11 mai 2017

Apologie de la guerre

maxresdefault.jpg"La paix soit avec vous !". Cette formule de salutation, parmi les plus répandues dans toutes les langues, aurait-elle encore un sens si, sur notre Terre, pouvait régner une paix universelle capable de nous faire perdre jusqu'au souvenir de la notion de guerre ?

Qu'est-ce que la paix ? Se conçoit-elle autrement que par l'absence de tout conflit ? La paix, prise dans son sens absolu, n'est-elle pas un état statique, une immobilité totale par l'exclusion de toute lutte, de tout changement en devenir, de quelque progrès que ce soit ?

En somme, la paix des morts ! Morts à la guerre ou morts… à la fin d'une longue lutte pour l'existence ! Qu'est-ce que cela change ? Tous ne se sont-ils pas battus, d'une manière ou d'une autre ? À présent nous croyons qu'ils ont la paix; du moins le souhaitons nous.

Réhabiliter la guerre. Quel singulier défi. Et pourtant tout le monde fait la guerre avec la meilleure conscience du monde. Guerre à la guerre clament les pacifistes. Les ingrats ! À qui doivent-ils donc le sens qu'ils peuvent donner à… leur combat pour la paix ?

Faisons donc un peu la paix… avec la guerre, en lui rendant justice et en lui témoignant un peu de la reconnaissance que nous lui devons.

Merci, donc, à la guerre pour tout ce qu'elle nous a apporté de positif; pour tout ce qu'elle nous apporte encore; pour ce qu'elle nous apportera demain.

Merci pour l'Iliade et pour l'Odyssée, pour Roland de Roncevaux et toute la littérature épique. Merci à Napoléon premier pour "l'Aiglon" d'Edmond Rostand. Pour le sucre de betteraves et tant de progrès techniques suscités par son blocus.

Merci, à Messieurs Hitler et Mussolini, à Joseph Staline. Grâce à eux, tant de héros se sont révélés pour notre exaltation. Merci, pour le trop plein de haine ainsi catalysée en la déversant en toute-bonne conscience sur ces effroyables fauteurs de guerre. Pour l'énormité des atrocités commises grâce auxquelles nous pouvons toujours nous croire meilleurs, par comparaison.

Merci à tant de Nations d' en avoir férocement décousu. Merci, entre autres, aux Français, d'avoir battu les Autrichiens à Solferino, tout juste pour révéler Henry Dunant et sa Croix-Rouge.

Grâces soient rendues à Yahvé-Sabaoth, le Dieu des armées qui commanda aux Hébreux de passer tous leurs prisonniers au fil de l'épée.

Loués soient : Le Dieu qui inspira les croisades et l'inquisition, Allah le Grand au nom duquel est décrété de Djihad qui promet le paradis aux auteurs d'attentats terroristes et aux preneurs d'otages innocents.

Merci à Monsieur Sadam Hussein pour le divertissement de la guerre du Koweit et celle du Kurdistan chaque jour renouvelé à l'heure du repas et des informations. Merci à Monsieur le Président des Etats-Unis d'Amérique pour avoir retenu son général Schwarzkopf juste à temps pour nous réserver la perspective d'une nouvelle série télévisée d'épisodes aussi divertissants.

Merci à tous les méchants (les autres, évidemment) de nous faire bons par comparaison et de nous donner ainsi (aux uns et aux autres, évidemment) bonne conscience dans la juste guerre que nous leur faisons.

Merci à certains patrons exploiteurs qui donnent un sens à la vie des secrétaires syndicaux. Merci aux grévistes, surtout ceux qui abusent et détruisent l'économie qui les fait vivre, ménageant ainsi un champ d'action sans cesse renouvelé aux constructeurs.

Merci, donc, à la guerre sous-toutes ses formes qui tue certes beaucoup… mais qui fait vivre tant de gens, y compris les politiciens qui s'entre assassinent, le sourire aux lèvres, amis et adversaires confondus.

La vie a du goût grâce à la guerre. Une paix totale la rendrait fade et, pour ainsi dire, inexistante. Appelons de nos voeux l'Apocalypse future qui détruira totalement notre engeance, osons l'espérer avant que, devenu trop nombreuse en dépit des saines exterminations, elle n'en vienne à s'entredévorer, tant par nécessité que par raffinement culinaire.

Est-il donc innocent, cher lecteur, le souhait que je formule à ton égard en concluant : " La Paix soit avec toi ! " ?

Le Lignon, le 14 février 1992

Hermann JENNI

13:33 Écrit par Pierre JENNI dans Conflits, Guerre, Paix, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (138)

07 mai 2017

Liberté… mais surveillée !

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18:30 Écrit par Pierre JENNI dans Dieu, Philosophie, Religions, Sciences, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (5)

03 mai 2017

Monothéisme, polythéisme n'est-ce pas tout un ?

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10:38 Écrit par Pierre JENNI dans Dieu, Philosophie, Religions, Sciences, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (61)

30 avril 2017

La "brique" élémentaire

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27 avril 2017

Sempiternam

inmemoria1908linc.jpgComme j'ai un peu dégommé mon vieux sur le billet précédent, je reviens ici, et sur de prochains billets, pour lui rendre hommage en retranscrivant quelques uns de ses textes.

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12:54 Écrit par Pierre JENNI dans Dieu, Philosophie, Religions, Sciences, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (13)

22 avril 2017

Dialogue avec Dieu

divine-intervention.pngSéduit par les commentaires d'un dénommé Mario Jelmini sur le blog de hommelibre, j'ai tenté d'en savoir plus sur le bonhomme qui réussit l'exploit d'être présent sur la toile sans qu'on puisse rien savoir de lui.

C'est donc sans son autorisation que je me permets de reproduire son texte hilarant ci-dessous. Pour des raisons de santé publique. Je doute qu'il m'en tienne rigueur.

 

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21 mars 2017

Esprit de corps

female-rangers-660x330.jpgLors de mon jogging bihebdomadaire qui consiste en une boucle entre le pont Butin et la passerelle de Loëx, je ne croise pas grand monde.

Hier, je vis au loin une équipe de cinq ou six jeunes tous habillés de gris-vert avec sac à dos. En m'approchant je vis le dreadlocks se retourner. Il m'avait entendu arriver ou avait senti une présence derrière lui. Un second qui portait une écharpe palestinienne a vérifié, j'imagine que le premier avait signalé au groupe mon arrivée.

C'est là que le miracle s'est produit. Lorsque je suis arrivé à leur hauteur, ils se sont immédiatement et spontanément rangés en deux lignes de part et d'autre du petit chemin pour me laisser passer. Je n'ai pu que saluer cet esprit de corps par une exclamation : " quelle discipline de groupe !" qui a décroché un sourire du gars à l'écharpe.

Cette attitude me semble assez rare pour la relever ici. Habituellement j'entends des excuses de la part de ceux que je croise. Je ne sais si elles sont sincères ou feintes, mais j'observe que souvent les gens sont dans leur monde et ne réalisent que tardivement une présence.

Ces jeunes m'ont fait immensément plaisir pour plusieurs raisons. D'abord ils ont pris conscience d'une présence. Ils n'avaient pas de haut-parleur dans les oreilles. Ensuite, au lieu d'imaginer divers scénarios d'interaction, ils ont spontanément laissé le passage. Et tout ça sans hiérarchie, sans chaîne de commandement, sans intention particulière. Juste intuitivement.

L'intuition va devenir LA valeur de l'humanité lorsque nous atteindrons une efficacité presque parfaite grâce aux algorithmes et aux machines. Seuls ceux qui sauront l'écouter se feront une place dans le monde de demain où le travail n'existera plus. Et surtout, tous les systèmes autoritaires qui prétendent éduquer à l'efficacité vont s'effondrer lamentablement.

Du coup, je me félicite de n'avoir pas fait l'armée. J'aurai dû fêter mes vingt ans trois fois pour comprendre l'intuition de l'époque, qui m'a valu six mois en taule avec des prisonniers de droit commun pour suivre mes sentiments alors un peu vagues mais profonds.

14:08 Écrit par Pierre JENNI dans Feeling | Lien permanent | Commentaires (120)

09 mars 2017

Arbeit macht nicht mehr frei

-1.jpgTout va vite. Très vite même si nous considérons le tempo antérieur.

Ce qui est inquiétant ce n'est pas tant la mutation profonde que nous traversons avec la quatrième (ou plutôt troisième, selon) révolution industrielle, c'est la déconnexion entre la réalité du terrain et nos décideurs qui semblent largués.

Non, je ne vais pas cette fois vous abreuver de liens révélateurs. Finalement vous êtes assez grands pour utiliser les outils disponibles afin de vous déniaiser.

Il parait qu'on a que ce qu'on mérite. Soit. Je ne vais donc ni m'offusquer, ni espérer voir un jour un élu refléter les préoccupations de notre temps. La politique m'apparait comme une distraction quand elle ne contribue pas directement à la dégénérescence. Il n'y a pas si longtemps, je pensais encore un peu naïvement qu'elle était l'art d'accommoder les restes. Aujourd'hui je réalise qu'elle ne fait que reculer une échéance inéluctable. Je ne connais pas un seul candidat ou formation qui ne promette pas le plein emploi et le retour de la croissance.

Demain il n'y aura plus de travail pour personne. Les taxis furent les premiers à subir le phénomène transitoire d'ubérisation de la société. Ce bref intermède touche bientôt à sa fin. Le disrupteur du disrupteur arrive plein pot.

La blockchain et les applications décentralisées mettront un terme définitif aux intermédiaires. Je ne boude pas mon  plaisir de voir ces voyous qui se profilent sur l'économie de partage pour s'engraisser en exploitant les esclaves des temps modernes, sombrer devant la puissance de la communauté.

Bien sûr, ils vont résister. Un moment. Goldman Sachs est la première banque à avoir créé un département bitcoin pour ne pas se faire déborder. Mais la logique qui sous-tend cette révolution est imperméable à la récupération.

Vivement le jour où les plus pointus auront assez de voix pour se faire entendre et permettre au monde de profiter enfin de l'abondance en bonne intelligence.

28 novembre 2016

La mondialisation pour les nuls

mondialisation.jpgComme tout ce que je raconte depuis quelques années sur ce blog, ce sujet ne fera pas exception. Je ne suis pas un expert. Dans aucun domaine. Mais j'ai un avis. Sur à peu près tout. Qui est forcément subjectif.

Les mouvements tectoniques du monde, qui suscitent pas mal d'émoi dans les consciences et qui se traduisent par des guerres géopolitiques, dont les tenants et aboutissants nous échappent, semblent très complexes et nombre de spécialistes s'expriment à longueur d'année sur les divers médias et autres publications pour nous aider à les décrypter.

Mais personne ne semble capable, ou manifeste l'envie, de synthétiser. D'aller à l'essentiel. Pourtant, il me semble que toute cette affaire est finalement assez simple. Elle se divise en deux visions diamétralement opposées entre les chantres du libéralisme économique qui visent rien moins qu'une gouvernance mondiale et le repli identitaire des nationalistes, souvent rattachés aux "populismes" dont les forces inquiètent et qui reflètent les craintes d'une bonne moitié de la population.

Ils ont les deux raison. En fait, tout le monde à toujours raison. Tout n'est que question de point de vue et le mieux que nous puissions faire c'est de tenter de relativiser celui qui nous séduit à priori le plus pour essayer de comprendre l'autre.

Les premiers, les mondialistes donc, ont bien sûr raison de relever l'évidence de la neutralisation des conflits armés entre des nations qui font du commerce en toute bonne volonté, grâce à des accords transnationaux qui passent outre les juridictions locales. Ils font en revanche fausse route lorsqu'ils prétendent que, grâce à leur théorie fumeuse dite de "ruissellement", ils permettent de diminuer la pauvreté dans le monde. C'est pourtant vrai pour la minorité qui vit dans une précarité inconcevable pour nous. En revanche, il est aujourd'hui clair que le fossé se creuse dangereusement entre les nantis et la classe moyenne dont le niveau de vie a radicalement chuté.

Les autres font preuve d'une réaction presque animale, véritablement instinctive, pour freiner cette évolution bien trop rapide pour être valablement intégrée. Ils demandent de la prudence, de la sécurité, de la protection et donnent donc de gros moyens aux Etats pour affirmer leur souveraineté. Ils vont jusqu'à plébisciter des figures fortes qui restent pourtant humaines et dont les dérives ne sont plus à démontrer. L'Histoire nous abreuve d'exemples à ne pas suivre. L'homme sage devrait comprendre qu'il n'est pas fait pour centraliser un tel pouvoir.

Alors on fait quoi ?

Eh bien rien. Car tout ce qu'on fera ne servira qu'à alimenter ces deux fronts et une guerre permanente entre deux tendances qui ont toute leur raison d'être et autant d'individus pour les soutenir. Indéfiniment.

La solution pourrait venir de la technologie dont nous peinons à mesurer l'avancement spectaculaire. Aujourd'hui, lorsque quelqu'un vous parle de "blockchains", rares sont ceux qui ont une vague idée de quoi il s'agit. Et pourtant, cette technologie, qui n'est qu'une conséquence logique de l'évolution de l'internet tel qu'il était conçu à ses début, permet une décentralisation si spectaculaire que tous nos concepts risquent bien d'être obsolètes dans moins de dix ans.

Alors relax Max. Inutile de s'exciter. Nous ne ferions que brasser de l'air en se prenant bien trop au sérieux.

10 novembre 2016

Do you feel the Bern ?

150801_SandersNH_Scanlon-1250x650.jpgTrump et le Brexit viennent nous rappeler qu'il n'est jamais bon d'aller plus vite que la musique. Les changements aussi profonds que rapides que nous traversons à l'ère numérique ont pris de vitesse les régulateurs et accentué l'écart entre les nantis et les laissés pour compte.

La peur qui s'installe dans les deux camps, qu'on les appelle conservateurs versus progressistes ou establishment versus populistes, est toujours mauvaise conseillère. Un coup de frein s'impose donc et les peuples font preuve d'une sagesse instinctive pour laisser du temps au temps.

Car l'évolution se fait lentement. Très lentement. Et lorsque des changements de paradigme permettent un basculement vertigineux dans lequel s'engouffrent les plus malins, il importe de reculer pour mieux sauter.

Bernie Sanders est arrivé un peu tôt. Il a séduit la jeunesse qui sera demain aux commandes et qui viendra le rechercher lorsque Trump aura confirmé l'ampleur du désastre programmé. Il ne devrait pas pouvoir briguer un second mandat et ses bourdes ouvriront un boulevard à celui qui a mieux saisi que quiconque les enjeux sociétaux que nous traversons.

11:57 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (82)