19 février 2016

Dégage, pauvre con !

sauver-le-monde.pngOn met ces mots dans la bouche de Nicolas Sarkozy, alors je ne vais pas me gêner pour les reprendre ici histoire d'attirer l'attention.

Cette insulte s'adresse à toutes ces sociétés opportunistes qui viennent grappiller comme des coucous la marge de ceux qui offrent de la valeur ajoutée, sans offrir le moindre service. Je parle évidemment de Uber, Booking.com et toutes ces sociétés technologiques qui surfent sur le changement de paradigme pour s'en foutre plein les poches.

Heureusement, elles sont condamnées à terme, et elles le savent, raison pour laquelle elles prennent le max avant l'échéance. En effet, non seulement les économistes annoncent l'explosion de cette bulle spéculative dans les mois à venir car les investisseurs s'impatientent sur le retour de leur mise, mais surtout, la suite se profile déjà avec la "blockchain" et les véritables acteurs du changement qui vont permettre l'émergence de l'économie de partage en supprimant les intermédiaires.

Pour le moment, le concept est un peu vague et les préoccupations immédiates des consommateurs sont directement liées aux montants qu'ils doivent débourser pour obtenir des biens ou des services. Rares sont les journalistes qui maîtrisent le sujet et savent informer valablement sur la mutation en cours.

Plus rares encore sont ceux qui comprennent à quel point ces sociétés violent impunément toutes les lois en vigueur, prétextant leur obsolescence et surfant sur la popularité de leurs outils, et promettent à terme la mise au ban de pans entiers de l'économie sans état d'âme pour la fin du travail annoncée et l'explosion du chômage dans tous les secteurs.

Il faut lire Jeremy Rifkin qui annonçait, il y a déjà vingt ans, la fin du travail et qui explique aux dirigeants du monde de quoi l'avenir sera fait. C'est enthousiasmant et très prometteur malgré les apparences. Car au final, lorsque nous nous serons débarrassés de ces parasites qui, mine de rien, repoussent la mutation tout en prétendant la permettre, nous aurons enfin l'opportunité de remplacer les structures pyramidales hiérarchiques par une horizontalité qui rendra le pouvoir au gens, directement et sans délégation.

Dans la foulée, les propositions aujourd'hui utopistes telles que le revenu de base inconditionnel, sur lequel les Suisses auront le privilège de se prononcer au mois de juin, deviendront des évidences incontournables lorsque la valeur du travail ne sera plus évaluée par son corollaire monétaire, déjà virtuel depuis l'abandon des garanties physiques par l'or des banques nationales, mais par le bitcoin ou l'ether, qui supprimeront les dernières barrières financières à la réalisation de cet objectif de santé publique.

Bref que du bonheur en perspective !

15:23 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Politique, Uber, votations | Lien permanent | Commentaires (199)

29 janvier 2016

La quatrième révolution industrielle

1194978_davos-le-regard-des-economistes-sur-la-quatrieme-revolution-industrielle-web-021645413281.jpgLe rythme s'accélère. Entre l'invention du moteur à vapeur et la numérisation, les basculements de paradigme et les bouleversements sociétaux induits nous laissent sans voix et donc sans explication.

La quatrième révolution porte mal son nom car il est difficile de parler industrie lorsqu'on évoque la dématérialisation et la prédominance progressive du monde virtuel. Ces notions restent floues pour le plus grand nombre et l'accélération des changements depuis la découverte du WWW, il y a moins de trente ans, n'a pas fini de déployer ses effets.

Il ne faudra pas attendre grand chose des décideurs du monde qui se sont réunis au forum de Davos pour traiter cette question. Ils n'y voient qu'une opportunité de maximiser leurs profits comme le disent si bien les deux Vincent à 26'. http://www.rts.ch/play/tv/26-minutes/video/26-minutes-plu...

Et pourtant, ce changement, comme les précédents, est peut-être bien l'occasion de revoir notre fonctionnement en profondeur et revisiter les lois du marché et le capitalisme financier qui continuent à creuser dangereusement l'écart entre les nantis, qui représentent un petit pourcent des habitants de cette planète, et l'écrasante majorité qui travaille plus dur que des robots pour les engraisser sans espoir de les satisfaire.

Comment est-il possible qu'aucun journaliste n'ait encore fait le parallèle entre les taxis et les agriculteurs en France ? On traite ces informations séparément sans aller aux sources, sans essayer de comprendre ce qui provoque ces débordements. Tout est lié.

La population comprend bien qu'il est impossible de travailler sans un rendement minimal. Et pourtant, personne ne fera rien s'il doit le payer de sa poche. Ainsi, on valide des aberrations qui permettent l'exploitation des plus démunis pour offrir des biens et des services à des prix inexplicables. Et cette population qui veut tout, tout de suite et au meilleur prix est aussi celle qui élit nos représentants. Il n'est donc pas surprenant qu'aucun élu ne prenne le risque de fâcher son électorat. Jusqu'au jour où...

...nous serons personnellement et directement concernés par ce qu'on appelle aujourd'hui l'ubérisation de la société. C'est ça la 4ème révolution industrielle. Et elle ne concerne déjà plus que les taxis. (http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2015/05/02/uberall-266...) Tel un cancer, ses métastases touchent bientôt tous les secteurs. L'idée sous-jacente consiste à faire de l'argent sans travailler. C'est un beau programme auquel j'adhère d'ailleurs en soutenant l'initiative pour un revenu de base inconditionnel qui permettrait enfin de travailler à ce qui nous motive au lieu de trouver de la motivation pour faire ce qui nous ennuie. Mais ce programme devrait permettre à tous de parvenir à cet idéal et non pas à une petite minorité opportuniste qui profite d'un système dévastateur.

Il est inutile de vouloir stopper ou même freiner cette évolution. Il s'agit de l'accompagner avec des règles équitables qui permettent à tous d'utiliser les technologies pour le plus grand bien des consommateurs.

Mais qui va oser s'y coller ?

 

17:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

07 décembre 2015

Compromis historique sur la mobilité à Genève

-1.jpgLa guerre des transports dans notre canton est alimentée par des visions antagonistes qui sont toutes valables, ou le seront un jour.
Ainsi les Verts ont une position visionnaire qui prendra vraisemblablement place dans les décennies à venir car les centres urbains vont continuer à se développer et le trafic individuel motorisé (TIM) ne pourra plus être autorisé dans les hyper-centres. Et les citoyens réclament à juste titre une amélioration des conditions de vie dans les villes.
Les milieux économiques et professionnels sont plus pragmatiques. Ils ne contestent pas la tendance générale, mais insistent sur le calendrier des mesures à prendre pour permettre cette mutation.
C'est la raison principale de la remise en question du compromis atteint par la sous-commission des transports.
En clair, AVANT de consentir à la priorisation des transports publics au centre ainsi que toutes les propositions qui visent à vider le centre des TIM il s'agit de réaliser ce qui suit.
Au lieu d'imposer une vision, on crée les conditions pour qu'elle devienne une évidence incontournable. Juste l'inverse de la politique de dissuasion de ces 15 dernières années.

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26 octobre 2015

Un péage urbain à Genève

090930190457.jpgC'est l'idée que promeut Thomas Wenger qui se base sur l'expérience londonienne pour, non pas fluidifier le trafic, mais remplir les caisses de l'Etat et développer les transports publics.

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17 septembre 2015

Islam, migrations, guerres, élections, entre émotion et raison.

conscience.pngIl suffit de lire régulièrement les blogs de la Tdg pour se faire une idée de l'importance que ces thèmes ont pris dans la conscience des gens.

La discussion se passe à l'intérieur de chacun, les uns plus émotionnels et compatissants, les autres plus rationnels pour tenter de contrer leur culpabilité par des arguments.

Le but de ce billet n'est pas d'analyser le bien fondé des diverses prises de position, mais plutôt de relativiser la raison. Le bon sens est flexible et s'adapte aux diverses époques en fonction des besoins primordiaux. Les découvertes scientifiques les plus décoiffantes sont inévitablement remises en question, à tel point que les plus pointus redeviennent croyants à force de côtoyer l'immensité de leur ignorance chaque fois mieux dévoilée.

Ayons un minimum d'humilité. Reconnaissons que ce que nous savons n'est que provisoire et laissons une petite place aux sentiments qui sont souvent les précurseurs des découvertes de demain.

Entre savoir et sagesse il y a un gouffre dans lequel se vautrent les émotions que l'on tente de décrypter. Mais sommes-nous compétents ? Quelle part de nous n'est que le produit d'habitudes, d'héritage culturel ou génétique, de convictions empiriques et parfaitement arbitraires ? Avons-nous vraiment la liberté de pensée ou sommes-nous le produit d'un ensemble de paramètres sans rapports apparents que nous arrangeons tant bien que mal dans une espèce de chaos organisé, à l'image de la nature.

Nous réaliserons certainement un jour à quel point tout est lié. Le sacré des animistes sera dévoilé par la science et permettra aux religions de retrouver leur source commune. Mais en attendant, résistons aux émotions négatives telles que la culpabilité, l'impuissance, la résignation et tous ces sentiments qui trouveront toujours justification mais qui ne feront que nous enfoncer plus profondément dans les ténèbres.

04 août 2015

Les cyclistes romands boudent l'offre publibike

topelement.jpgOn apprend ce jour dans la Tdg que les offres de vélos publics ne rencontrent pas la demande espérée dans de nombreuses villes. Dans toutes en fait, excepté un petit bout de Lausanne pour les raisons qu'on sait.

Voici l'exemple type de bonnes intentions qui se transforment en dictature. Pour promouvoir la mobilité douce, les milieux de gauche boufffent à tous les râteliers et n'hésitent pas à nous proposer des  services dont nous n'avons rien à faire.

Si encore ces services étaient simples d'accès, on pourrait imaginer une utilisation ponctuelle, mais elle sera horriblement coûteuse. Un luxe de nantis.

Je suis très enthousiaste sur les nouvelles tendances de partage. C'est vrai quoi, pourquoi être absolument propriétaire de son aile delta, des ses bouteilles de plongée, de son VTT et de ses skis ?

Mais aujourd'hui, sur Ricardo.ch, j'ai trouvé une bête urbaine. Un vario allpass à 400.- au lieu de 1400.- Et on voudrait que je loue un de ces rafiots qui pèse des tonnes et qui grince chaque fois que je freine ?

Ok, je me le ferai piquer dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j'en trouverai un autre.

Par ces quelques lignes d'humeur, je rends hommage à Pierre Weiss, qui a eu la sagesse de temporiser sur le dossier du vélib genevois. C'est dans ces petits riens qu'on réalise le bon sens premier des grands.

29 juillet 2015

Téléphérique du Salève

Vlift1932adom.jpgendredi dernier j'ai emmené une amie sur le Salève pour lui montrer la taille de notre ville. Je me réjouissais de remonter dans le téléphérique pour la deuxième fois de ma vie, la première c'était quand j'étais gamin.

J'étais curieux aussi de voir l'évolution de la structure qui a profité de plusieurs liftings et d'un matraquage publicitaire conséquent pour que l'exploitation soit rentable et qu'on évite ainsi de puiser dans les fonds publics pour l'entretien.

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11:33 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

24 juillet 2015

TISA, TTIP, la gauche tient son os

2257925266.jpgMon aventure un peu utopique de candidat indépendant au CE en 2013 reposait sur un constat assez largement partagé de l'effacement des distinctions entre gauches et droites et l'espoir un peu prématuré d'une participation plus large des jeunes, qui ne se retrouvent dans aucun parti, grâce aux outils numériques.

Dans mon site de campagne, je me définissais comme un libertaire à la suisse, donc raisonnable, et suggérait un Etat plus maigre qui se concentre sur ses tâches régaliennes en laissant au privé les autres qui ne nécessitent pas de protections particulières, favorisant une saine concurrence.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop. Si je reste convaincu que l'éducation, la responsabilisation personnelle et le développement de la conscience individuelle sont des vertus cardinales dans l'évolution de nos sociétés, j'observe que les dérives du libéralisme prennent des proportions encore jamais atteintes et les écarts se creusent dangereusement accentuant les travers d'une société à deux vitesses qui ne projette rien de bon pour l'humanité.

En poussant la logique de la concurrence et de la compétition jusqu'au bout, non seulement nous nions le caractère limité de notre environnement, la Terre, et de ses ressources, mais nous encourageons tous les travers collatéraux des systèmes hiérarchiques et l'exploitation des plus démunis par les plus idiots.

Tout s'accélère et la machine risque bien de s'emballer. En sport, pour satisfaire la demande insatiable de records, plus aucun athlète ne peux espérer régater sans prendre de substances. Dans les domaines de la distribution, les grands groupes technologiques comme Amazon ont détruit des pans entiers de l'économie pour offrir des biens à prix presque coûtant. Dans celui des services, Uber n'est que le début d'une aventure qui ne fâche aujourd'hui que les taxis. Demain, lorsque les avocats genevois se verront concurrencer par les services juridiques en ligne qui cassent les prix sans suivre les règles auxquelles sont soumis les concurrents traditionnels, nous verrons peut-être enfin les autorités se réveiller. Eh oui, les avocats sont nombreux à siéger dans les délibératifs, tant à droite qu'à gauche.

Alors oui, la gauche, qui a perdu son âme en rejoignant la logique du marché depuis Blair et qui peine à garder son poids gouvernemental, risque bien de tenir là son os et retrouver les faveurs d'un public beaucoup plus large. Mais fera-t-elle son come-back à temps ou devrons-nous passer par le pire avant de réaliser où nous mène la logique libérale qui, paradoxalement, favorise la création de nouveaux monopoles privés sans garde-fou puisque les instances de surveillance valident à tour de bras les fusions.

La question fondamentale revient à chacun. Pourquoi voulons-nous tout, tout de suite et si possible gratuitement ? Comment se fait-il que nous ne soyons pas conscient du prix réel à payer au final ? Et si, comme le prédit Jeremy Rifkin, nous nous dirigeons vers une ère d'abondance, comment justifier une telle répartition des biens et des moyens d'accès à ces biens lorsqu'une grande partie de l'humanité travaille comme des machines, pour le moment moins chères que les robots, pour engraisser une petite minorité insatiable ?

 

16 avril 2015

Spéculation sur les denrées alimentaires

images.jpgLa Jeunesse Socialiste suisse lance une initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires qui crispe les milieux économiques et leurs relais politiques.

Le sujet est relativement complexe et la Suisse joue dans le top trois mondial du négoce des matières premières. La concurrence est rude et le libéralisme qui prévaut dans ce secteur oblige chaque candidat à faire des concessions limite.

Les jeunes socialistes suggèrent que la Suisse aurait intérêt à se profiler sur son segment de prédilection, soit l'anticipation des conflits, la concertation entre les parties, sur un terrain neutre. Proactifs, ils suggèrent d'éviter le prochain scandale dans la foulée du secret bancaire et avant, celui des fonds en déshérence.

L'émission de certificats qui garantiraient le caractère éthique des transactions et donc l'absence de spéculation,  me semble une mesure de transparence qui donne le choix au consommateur, à l'investisseur. Comme pour les labels de fair trade de Max Havelar.

La Déclaration de Berne reste très active sur ce dossier et ne lâche pas sa pression sur le Conseil fédéral. Les récents investissements consentis pour la Genève internationale semblent suggérer que cette voie révolutionnaire n'est pas écartée. Mais nos autorités restent timides. Il manque une MCR au CF.

13:44 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

04 février 2015

Limites de la démocratie parlementaire

topelement.jpgBertrand Buchs est amer. Le député PDC s'interroge sur la nécessité de cette nouvelle Chambre constitutionnelle de la cour de Justice qui vient de gifler le parlement dans un arrêt de 43 pages qui annule la loi sur les taxis votée le 27 mars 2014. Il faut dire que nos députés avaient fait fort en votant une loi en urgence pour contourner les dispositions et autres lois fédérales et cantonales.

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14:58 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)