04 août 2015

Les cyclistes romands boudent l'offre publibike

topelement.jpgOn apprend ce jour dans la Tdg que les offres de vélos publics ne rencontrent pas la demande espérée dans de nombreuses villes. Dans toutes en fait, excepté un petit bout de Lausanne pour les raisons qu'on sait.

Voici l'exemple type de bonnes intentions qui se transforment en dictature. Pour promouvoir la mobilité douce, les milieux de gauche boufffent à tous les râteliers et n'hésitent pas à nous proposer des  services dont nous n'avons rien à faire.

Si encore ces services étaient simples d'accès, on pourrait imaginer une utilisation ponctuelle, mais elle sera horriblement coûteuse. Un luxe de nantis.

Je suis très enthousiaste sur les nouvelles tendances de partage. C'est vrai quoi, pourquoi être absolument propriétaire de son aile delta, des ses bouteilles de plongée, de son VTT et de ses skis ?

Mais aujourd'hui, sur Ricardo.ch, j'ai trouvé une bête urbaine. Un vario allpass à 400.- au lieu de 1400.- Et on voudrait que je loue un de ces rafiots qui pèse des tonnes et qui grince chaque fois que je freine ?

Ok, je me le ferai piquer dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j'en trouverai un autre.

Par ces quelques lignes d'humeur, je rends hommage à Pierre Weiss, qui a eu la sagesse de temporiser sur le dossier du vélib genevois. C'est dans ces petits riens qu'on réalise le bon sens premier des grands.

29 juillet 2015

Téléphérique du Salève

Vlift1932adom.jpgendredi dernier j'ai emmené une amie sur le Salève pour lui montrer la taille de notre ville. Je me réjouissais de remonter dans le téléphérique pour la deuxième fois de ma vie, la première c'était quand j'étais gamin.

J'étais curieux aussi de voir l'évolution de la structure qui a profité de plusieurs liftings et d'un matraquage publicitaire conséquent pour que l'exploitation soit rentable et qu'on évite ainsi de puiser dans les fonds publics pour l'entretien.

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11:33 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

24 juillet 2015

TISA, TTIP, la gauche tient son os

2257925266.jpgMon aventure un peu utopique de candidat indépendant au CE en 2013 reposait sur un constat assez largement partagé de l'effacement des distinctions entre gauches et droites et l'espoir un peu prématuré d'une participation plus large des jeunes, qui ne se retrouvent dans aucun parti, grâce aux outils numériques.

Dans mon site de campagne, je me définissais comme un libertaire à la suisse, donc raisonnable, et suggérait un Etat plus maigre qui se concentre sur ses tâches régaliennes en laissant au privé les autres qui ne nécessitent pas de protections particulières, favorisant une saine concurrence.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop. Si je reste convaincu que l'éducation, la responsabilisation personnelle et le développement de la conscience individuelle sont des vertus cardinales dans l'évolution de nos sociétés, j'observe que les dérives du libéralisme prennent des proportions encore jamais atteintes et les écarts se creusent dangereusement accentuant les travers d'une société à deux vitesses qui ne projette rien de bon pour l'humanité.

En poussant la logique de la concurrence et de la compétition jusqu'au bout, non seulement nous nions le caractère limité de notre environnement, la Terre, et de ses ressources, mais nous encourageons tous les travers collatéraux des systèmes hiérarchiques et l'exploitation des plus démunis par les plus idiots.

Tout s'accélère et la machine risque bien de s'emballer. En sport, pour satisfaire la demande insatiable de records, plus aucun athlète ne peux espérer régater sans prendre de substances. Dans les domaines de la distribution, les grands groupes technologiques comme Amazon ont détruit des pans entiers de l'économie pour offrir des biens à prix presque coûtant. Dans celui des services, Uber n'est que le début d'une aventure qui ne fâche aujourd'hui que les taxis. Demain, lorsque les avocats genevois se verront concurrencer par les services juridiques en ligne qui cassent les prix sans suivre les règles auxquelles sont soumis les concurrents traditionnels, nous verrons peut-être enfin les autorités se réveiller. Eh oui, les avocats sont nombreux à siéger dans les délibératifs, tant à droite qu'à gauche.

Alors oui, la gauche, qui a perdu son âme en rejoignant la logique du marché depuis Blair et qui peine à garder son poids gouvernemental, risque bien de tenir là son os et retrouver les faveurs d'un public beaucoup plus large. Mais fera-t-elle son come-back à temps ou devrons-nous passer par le pire avant de réaliser où nous mène la logique libérale qui, paradoxalement, favorise la création de nouveaux monopoles privés sans garde-fou puisque les instances de surveillance valident à tour de bras les fusions.

La question fondamentale revient à chacun. Pourquoi voulons-nous tout, tout de suite et si possible gratuitement ? Comment se fait-il que nous ne soyons pas conscient du prix réel à payer au final ? Et si, comme le prédit Jeremy Rifkin, nous nous dirigeons vers une ère d'abondance, comment justifier une telle répartition des biens et des moyens d'accès à ces biens lorsqu'une grande partie de l'humanité travaille comme des machines, pour le moment moins chères que les robots, pour engraisser une petite minorité insatiable ?

 

16 avril 2015

Spéculation sur les denrées alimentaires

images.jpgLa Jeunesse Socialiste suisse lance une initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires qui crispe les milieux économiques et leurs relais politiques.

Le sujet est relativement complexe et la Suisse joue dans le top trois mondial du négoce des matières premières. La concurrence est rude et le libéralisme qui prévaut dans ce secteur oblige chaque candidat à faire des concessions limite.

Les jeunes socialistes suggèrent que la Suisse aurait intérêt à se profiler sur son segment de prédilection, soit l'anticipation des conflits, la concertation entre les parties, sur un terrain neutre. Proactifs, ils suggèrent d'éviter le prochain scandale dans la foulée du secret bancaire et avant, celui des fonds en déshérence.

L'émission de certificats qui garantiraient le caractère éthique des transactions et donc l'absence de spéculation,  me semble une mesure de transparence qui donne le choix au consommateur, à l'investisseur. Comme pour les labels de fair trade de Max Havelar.

La Déclaration de Berne reste très active sur ce dossier et ne lâche pas sa pression sur le Conseil fédéral. Les récents investissements consentis pour la Genève internationale semblent suggérer que cette voie révolutionnaire n'est pas écartée. Mais nos autorités restent timides. Il manque une MCR au CF.

13:44 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

04 février 2015

Limites de la démocratie parlementaire

topelement.jpgBertrand Buchs est amer. Le député PDC s'interroge sur la nécessité de cette nouvelle Chambre constitutionnelle de la cour de Justice qui vient de gifler le parlement dans un arrêt de 43 pages qui annule la loi sur les taxis votée le 27 mars 2014. Il faut dire que nos députés avaient fait fort en votant une loi en urgence pour contourner les dispositions et autres lois fédérales et cantonales.

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14:58 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Conseil d'Etat, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

08 décembre 2014

Conditions de détention, le Club Med ?

Je me suis déjà offusqué le jour où nous avons appris que les détenus méritaient des compensations parce que la loi prévoit quatre mètres carrés et non pas 3,89 et donc que les détenus devaient être indemnisés.

trois-detenus-envoient-deux-videos-menacantes.jpgA l'époque, sur mon site de candidature, je proposais d'attribuer ces montants compensatoires aux victimes des crimes commis par le détenu souvent insolvable. Je demandais à nos représentants au parlement fédéral de faire preuve d'imagination. http://www.pierrejenni.ch/blog/59-indemniser-les-detenus

La question revenant sur le devant de la scène avec une occupation qui dépasse le triple du "légalement correct", nous assistons à la montée en puissance d'une indignation populaire parfaitement légitime.

La réponse de nos institutions, qu'elles soient politiques ou juridiques, est déplacée. Elle fait le lit des populismes qui surfent sur ces maladresses. Il suffit de quelques clics pour vérifier que les conditions de détention dans notre pays s'apparentent tout simplement à des vacances au club Med. Nourri, blanchi, logé avec TV et formation pour ceux qui le désirent.

L'évolution de nos sociétés devant l'échec du tout répressif, se traduit par un sentiment de culpabilité et d'auto-flagellation expiatoire qui fait la part belle aux malins. Par notre angélisme, nous encourageons le crime.

J'en viens à me demander si nous ne vivons pas sur une île déconnectée des réalités du monde et que notre indignation devant l'horreur des comportements humains ne nous mène au ramollissement intellectuel qui risque bien de nous être fatal. A tel point qu'on en viendrait presque à réclamer une petite guerre pour réveiller nos citoyens bien pensants qui semblent oublier l'Histoire et projettent leur vision paradisiaque d'un Sonderfall onirique.

16:26 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (15)

16 octobre 2014

La traversée de la rade est-elle définitivement enterrée ?

Traversee_Rade.jpgOn pourrait se poser la question à la lecture des chiffres qui viennent de m'être envoyés par Ptolémée 1er.

Les 5,4 kilomètres de la traversée en tunnel du Lac entre Vengeron et Pallanterie sont devisés par l'Etat à 1,9 milliard, soit 350 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 630 millions.

Les 14,2 kilomètres du trajet entre Le Vengeron et la douane de Thônex-Vallard sont devisés par l'Etat à 2,8 milliards, soit 200 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 360 millions.

Pour moi, c'est rideau. Je suis trop vieux et j'ai donné. Mais la relève va s'y coller car, même après l'entrée en fonction du CEVA, nous mesurerons l'ampleur des dégâts.

La première mesure annoncée par Monsieur Barthassat, c'est la fluidité du U lacustre. Fini les feux au quai Gustave Ador et la suppression de voies.

La suite logique mais inavouable, c'est l'abandon de la création de zones dédiées à la mobilité douce et la piétonisation de l'hypercentre. Et oui, n'en déplaise aux intégristes anti-bagnoles, leur refus de traverser la rade implique que le trafic continue à passer par le centre. Fallait réfléchir avant.

Et comme le confirment les prévisions "Mobilités 2030", la mobilité va exploser de 50% toutes catégories confondues d'ici cette date.

Je ne ferai pas partie de ceux qui se réjouiront lorsque l'histoire nous donnera raison.

28 septembre 2014

La claque

s_11_1.jpgJ'ai pas l'habitude. J'en ai pris quelques unes, et des magistrales, mais là j'ai été pris de court. Je pensais sincèrement que les Genevois voulaient sortir des bouchons.

Le score est sans appel. Avec 57% de votants et 63% de refus, c'est clair et net, voire définitif. On fera donc sans. Je ne me réjouis pas trop de voir comment ça va se passer, et l'avenir ne me parait pas trop radieux dans ce domaine. Pourtant, je me suis trompé une fois, je peux encore me tromper pour la suite.

Peut-être que les habitants de Genève envisagent sérieusement de se passer de voiture. Mais alors il faudra qu'ils restent entre-eux, bien au chaud dans les limites du canton. Adieu Grand Genève et autre développement de la métropole lémanique.

Pourquoi pas ? Mais alors disons le franchement. La croissance à outrance ça suffit, on a atteint la masse critique, on ferme les portes. Le 9 février nous en a donné un avant goût bien que Genève se soit à nouveau distinguée dans ce scrutin. Bonjour la schizophrénie.

Ce n'est pas le discours du gouvernement qui va tenter de vendre la grande traversée à Berne pour continuer à prospérer.

Je dois avouer que je suis perplexe. Je ne comprends pas ce vote. Et je me réjouis du temps qui va passer car j'aurai les réponses plus tard. Je crains pourtant qu'elles ne feront que confirmer mes projections...

Mais je vous vois venir, vous allez me traiter de mauvais perdant. Libre à vous, mais ce qui est bien avec ces blogs et autres prises de position écrites c'est qu'elles restent. Alors je vous propose de fermer ce chapitre jusqu'à que d'autres le rouvrent lorsqu'ils ne sauront plus quoi faire.

20:00 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Mobilité, Politique, rade, votations | Lien permanent | Commentaires (46)

27 septembre 2014

Djihad, les limites de la réponse militaire

Hamas+ceremony.jpgL'occident semble unanime, il faut frapper. Et fort.

Monsieur Burkhalter, qui cumule plusieurs casquettes et dispose d'une belle vitrine, essaie de trouver une réponse politique à la menace. Il sait que la force appelle la force et que les fous de Dieu se nourrissent des attaques à leur encontre.

La stratégie est simple, ils se fondent dans les populations civiles et dénoncent les frappes aveugles qui font tant de victimes innocentes.

Je ne sais pas s'il y a une réponse politique à cette menace. En fait j'en doute, car pour parler politique il faudrait déjà commencer à parler. Et là ça semble difficilement possible.

Dans un récent billet, Monsieur Décaillet tentait de relativiser la discussion en mettant l'accent sur tout ce qu'il y a de beau dans la culture islamique. Il s'est fait sérieusement assaisonner dans les commentaires.

Je me suis fendu du mien en suggérant que les musulmans prennent la direction des opérations et condamnent ces dissidents qui interprètent les écritures en déformant le message d'amour du prophète. C'est, me semble-t-il, le seul moyen de venir à bout de ces extrémistes sanguinaires. Des voix commencent enfin à s'élever partout dans le monde.

Les américains l'ont compris depuis longtemps en formant des citoyens arabes aux renseignements. Le seul moyen de venir à bout de ces groupes hétérogènes dispersés dans le public est de les infiltrer.

Mais la mission est périlleuse et elle s'adresse à des hommes et des femmes instruits à qui on ne pourra pas promettre des vierges au paradis. Les candidats ne doivent pas se presser au portillon. Pourtant ils rendraient un grand service à leur civilisation, à la culture si riche et raffinée de l'Islam qui prendrait du coup du relief sous les projecteurs sordides de leurs probables martyrs.

A moins que l'intelligence serve en premier lieu la cause du bien être personnel. Alors il ne faudra pas s'étonner que les terroristes ratissent large au sein d'une humanité en quête de repères et de réponses aux questions existentielles.

25 septembre 2014

C'est bon d'être mauvais

images.jpgOn ne devrait pas rire du mal d'autrui. Pourtant, lorsque j'ai appris le montant de la caution que doit payer UBS à la France, je n'ai pu m'empêcher d'esquisser un sourire...

1,1 milliard, c'est à peu près le prix estimé par l'Etat pour la réalisation de la traversée de la rade. Et ce n'est qu'une caution ! L'amende qui s'en suivra sera peut-être bien plus salée. Elle fait suite à celle payée aux USA.

Et après ça on nous dira qu'il n'y a pas d'argent chez nous. Qui peut encore le croire ?

Faut-il rappeler que Genève est le numéro 1 mondial de la finance privée et le numéro 3 du négoce des matières premières ?

Faut-il aussi relever les propos de M. Barthassat qui m'assurait le mois dernier que des princes Saoudiens le suppliaient de pouvoir investir dans un ouvrage pour traverser le lac ?

Quel que soit l'investissement, il sera toujours plus rentable que l'argent qui dort à la banque. Et lorsqu'il est garanti par l'Etat, c'est juste du pain béni.

Aujourd'hui, les fortunes du monde entier ne savent plus où placer leur argent. Alors offrons leur gracieusement cette opportunité par le financement de la traversée de la rade qui arrangera tout le monde et ne fera que des heureux.

17:55 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Mobilité, Politique, rade, votations | Lien permanent | Commentaires (2)