04 avril 2016

Panama, ben voyons ! Un os à ronger.

20130915-Towerbank-Panama.jpgA chaud, et sans rien comprendre à la finance, je réagis.

La presse va presser le citron jusqu'à la peau avec pulpe et pépins. Le public mouille. On a du lourd, ça va saigner.

Sauf que... qui en doutait ? Franchement...

Et puis c'est bizarre, mais d'après les premiers noms diffusés, il semblerait que ces pratiques ne concernent qu'une partie du globe...

De qui se moque-t-on ? Qui peut croire un seul instant que le recours aux montages financiers n'est pas généralisé et encouragé par le champion toutes catégories, le goliath qui a terrassé la Suisse au travers de procédures largement médiatisées  qui ont détourné l'attention pour un temps sur le nain qui fait peur.

Et ce silence politique assourdissant. Ils ont l'air malins nos décideurs et autres parlementaires qui défendent la place économique et l'intégrité de nos institutions. Ils vont venir avec quelles excuses lorsqu'ils oseront causer ?

Oui, c'est moche, mais c'est la règle et elle est validée par tous, de gauche à droite, de l'est à l'ouest et du nord au sud.

Entre lanceurs d'alertes et délateurs il y a un monde. Mais au delà des principes moraux, il y a des faits que nous pouvons tous apprécier à leur juste valeur. Et surtout il y a une forme de transparence délicieuse, permise par la technologie, qui fermera momentanément le caquet de ceux qui donnent des leçons pour détourner l'attention.

Nous vivons vraiment une époque formidable !

 

29 mars 2016

2500.- par mois, à perpétuité !

initiative_salaires_0.pngEn mai 2013, j'ai assisté à une table ronde organisée à UNI Dufour par l'association Basic Income Earth Network (BIEN) Suisse avec la participation du philosophe et économiste Philippe Van Parijs. J'avouais alors mon scepticisme sur mon blog de campagne pour le CE.

Depuis, pas mal d'eau à coulé sous les ponts et la numérisation de l'économie a commencé à déployer ses effets dans tous les domaines. Uber n'en était qu'un des éléments annonciateur de la quatrième révolution industrielle dont seuls les politiques tardent à mesurer l'impact.

Les grands pontes de Davos et le Fonds monétaire international (FMI) sont très clairs; d'ici une dizaine d'années 40 % des postes de travail auront disparu et ne seront vraisemblablement pas remplacés pour trois raisons principales :

- L'augmentation spectaculaire de la population mondiale qui aura décuplé en à peine trois cents ans.

- Le vieillissement de la population avec une espérance de vie qui augmente d'une année chaque année.

- L'automatisation et la robotisation des tâches ingrates où l'humain n'est plus requis.

L'accélération est spectaculaire. On n'a plus besoin de caissières à la Migros, Mac Do remplace ses vendeurs par des bornes, les conseils juridiques en ligne rendent obsolète l'obtention d'un brevet d'avocat et les médecins utilisent IBM Watson Health pour conseiller leurs patients. Même les banques s'inquiètent avec l'utilisation de plus en plus populaire de la monnaie dématérialisée (Bitcoin, Ether).

La révolution en marche est irréversible et il serait aussi vain que regrettable de vouloir la freiner. Au contraire, il s'agit de l'accompagner avec des règles équitables pour tous afin d'éviter de creuser plus les inégalités.

Les questions fondamentales et existentielles telles que la finalité du travail reviennent sur le devant de la scène et la votation du 5 juin sur le revenu de base inconditionnel (RBI) offre aux Suisses le privilège d'être les premiers à se prononcer sur cet outil idéal pour accompagner le changement profond de paradigme.

Malheureusement, nos représentants, tous partis confondus, ne sont pas préparés et ne semblent pas encore réaliser l'ampleur de la mutation sociétale. La proposition sera donc rejetée, mais le débat ne fait que commencer.

Dans vingt ans, tout le monde se demandera comment il était possible que nous n'ayons rien vu venir. Le RBI sera une pratique universelle qui remplacera la plupart des aides sociales en encourageant le travail volontaire et motivé. Les tâches les plus ingrates seront rémunérées à leur juste valeur et la créativité et l'engagement bénévole permettront de renforcer les liens des communautés.

02 mars 2016

Oooh ouiiii, mets-la moi... profond !

tafta.jpgC'est par ces mots que j'ai eu l'outrecuidance de commenter le dernier billet de M. Thévoz. Ils reprenaient en partie sa rhétorique et certaines allusions pour défendre sa cause. Comme c'est le cas pour une majorité de représentants politiques de la gauche, ma contribution fut censurée. Il faut croire que M. Thévoz n'a pas vraiment le sens de l'humour, ou qu'il se réserve le droit de pratiquer la sienne à l'exclusion de celle des autres.

Cette allégorie visait un but. Dénoncer l'incurie du politique au sens général et son asservissement à l'économie qui n'est non seulement plus un secret, mais une réalité avouée avec un certain cynisme par Mauro Poggia, conseiller d'Etat et Bertand Buchs, député au Grand-Conseil.

Le petit peuple, qui se prétend souverain, frémit aux premières semonces des réalités du marché. Chacun craint pour sa place de travail et valide tous les projets gouvernementaux ou les initiatives qui le lui promettent. C'est ainsi que, dans cette logique imparable, les dernières tentatives de juguler les pratiques discutables des multinationales, qui ont pignon sur rue dans notre pays, furent balayées.

Nous verrons demain si ce choix était justifié. J'en doute car certains grands groupes transnationaux ont déjà annoncé leur migration sous d'autres cieux en prévision de l'imposition à 13%.

Mais la véritable question est ailleurs. Quel monde voulons-nous ? Dans quel univers voulons-nous vivre ? Si nous suivons la logique libérale de la croissance, nous pouvons déjà voir aujourd'hui où elle nous mènera. Non seulement les ressources de la Terre sont limitées, mais les conséquences de leur surexploitation se font déjà sentir.

Il faut se poser la question des raisons qui incitent les maîtres du monde à garder secrets les tractations en cours entre l'UE et les USA pour un partenariat transatlantique qui supprimera les barrières "artificielles" au libre commerce. Il faudrait aussi s'interroger sur les conséquences de certaines décisions comme, pour ne prendre que cet exemple, l'autorisation de certains pesticides qui déciment les pollinisatrices que sont les abeilles à un point tel qu'il faille remplir leur tâche manuellement dans certaines régions du globe.  Merci à Monsanto and Co.

Tous ces choix ne visent qu'un seul but. S'enrichir. Mais attention, pas pour tous. Juste pour ceux qui ont déjà les moyens et qui n'en auront jamais assez. Selon Joseph Stiglitz, prix nobel d''économie (2001), ils représentent 1 % de la population. Le reste est là pour les servir, en attendant les robots qui sont encore trop chers.

Au final, il ne restera que la révolte pour se faire entendre. Mais là encore, nous risquons bien de vérifier à quel point il est déjà un peu tard pour se réveiller. En effet, tout est déjà organisé pour prévenir ce cas de figure presque opportun qui permettra de réduire la population mondiale à des niveaux gérables.

 

17:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, TAFTA, TTIP | Lien permanent | Commentaires (167)