10 octobre 2016

Genève, ville de paix ?

topelement.jpgNous apprenons à l'instant dans notre journal local que l'initiative pour des multinationales responsables a été déposée à la chancellerie avec 120'000 signatures validées. Le souverain aura donc son mot à dire.

Les premiers commentaires des lecteurs relèvent, à raison, le caractère très risqué de cette mesure dans notre constitution. Nous pourrions payer cher notre besoin de vertu et notre souci de bonne conscience.

Car ailleurs dans le monde, on ne s'encombre pas de ce genre de préoccupation et nombreux seront les Etats qui se réjouiront d'un vote positif pour récupérer cette manne.

Seulement voilà, Genève est à la fois le siège des conventions des droits de l'homme et le centre névralgique, avec Zoug, des plus grands groupes transnationaux pour l'Europe. Une schizophrénie qu'elle a su gérer jusqu'à aujourd'hui sans trop de remous.

Mais cette fois il faudra décider de quel bord nous voulons nous placer car nous ne pourrons pas défendre indéfiniment tout et son contraire sous prétexte d'être neutres.  Car violer systématiquement les droits que nous avons permis de valider risque bien de nous péter à la figure comme lors des dernières crises qui ont agité notre pays sur les questions des fonds en déshérence et sur nos activités bancaires de blanchiment ou de fraude fiscale dont on a pu mesurer les conséquences.

Le pragmatisme a aussi ses limites et il fleure ici un réalisme opportuniste et mesquin qui consiste à dire que si nous ne le faisons pas, d'autres en profiteront. C'est petit et surtout c'est extrêmement dangereux. Car c'est toute l'aura de notre pays qui risque de payer le prix fort de son incohérence.

Je fais donc le voeux que nos concitoyens valideront ce dispositif plein de bon sens qui nous permettra de continuer à oeuvrer pour la paix dans le monde, en toute impartialité.  Car, au final, ces multinationales devront bien se résoudre à redorer leur blason si elles veulent rester compétitives dans un monde de plus en plus exigeant et qui fait la part belle à ceux qui montrent patte blanche. Nous les accueillerons à bras ouverts.

 

12 mai 2016

Traverser le lac de Genève. A quel prix et pour qui ?

ob_5e3fdd_img-6730-1280x768.JPGJe ne voulais pas, mais je me sens obligé.

La traversée de la Rade était mon cheval de bataille dans ma candidature au CE en 2013.

Le 5 juin nous devrons nous prononcer sur la variante PLR d'une traversée autoroutière du lac, dans la logique qui explique le manque de soutien de la droite au projet de l'UDC.

C'est donc pour des bagarres de politique politicienne que les électeurs sont pris en otage pour se prononcer sur une variante qui ne règlera rien à nos problèmes de mobilité dans le canton.

Aucun automobiliste sensé ne fera le détour par la Pallanterie et le Vengeron pour passer d'une rive à l'autre. Cette traversée ne concerne donc que les quelques rares automobilistes privilégiés qui habitent entre Vésenaz et Hermance, ou les frontaliers du secteur, et le trafic international de transit, pour autant qu'ils estiment que le montant du péage en vaille la peine.

Ainsi, nous nous apprêtons à valider un principe à plusieurs milliards alors que nous dépensons déjà presque un million par jour pour couvrir les intérêts d'une dette non maîtrisée qui risque bien de mettre l'Etat de Genève en faillite lorsque les taux d'intérêts reprendront un cours normal.

Je suis un défenseur des libertés et je soutiens la mobilité individuelle qui devient de moins en moins polluante et qui reste beaucoup plus économique que toutes les alternatives proposées à ce jour.  Mais je ne peux cautionner l'autisme de nos autorités exécutives qui font l'impasse sur des alternatives autrement plus efficaces comme le projet Weibel, Genève, route et rail. http://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2014/05/15/geneve-rou...

Mais au final, je me marre sous cape. Comme d'hab' on brasse de l'air. Et lorsque viendront les véritables décisions, tout sera balayé comme c'est le cas depuis plus de 100 ans.

Pascal Hollenweg nous décrit le scénario avec son humour pince-sans-rire qui me régale. http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2016/05/12/trave...

 

12 avril 2016

20.- la pipe

prostitution.jpgMalgré plus de quinze années d'échec avéré de la politique de criminalisation des clients de la prostitution en Suède, les Français ont à leur tour décidé de faire le bien des gens malgré eux.

Ce ne sont pourtant pas les rapports qui manquent. Notamment celui de l'expérience inverse de la Nouvelle Zélande qui confirme les effets encourageants de la dépénalisation du sexe.

Une des premières conséquences pour Genève, c'est un afflux massif des professionnelles du sexe qui, non seulement font pression artificielle sur les tarifs, mais aussi sur les pratiques à risque. Comme vérifié en Suède, la pénalisation oblige les acteurs à se cacher et à fonctionner sans les protections de base.

Indépendamment de ces diverses expériences, on devrait s'interroger sur cette tendance qu'a l'homme à vouloir contrôler la nature au sens large, et la sienne, du moins son caractère animal. Et on devrait aussi objectivement observer ce qui se passe dans nos vies de tous les jours.

Un ami me confiait récemment que ses potes ne s'encombraient pas de maitresses et des galères inhérentes à ces infidélités qui mettaient leur couple en péril. Ils recourent donc, pour la plupart, à des services tarifés, soit sous forme de massages augmentés ou autres petites attentions qui méritent récompense. Car il faut bien le reconnaitre, à partir d'un certain âge et d'un certain nombre d'années de vie conjugale, le désir mutuel s'estompe mais la bête reste vivante. La chimie permet d'ailleurs de prolonger cette force vitale qui participe à une des activités les plus jouissives sur cette Terre.

Je ne me prononcerai pas sur la position des femmes dans cette affaire, incapable que je suis de me mettre à leur place. Mais je m'insurge contre les bien-pensants qui se sentent obligés de décider pour les autres en augmentant considérablement les effets pervers et les risques des femmes qui ont choisi de pratiquer ce métier qui, rappelons-le, reste le plus vieux métier du monde. Mais lorsqu'on écoute les principales concernées, elles rejettent à 98% ces lois liberticides qui ratent leur cible.

07 décembre 2015

Compromis historique sur la mobilité à Genève

-1.jpgLa guerre des transports dans notre canton est alimentée par des visions antagonistes qui sont toutes valables, ou le seront un jour.
Ainsi les Verts ont une position visionnaire qui prendra vraisemblablement place dans les décennies à venir car les centres urbains vont continuer à se développer et le trafic individuel motorisé (TIM) ne pourra plus être autorisé dans les hyper-centres. Et les citoyens réclament à juste titre une amélioration des conditions de vie dans les villes.
Les milieux économiques et professionnels sont plus pragmatiques. Ils ne contestent pas la tendance générale, mais insistent sur le calendrier des mesures à prendre pour permettre cette mutation.
C'est la raison principale de la remise en question du compromis atteint par la sous-commission des transports.
En clair, AVANT de consentir à la priorisation des transports publics au centre ainsi que toutes les propositions qui visent à vider le centre des TIM il s'agit de réaliser ce qui suit.
Au lieu d'imposer une vision, on crée les conditions pour qu'elle devienne une évidence incontournable. Juste l'inverse de la politique de dissuasion de ces 15 dernières années.

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26 octobre 2015

Un péage urbain à Genève

090930190457.jpgC'est l'idée que promeut Thomas Wenger qui se base sur l'expérience londonienne pour, non pas fluidifier le trafic, mais remplir les caisses de l'Etat et développer les transports publics.

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04 août 2015

Les cyclistes romands boudent l'offre publibike

topelement.jpgOn apprend ce jour dans la Tdg que les offres de vélos publics ne rencontrent pas la demande espérée dans de nombreuses villes. Dans toutes en fait, excepté un petit bout de Lausanne pour les raisons qu'on sait.

Voici l'exemple type de bonnes intentions qui se transforment en dictature. Pour promouvoir la mobilité douce, les milieux de gauche boufffent à tous les râteliers et n'hésitent pas à nous proposer des  services dont nous n'avons rien à faire.

Si encore ces services étaient simples d'accès, on pourrait imaginer une utilisation ponctuelle, mais elle sera horriblement coûteuse. Un luxe de nantis.

Je suis très enthousiaste sur les nouvelles tendances de partage. C'est vrai quoi, pourquoi être absolument propriétaire de son aile delta, des ses bouteilles de plongée, de son VTT et de ses skis ?

Mais aujourd'hui, sur Ricardo.ch, j'ai trouvé une bête urbaine. Un vario allpass à 400.- au lieu de 1400.- Et on voudrait que je loue un de ces rafiots qui pèse des tonnes et qui grince chaque fois que je freine ?

Ok, je me le ferai piquer dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j'en trouverai un autre.

Par ces quelques lignes d'humeur, je rends hommage à Pierre Weiss, qui a eu la sagesse de temporiser sur le dossier du vélib genevois. C'est dans ces petits riens qu'on réalise le bon sens premier des grands.

29 juillet 2015

Téléphérique du Salève

Vlift1932adom.jpgendredi dernier j'ai emmené une amie sur le Salève pour lui montrer la taille de notre ville. Je me réjouissais de remonter dans le téléphérique pour la deuxième fois de ma vie, la première c'était quand j'étais gamin.

J'étais curieux aussi de voir l'évolution de la structure qui a profité de plusieurs liftings et d'un matraquage publicitaire conséquent pour que l'exploitation soit rentable et qu'on évite ainsi de puiser dans les fonds publics pour l'entretien.

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11:33 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

16 avril 2015

Spéculation sur les denrées alimentaires

images.jpgLa Jeunesse Socialiste suisse lance une initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires qui crispe les milieux économiques et leurs relais politiques.

Le sujet est relativement complexe et la Suisse joue dans le top trois mondial du négoce des matières premières. La concurrence est rude et le libéralisme qui prévaut dans ce secteur oblige chaque candidat à faire des concessions limite.

Les jeunes socialistes suggèrent que la Suisse aurait intérêt à se profiler sur son segment de prédilection, soit l'anticipation des conflits, la concertation entre les parties, sur un terrain neutre. Proactifs, ils suggèrent d'éviter le prochain scandale dans la foulée du secret bancaire et avant, celui des fonds en déshérence.

L'émission de certificats qui garantiraient le caractère éthique des transactions et donc l'absence de spéculation,  me semble une mesure de transparence qui donne le choix au consommateur, à l'investisseur. Comme pour les labels de fair trade de Max Havelar.

La Déclaration de Berne reste très active sur ce dossier et ne lâche pas sa pression sur le Conseil fédéral. Les récents investissements consentis pour la Genève internationale semblent suggérer que cette voie révolutionnaire n'est pas écartée. Mais nos autorités restent timides. Il manque une MCR au CF.

13:44 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

04 février 2015

Limites de la démocratie parlementaire

topelement.jpgBertrand Buchs est amer. Le député PDC s'interroge sur la nécessité de cette nouvelle Chambre constitutionnelle de la cour de Justice qui vient de gifler le parlement dans un arrêt de 43 pages qui annule la loi sur les taxis votée le 27 mars 2014. Il faut dire que nos députés avaient fait fort en votant une loi en urgence pour contourner les dispositions et autres lois fédérales et cantonales.

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14:58 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

08 décembre 2014

Conditions de détention, le Club Med ?

Je me suis déjà offusqué le jour où nous avons appris que les détenus méritaient des compensations parce que la loi prévoit quatre mètres carrés et non pas 3,89 et donc que les détenus devaient être indemnisés.

trois-detenus-envoient-deux-videos-menacantes.jpgA l'époque, sur mon site de candidature, je proposais d'attribuer ces montants compensatoires aux victimes des crimes commis par le détenu souvent insolvable. Je demandais à nos représentants au parlement fédéral de faire preuve d'imagination. http://www.pierrejenni.ch/blog/59-indemniser-les-detenus

La question revenant sur le devant de la scène avec une occupation qui dépasse le triple du "légalement correct", nous assistons à la montée en puissance d'une indignation populaire parfaitement légitime.

La réponse de nos institutions, qu'elles soient politiques ou juridiques, est déplacée. Elle fait le lit des populismes qui surfent sur ces maladresses. Il suffit de quelques clics pour vérifier que les conditions de détention dans notre pays s'apparentent tout simplement à des vacances au club Med. Nourri, blanchi, logé avec TV et formation pour ceux qui le désirent.

L'évolution de nos sociétés devant l'échec du tout répressif, se traduit par un sentiment de culpabilité et d'auto-flagellation expiatoire qui fait la part belle aux malins. Par notre angélisme, nous encourageons le crime.

J'en viens à me demander si nous ne vivons pas sur une île déconnectée des réalités du monde et que notre indignation devant l'horreur des comportements humains ne nous mène au ramollissement intellectuel qui risque bien de nous être fatal. A tel point qu'on en viendrait presque à réclamer une petite guerre pour réveiller nos citoyens bien pensants qui semblent oublier l'Histoire et projettent leur vision paradisiaque d'un Sonderfall onirique.

16:26 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (15)