01 septembre 2016

Je te tiens, tu me tiens...

ob_20bd28_je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette.jpgPlus j'étudie les causes des divers évènements qui secouent la planète depuis que je suis en âge de raisonner, plus j'en viens à me dire que nous nous sommes faits avoir à notre propre jeu.

Plus jeune, je naviguais à contre-courant et fustigeais cette gauche planquée qui voulait infliger des leçons à tous en imposant la solidarité.

Encore récemment, lors de ma campagne pour le CE, je me plaçais à la droite libertaire et humaniste, encore un peu naïf sur les vertus des lois du marché embrassées par tous, gauche comprise depuis Tony Blair.

Et puis j'ai compris un principe. On ne fera rien sans l'assentiment général. On ne pourra pas imposer la solidarité car les nantis trouveront toutes les parades pour échapper aux ponctions comme on le voit aujourd'hui avec les grands groupes transnationaux qui ne paient pratiquement pas d'impôts. On ne pourra pas non plus stopper la fuite en avant vers le profit en tentant de diaboliser des groupes comme Monsanto et certainement pas sur la base des allégations d'autres groupes comme Greenpeace qui n'osent tout simplement pas parler du problème majeur des émanations de méthane par l'élevage intensif des bovins car ils perdraient trop d'adhérents et donc de cotisants qui ne sont pas prêts à revoir leur diététique.

Il va donc falloir la jouer plus fin. Je viens de tomber sur un bon exemple avec Jerry Hayes dans son combat pour sauver les abeilles. https://plus.google.com/+PierreJennihey-taxi

De même pour les questions climatiques. Ce n'est que lorsqu'on a compris que les énergies renouvelables étaient profitables que des entreprises se sont lancées dans ce créneau.

En revanche, tel un contre-exemple, certains se battent encore pour garder leurs acquis, sauver les meubles dans un monde en profonde mutation en s'opposant à toute mesure qui permettrait d'accélérer les prises de conscience. Ainsi, dans son dernier billet, Fabienne Gautier dénonce une initiative des Verts non pas sur le fond mais sur les conséquences immédiates et prévisibles.

De même en ce qui concerne le très long travail de dépénalisation de la consommation des drogues dont les diverses politiques répressives ont démontré leurs limites. Personne ne veut être le premier à se lancer de crainte de devenir un havre pour les toxicomanes et autres délinquants. Aux USA, malgré l'interdiction au niveau fédéral, plusieurs Etats ont compris que l'affaire était non seulement plus efficace en termes de santé publique, mais aussi lucrative et bienvenue pour remplir les caisses de l'Etat.

Le débat d'hier soir sur infrarouge au sujet de l'AVS est aussi révélateur. L'argument du Conseil Fédéral pour s'opposer à l'augmentation des rentes est uniquement financier. Il n'y aurait pas l'argent. Voilà qui peut sembler étonnant dans un pays qui caracole en tête de tous les hit-parades. La raison est assez simple à comprendre. Les questions financières ne se gèrent plus au niveau local. Tout le monde se tient par la barbichette et personne n'a envie de rire en premier. Celui qui se risquerait à taxer les transactions financières subirait immédiatement une importante hémorragie des plus grands contributeurs, sociétés transnationales opportunistes et volages, très flexibles, provoquant un tsunami par seppuku.

Et pourtant, un prélèvement d'un petit pourcent permettrait non seulement au monde entier de vivre à sa faim, mais règlerait immédiatement toutes les questions des assurances sociales, ce serpent de mer qui tente vainement de trouver des remèdes à l'arrivée des baby boomers à la retraite par des bricolages improbables. Le revenu de base inconditionnel s'imposera de lui-même lorsque nous auront tout essayé, vainement. Mais ici aussi, qui va se lancer le premier ? En tous cas pas les Suisses qui se sont d'ores et déjà prononcés massivement contre cette idée et qui ne sont pas connus pour leur témérité.

D'aucuns rêvent d'une instance supranationale qui imposerait ce régime unilatéralement. C'est mal connaître l'humain et faire preuve d'une cécité coupable devant les innombrables exemples de l'Histoire. Il faudra pourtant trouver le chemin ensemble et vite si nous ne voulons pas vivre un nouveau bain de sang provoqué par la révolte du plus grand nombre matée par la petite minorité aux commandes des pouvoirs et des forces. Le soulèvement est programmé, les miettes lâchées ne suffiront plus à calmer la masse exploitée.

06 avril 2016

Démantèlement des centrales nucléaires, la dure réalité des chiffres.

148761-7829eab0d50b895f7c880f57e35ed8e6.jpgC'est une véritable cacophonie. Dans le désordre, on entend tout et son contraire.

Ainsi, selon la directrice des Forces motrices bernoises (BKW), Mme Thomas, tout est sous contrôle. Et même si le rendement actuel ne permettra pas de couvrir les coûts du démantèlement de la plus vieille centrale de Suisse, sa société provisionne depuis plus de 40 ans.

Son contradicteur à Forum hier, Florian Kasser de Greenpeace suggère au contraire un malaise puisque BKW vient de décider d'allouer 15% de son budget à la progression de ces coûts.

Les parlementaires, qui portent une lourde responsabilité dans les choix de ces dix dernières années puisque les sociétés actives dans l'énergie sont essentiellement en mains publiques, s'écharpent et invoquent nombre d'excuses pour éviter leur remise en question. Ils prient pour une hausse des prix du courant qui viendrait encore plomber la reprise économique.

En décembre 2008, dans l'euphorie de la création d'Alpiq, détenue majoritairement par les services publics romands, EOS Holding distribuait gracieusement de substantiels dividendes à ses actionnaires.

En mai 2011, le Conseil fédéral a décidé d'engager le pays sur la voie de la sortie du nucléaire, à l'échéance de 2034. C'est donc sans surprise que l'Office fédéral de l'énergie annonçait fin 2012 l'explosion des frais liés au démantèlement.

Le 5 septembre 2013, le député Pierre Amstutz déposait une interpellation urgente au Conseil exécutif du canton de Berne pour s'assurer que les fonds étaient disponibles.

La suite, il ne faut pas être grand devin pour la projeter. La responsabilité solidaire des gérants de nos quatre centrales nucléaires de Mühleberg, Beznau, Gösgen et Leibstadt est une foutaise puisque ces sociétés sont proches de la faillite. C'est donc bien la Confédération, et donc chaque citoyen de ce pays, qui devra passer à la caisse.

Et dire qu'on entend encore des députés défendre la production d'électricité par le nucléaire. Et que penser de la mise en vente de ce joyau durable qu'est la Grande-Dixence ? Y a-t-il un capitaine sur le navire ?

26 février 2016

economiesuisse, bonjour la transparence !

topelement.jpgLe 21 septembre 2015, economiesuisse a publié son rapport sur les accords transatlantiques en négociation entre l'UE et les USA. Au bas du document se trouvent deux liens de contact "pour toute question".

J'ai donc envoyé un mail le 20 novembre 2015 à Monsieur Carlo Lagana dans lequel je lui pose les questions suivantes :

- Comment voulez-vous que des exploitations agricoles de la taille de celles que nous pouvons envisager en Suisse puissent régater avec les mégastructures des concurrents ?
- Pourquoi peignez-vous le diable sur la muraille dans le domaine de l'horlogerie et comment expliquer que vous ne mentionnez pas la venue des montres intelligentes ?
- Comment se fait-il que vous ne mentionnez pas les sujets qui fâchent comme celui prévu par l'accord sur l'impossibilité de re-nationaliser un service qui aurait été libéralisé ?

Sans réponse, je le relance le 25 décembre 2015 et reçois cette fois une réponse automatique d'absence du bureau jusqu'au 4 janvier. Date à laquelle Monsieur Lagana m'explique que "Pour des raisons inconnues, votre premier courriel ne m’était pas parvenu. Navré. J’y donnerai suite cette semaine."

Toujours sans suite, je relance Monsieur Lagana le 18 janvier, puis le 23 février...

Bref, je suggère qu'economiesuisse efface les liens de contact proposés à la fin de son rapport car on pourrait penser que certains sujets fâchent ou qu'ils ne méritent que mépris.

 

 

 

11:06 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, écologie, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (19)

26 octobre 2015

Un péage urbain à Genève

090930190457.jpgC'est l'idée que promeut Thomas Wenger qui se base sur l'expérience londonienne pour, non pas fluidifier le trafic, mais remplir les caisses de l'Etat et développer les transports publics.

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04 août 2015

Les cyclistes romands boudent l'offre publibike

topelement.jpgOn apprend ce jour dans la Tdg que les offres de vélos publics ne rencontrent pas la demande espérée dans de nombreuses villes. Dans toutes en fait, excepté un petit bout de Lausanne pour les raisons qu'on sait.

Voici l'exemple type de bonnes intentions qui se transforment en dictature. Pour promouvoir la mobilité douce, les milieux de gauche boufffent à tous les râteliers et n'hésitent pas à nous proposer des  services dont nous n'avons rien à faire.

Si encore ces services étaient simples d'accès, on pourrait imaginer une utilisation ponctuelle, mais elle sera horriblement coûteuse. Un luxe de nantis.

Je suis très enthousiaste sur les nouvelles tendances de partage. C'est vrai quoi, pourquoi être absolument propriétaire de son aile delta, des ses bouteilles de plongée, de son VTT et de ses skis ?

Mais aujourd'hui, sur Ricardo.ch, j'ai trouvé une bête urbaine. Un vario allpass à 400.- au lieu de 1400.- Et on voudrait que je loue un de ces rafiots qui pèse des tonnes et qui grince chaque fois que je freine ?

Ok, je me le ferai piquer dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j'en trouverai un autre.

Par ces quelques lignes d'humeur, je rends hommage à Pierre Weiss, qui a eu la sagesse de temporiser sur le dossier du vélib genevois. C'est dans ces petits riens qu'on réalise le bon sens premier des grands.

24 juillet 2015

TISA, TTIP, la gauche tient son os

2257925266.jpgMon aventure un peu utopique de candidat indépendant au CE en 2013 reposait sur un constat assez largement partagé de l'effacement des distinctions entre gauches et droites et l'espoir un peu prématuré d'une participation plus large des jeunes, qui ne se retrouvent dans aucun parti, grâce aux outils numériques.

Dans mon site de campagne, je me définissais comme un libertaire à la suisse, donc raisonnable, et suggérait un Etat plus maigre qui se concentre sur ses tâches régaliennes en laissant au privé les autres qui ne nécessitent pas de protections particulières, favorisant une saine concurrence.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop. Si je reste convaincu que l'éducation, la responsabilisation personnelle et le développement de la conscience individuelle sont des vertus cardinales dans l'évolution de nos sociétés, j'observe que les dérives du libéralisme prennent des proportions encore jamais atteintes et les écarts se creusent dangereusement accentuant les travers d'une société à deux vitesses qui ne projette rien de bon pour l'humanité.

En poussant la logique de la concurrence et de la compétition jusqu'au bout, non seulement nous nions le caractère limité de notre environnement, la Terre, et de ses ressources, mais nous encourageons tous les travers collatéraux des systèmes hiérarchiques et l'exploitation des plus démunis par les plus idiots.

Tout s'accélère et la machine risque bien de s'emballer. En sport, pour satisfaire la demande insatiable de records, plus aucun athlète ne peux espérer régater sans prendre de substances. Dans les domaines de la distribution, les grands groupes technologiques comme Amazon ont détruit des pans entiers de l'économie pour offrir des biens à prix presque coûtant. Dans celui des services, Uber n'est que le début d'une aventure qui ne fâche aujourd'hui que les taxis. Demain, lorsque les avocats genevois se verront concurrencer par les services juridiques en ligne qui cassent les prix sans suivre les règles auxquelles sont soumis les concurrents traditionnels, nous verrons peut-être enfin les autorités se réveiller. Eh oui, les avocats sont nombreux à siéger dans les délibératifs, tant à droite qu'à gauche.

Alors oui, la gauche, qui a perdu son âme en rejoignant la logique du marché depuis Blair et qui peine à garder son poids gouvernemental, risque bien de tenir là son os et retrouver les faveurs d'un public beaucoup plus large. Mais fera-t-elle son come-back à temps ou devrons-nous passer par le pire avant de réaliser où nous mène la logique libérale qui, paradoxalement, favorise la création de nouveaux monopoles privés sans garde-fou puisque les instances de surveillance valident à tour de bras les fusions.

La question fondamentale revient à chacun. Pourquoi voulons-nous tout, tout de suite et si possible gratuitement ? Comment se fait-il que nous ne soyons pas conscient du prix réel à payer au final ? Et si, comme le prédit Jeremy Rifkin, nous nous dirigeons vers une ère d'abondance, comment justifier une telle répartition des biens et des moyens d'accès à ces biens lorsqu'une grande partie de l'humanité travaille comme des machines, pour le moment moins chères que les robots, pour engraisser une petite minorité insatiable ?

 

14 juin 2014

Merci Monsieur Barthassat

Wilsdorf04.JPGD'aucuns se sont moqués en son temps de ce paysan qui accédait à la fonction suprême dans notre canton.

Aujourd'hui ils pourront faire leur mea culpa et reconnaitre que les gens proches de la terre ont des vertus plutôt rares en politique. Le bon sens et le respect de la parole n'en sont que deux exemples qui prennent ici du relief.

Il est vrai que cette décision de rouvrir la rue de l'Ecole-de-Médecine dans les deux sens était plutôt facile puisque cette disposition faisait partie intégrante du "deal" avec la fondation Wilsdorf.

Mais il a fallut batailler. Contre l'intégrisme de la Ville d'abord, mais sans heurter de front son magistrat avec qui il faudra collaborer à long terme. Puis convaincre les diverses associations écologiques qui ne comprennent toujours pas que l'ennemi n'est pas la voiture qui reste incontournable, mais le bruit et la pollution. Or l'immobilisme induit par les mesures de découragement prônées par les deux précédents magistrats en charge de la mobilité ont sérieusement péjoré ces données.

J'espère maintenant que ce premier geste concret sera suivi de bien d'autres. Notamment la suppression de tous les obstacles artificiels destinés à décourager les automobilistes. Je reste prudent sur le quai Gustave Ador, car, contrairement à vous Monsieur Barthassat, je crois encore à la sagesse populaire qui devrait valider la traversée de la rade. Si, comme je l'espère, ce projet passera la rampe il sera temps de le compléter par une plage digne de ce nom et une circulation en adéquation avec cette redéfinition profonde du quartier.

07 février 2014

Proprios écolos à Zürich

En perte de vitesse un peu partout, les Verts, en désespoir de cause, deviennent les nouveaux dictateurs de la bonne parole.

Si je m'en réfère à l'article de la Tdg de ce jour, les écolos veulent imposer des standards très contraignants en matière de normes énergétiques aux propriétaires immobiliers des communes zurichoises.

Selon eux, si nous ne faisons rien, il ne se passera rien. Et nous n'atteindrons pas le but d'une société à 2000 watts.

Ces mesures coercitives sont donc prises pour faire le bien des propriétaires malgré eux puisque les investissements consentis devraient être rentables à moyen et long terme.

Je m'étonne que les milieux de l'immobilier n'aient pas fait leurs calculs. Mais surtout j'observe que, chaque fois que l'Etat intervient pour contraindre, les victimes de ces mesures réagissent de manière presque épidermique et trouvent toutes sortes d'esquives qui alourdissent d'autant les services de l'Etat que ce soit par les recours ou les contrôles.

Nous devrions avoir appris que les meilleurs résultats s'obtiennent par l'incitation, la coopération, la communication. A Genève, nous avons une école à la pointe, L'IHEID, avec son nouveau bâtiment du Graduate Institute, où l'on enseigne l'art de la négociation, de la coopération en amont des conflits, de la diplomatie pour étouffer dans l'oeuf les foyers brûlants. Ne pourrions-nous pas nous inspirer de ce que nous professons au monde entier ?

"On enseigne le mieux ce qu'on a le plus besoin d'apprendre" Richard Bach, Le messie récalcitrant 1977.

17:44 Écrit par Pierre JENNI dans écologie, immobilier, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (11)