08 avril 2016

Salut, ça va ? Ouais, bien, et toi ?...

-1.jpgSujet hautement émotionnel, cette poignée de main, qui fait pâlir les révélations de Panama. Si nous n'avions que ce genre de problème en Suisse, nous pourrions nous considérer comme les plus heureux du monde.

Je me suis fendu d'un commentaire sur le blog de Marie-France de Meuron que je tiens à développer un peu ici.

Je partage l'avis de notre ministre de l'instruction publique qui prône une grande fermeté dans cette affaire. Non pas pour les raisons souvent invoquées de respect de notre culture, mais simplement pour éviter cette politique des petits pas qui permet de grignoter petit à petit le gâteau. N'ouvrons pas la porte car nombreux sont ceux qui vont s'y engouffrer.

Mais personne ne devrait obliger qui que ce soit à donner à la main qui est un geste hautement symbolique et qui doit justement exprimer beaucoup plus que le simple formalisme qu'il est devenu au fil du temps. Genre, "Salut, ça va ? Ouais, bien, et toi ?..."

Retrouvons le sens profond qui se cache dans ces petits gestes, ils nous aident à vivre l'instant avec intensité.

C'est ainsi que je ne fais dorénavant plus la bise systématiquement pour dire bonjour au sexe opposé. Je tends la main ou je prends dans mes bras avec éventuellement une seule bise. C'est devenu aussi compliqué que formel. En France c'est deux bises, chez nous trois. Au japon on incline légèrement le buste. En Inde on joint ses deux mains devant la poitrine. L'occidental qui se prête à ce rituel passe pour un allumé qui tente de s'intégrer. Son geste est tellement maladroit et factuel, sans la culture qui l'imprègne, qu' il devient vide de sens.

Alors, pour résumer, l'école devrait supprimer à tous cette obligation de donner la main à la prof, mais surtout ne pas accepter une exception pour qui que ce soit.

06 avril 2016

Démantèlement des centrales nucléaires, la dure réalité des chiffres.

148761-7829eab0d50b895f7c880f57e35ed8e6.jpgC'est une véritable cacophonie. Dans le désordre, on entend tout et son contraire.

Ainsi, selon la directrice des Forces motrices bernoises (BKW), Mme Thomas, tout est sous contrôle. Et même si le rendement actuel ne permettra pas de couvrir les coûts du démantèlement de la plus vieille centrale de Suisse, sa société provisionne depuis plus de 40 ans.

Son contradicteur à Forum hier, Florian Kasser de Greenpeace suggère au contraire un malaise puisque BKW vient de décider d'allouer 15% de son budget à la progression de ces coûts.

Les parlementaires, qui portent une lourde responsabilité dans les choix de ces dix dernières années puisque les sociétés actives dans l'énergie sont essentiellement en mains publiques, s'écharpent et invoquent nombre d'excuses pour éviter leur remise en question. Ils prient pour une hausse des prix du courant qui viendrait encore plomber la reprise économique.

En décembre 2008, dans l'euphorie de la création d'Alpiq, détenue majoritairement par les services publics romands, EOS Holding distribuait gracieusement de substantiels dividendes à ses actionnaires.

En mai 2011, le Conseil fédéral a décidé d'engager le pays sur la voie de la sortie du nucléaire, à l'échéance de 2034. C'est donc sans surprise que l'Office fédéral de l'énergie annonçait fin 2012 l'explosion des frais liés au démantèlement.

Le 5 septembre 2013, le député Pierre Amstutz déposait une interpellation urgente au Conseil exécutif du canton de Berne pour s'assurer que les fonds étaient disponibles.

La suite, il ne faut pas être grand devin pour la projeter. La responsabilité solidaire des gérants de nos quatre centrales nucléaires de Mühleberg, Beznau, Gösgen et Leibstadt est une foutaise puisque ces sociétés sont proches de la faillite. C'est donc bien la Confédération, et donc chaque citoyen de ce pays, qui devra passer à la caisse.

Et dire qu'on entend encore des députés défendre la production d'électricité par le nucléaire. Et que penser de la mise en vente de ce joyau durable qu'est la Grande-Dixence ? Y a-t-il un capitaine sur le navire ?

04 avril 2016

Panama, ben voyons ! Un os à ronger.

20130915-Towerbank-Panama.jpgA chaud, et sans rien comprendre à la finance, je réagis.

La presse va presser le citron jusqu'à la peau avec pulpe et pépins. Le public mouille. On a du lourd, ça va saigner.

Sauf que... qui en doutait ? Franchement...

Et puis c'est bizarre, mais d'après les premiers noms diffusés, il semblerait que ces pratiques ne concernent qu'une partie du globe...

De qui se moque-t-on ? Qui peut croire un seul instant que le recours aux montages financiers n'est pas généralisé et encouragé par le champion toutes catégories, le goliath qui a terrassé la Suisse au travers de procédures largement médiatisées  qui ont détourné l'attention pour un temps sur le nain qui fait peur.

Et ce silence politique assourdissant. Ils ont l'air malins nos décideurs et autres parlementaires qui défendent la place économique et l'intégrité de nos institutions. Ils vont venir avec quelles excuses lorsqu'ils oseront causer ?

Oui, c'est moche, mais c'est la règle et elle est validée par tous, de gauche à droite, de l'est à l'ouest et du nord au sud.

Entre lanceurs d'alertes et délateurs il y a un monde. Mais au delà des principes moraux, il y a des faits que nous pouvons tous apprécier à leur juste valeur. Et surtout il y a une forme de transparence délicieuse, permise par la technologie, qui fermera momentanément le caquet de ceux qui donnent des leçons pour détourner l'attention.

Nous vivons vraiment une époque formidable !