennemi n'est pas la voiture qui reste incontournable, mais le bruit et la pollution. Or l'immobilisme induit par les mesures de découragement prônées par les deux précédents magistrats en charge de la mobilité ont sérieusement péjoré ces données.

J'espère maintenant que ce premier geste concret sera suivi de bien d'autres. Notamment la suppression de tous les obstacles artificiels destinés à décourager les automobilistes. Je reste prudent sur le quai Gustave Ador, car, contrairement à vous Monsieur Barthassat, je crois encore à la sagesse populaire qui devrait valider la traversée de la rade. Si, comme je l'espère, ce projet passera la rampe il sera temps de le compléter par une plage digne de ce nom et une circulation en adéquation avec cette redéfinition profonde du quartier.

11 juin 2014

Traversée de la rade et politique politicienne

Pont 4.5Mo.jpgEn 1996, la raison du refus des Genevois pour traverser la rade n'a pas été la division entre pont et tunnel, mais plutôt la question financière.

En effet, la situation économique s'était radicalement détériorée depuis le plébiscite pour cet ouvrage en 1988. L'impôt sur les véhicules à moteur en a découragé plus d'un.

Aujourd'hui nous risquons de revivre un scénario similaire vu l'état des finances de notre canton. Mais ce serait un très mauvais calcul car la mobilité est une condition première du développement économique.

Et cette fois le joug est tombé. Berne n'a pas inscrit la traversée du lac dans le budget 2030. Il y a le feu au lac. Il est parfaitement impensable de ne rien faire avant 2040, voire 2050.

Seulement voilà... Les partis se sont déjà prononcés pour la grande traversée à une large majorité. Ainsi que le ministre en charge des transports, Monsieur Barthassat.

On apprend que le PLR se déchire sur la question. Les motifs sont peu louables; Ne pas laisser le terrain des pro-voitures à l'UDC, ne pas retourner sa veste et soutenir l'UDC, ne pas désavouer le président PLR de la commission des transports qui n'a pas anticipé le refus de Berne, etc...

De plus en plus, les décisions du parlement font l'objet de marchandages et d'alliances qui ne servent qu'a engranger des victoires politiques à mille lieues des préoccupations des Genevois.

Espérons que, cette fois, les citoyens sanctionneront cette politique politicienne méprisante et valideront enfin cette traversée incontournable.

03 février 2014

Parking de la clé de Rive

Je publie ici ma dernière chronique mobilité publiée dans la TDG de ce jour


Traverser la rade : La clé de l'ouverture

Si le projet de réaménagement du centre peut se faire tel qu'il nous est présenté dans la tribune de Genève du 23 janvier alors c'est que nos élus auront fait un pas de géant.

Tout devient possible et je résiste pas à  vous communiquer mon enthousiasme.

Plus de 15 ans de bisbilles entre la Ville et le Canton, entre les pro et anti-voitures qui, comme par miracle, semblent ne jamais avoir existé.

C'est toute une mentalité qui change dans chaque camp. Et tout le monde gagne.

Enfin nous allons pouvoir flâner dans un centre complètement dégagé des véhicules individuels motorisés, pour le plus grand plaisir des citoyens, des visiteurs et des commerçants.

Si cette sagesse subite devait persister, alors nos représentants n'ont plus qu'à faire le pas suivant qui s'impose : la traversée de la rade.

C'est alors que nous pourrons enfin dédier l'entier du noyau urbain à la mobilité douce tout en favorisant la fluidité des transports, toutes catégories confondues.

Il sera bien assez tôt pour engager les travaux de la traversée autoroutière du lac, dédiée au transit international, lorsque nous aurons convaincu la Confédération de la nécessité de l'inscrire au budget.

 

11:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Humeur, Mobilité, Politique, rade | Lien permanent | Commentaires (2)

31 janvier 2014

Traversée du lac indispensable, mais pour qui ?

pont-juscelino-kubitschek-1078202.jpgLa chronique mobilité de ce jour, rédigée par Natalie Hardyn, présidente du Groupe Transport et Economie (GTE) suggère dans son titre que la traversée autoroutière du lac est indispensable.

Pourtant, le corps de son texte semble bien plus prudent, voire même contradictoire lorsqu'il s'agit de parler de financement.

En effet, Mme Hardyn suggère que dépenser un milliard pour les Genevois avec une traversée de la rade telle que proposée par l'initiative 152 risquerait d'hypothéquer d'autres investissements d'importance. Elle nous encourage donc à étudier le "contre-projet" de la commission des transports qui propose de financer une traversée autoroutière du lac qui, elle, devrait coûter environ 4 fois plus. Cherchez l'erreur !

Mais surtout ce que ne semble pas réaliser le GTE, c'est que cette traversée autoroutière n'est nullement un contre-projet puisqu'elle sera essentiellement dédiée au trafic international de transit.

Les projections et autres simulations feraient état d'une augmentation significative de la circulation sur certains axes liés à la traversée de la rade. C'est évidemment le but recherché puisque nous pourrons enfin dédier le centre à la mobilité douce et le pont du Mont-Blanc aux transports publics.

Ne nous y trompons pas. La traversée de la rade est non seulement nécessaire, mais vitale si nous tenons compte des projections à l'horizon 2030 avec 30 % de véhicules individuels motorisés supplémentaires. Nous avons déjà atteint la saturation, voulons-nous la paralysie ?

Je m'interroge sur les objectifs du GTE et comprends bien la prudence dont fait preuve Mme Hardyn. Mais alors, n'aurait-elle pas dû plutôt s'abstenir et commencer par consulter ses membres. Car je doute sérieusement qu'ils valident sa prise de position évasive.

09 janvier 2014

Pont ou tunnel, rade ou lac ?

IMG_1913a.jpgGrâce à l'initiative du nouveau président de la commission des transports Daniel Zaugg, dont il semble fier, nous allons  vraisemblablement revivre le drame de 1996 lorsque les genevois ont invalidé leur acceptation du principe d'une traversée de la rade pour une simple question logistique.

Il faut savoir que le parlement a finalement accepté d'entrer en matière sur l'initiative 152 de l'UDC mais les pieds au mur. Le front s'organise donc pour torpiller la traversée de la rade, comme à peu près tout ce qui émane de l'UDC qui semble incarner le diable dans notre canton.

Les conséquences seront évidemment désastreuses. Le doute s'infiltrera dans les consciences et le résultat forcément mitigé permettra à Berne de repousser au calendes grecques le budget pour la traversée autoroutière du lac.

Si cette dernière est évidemment très importante pour faciliter le transit international, le tunnel sous la rade est pareillement incontournable pour les citoyens (contribuables) genevois qui n'en peuvent plus des conséquences désastreuses de la politique de dissuasion à l'encontre des transports individuels motorisés mise en place depuis une quinzaine d'années.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le relever à plusieurs reprises dans de précédents billets, je rappelle que, selon les projections du rapport Mobilités 2030, nous devrons faire avec 30 % de véhicules privés supplémentaires à l'horizon évoqué. Les transports publics sont déjà saturés aux heures de pointe et le réseau ne peut plus être développé au centre.

L'évocation par les Verts des raisons de santé et de qualité de vie sont bientôt obsolètes puisque le développement de véhicules non polluants est devenu spectaculaire. A tel point que nous ne trouvons plus les sources de financement pour le rail qui étaient prélevées sur la vente des huiles minérales.

Mais surtout, on semble oublier que toutes nos activités quotidiennes dépendent de la mobilité. Tout ce que nous consommons doit parvenir sur les rayons des commerces. La plupart des corps de métier impliquent l'utilisation de véhicules de livraison ou de transport d'outillage et autre matériel d'intervention.

Les raisons de ce positionnement politique sont vraisemblablement à chercher dans le manque de ressources. Mais alors qu'on soit conséquent et qu'on envoie ce dossier à la commission des finances. Car le budget nécessaire à une traversée autoroutière assumée par le canton sera au bas mot quatre fois plus important et le partenariat public-privé ne trouvera les faveurs d'investisseurs qu'avec garantie de rendement conséquent.

07:56 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)