30 mai 2016

Tout, tout de suite

PHOa59825d6-1a1c-11e3-998f-b2f7956939d8-805x453.jpgDans un article du journal Le Temps du 30 mai 2016, le politologue François Chérix nous fait part de sa sanction dans ce qu'il nomme la "consocratie".

Selon lui, nous serions donc tous de sales égoïstes qui aspirons à rester tranquilles chez soi et à ne dépenser que pour ce que nous désirons vraiment, mettant ainsi en péril les notions de service public, de solidarité et d'efficacité de l'Etat.

Son coup de gueule est principalement illustré par divers objets du scrutin du 5 juin, notamment les questions liées à la mobilité. Il fustige vigoureusement l'initiative dite "vache à lait" et celle qui propose un "véritable service public" qui réduiraient dangereusement la capacité de l'Etat à redistribuer ses ressources où c'est nécessaire.

Monsieur Chérix, dont le rôle consiste à éclairer nos élus sur les défis à venir, semble déjà un peu vieux et à la traine. Nous savons que les politiques ont toujours un train de retard, mais si les experts peinent à comprendre les enjeux de la révolution numérique, nous devons nous inquiéter sur la capacité de nos instances à régler nos problèmes et accompagner la mutation.

Par sa posture, il valide justement la méfiance du souverain face à des institutions obsolètes, ces usines à gaz qui arrosent largement et sans distinction des structures vacillantes qui mettent en péril la notion même d'Etat.

L'économie de partage qui se profile repose évidemment sur le développement des individualités et non pas sur le nivellement par le bas qui tend à uniformiser. Pour partager il faut avoir quelque chose de particulier à donner. En ce sens, le développement de la personnalité devient nécessaire. L'initiative, l'innovation, la prise de risque, la création d'entreprises reposent toutes sur une remise en question profonde du monde que nous connaissons et qui est particulièrement bien illustrée par les start-up de la Silicon Valley.

Un altruiste efficace est un égoïste intelligent. Lorsque nous aurons compris que notre bien passe par l'amélioration des conditions de vies du plus grand nombre, non pas par des mécanismes de solidarité forcée mais par une analyse rigoureuse et objective du vivre ensemble, nous encouragerons la différence et nous la revendiquerons pour nous-même. Chacun détient en lui la capacité de devenir un modèle, une étoile qui brille. C'est même peut-être bien notre seul devoir sur cette Terre.

Qu'il le veuille ou non, c'est la suite logique du développement personnel et de l'individualisme qui s'est fortement accentué ces dernières décennies. L'accélération actuelle ne permet plus de retour en arrière. Il serait sage de revisiter en profondeur nos modèles si nous ne voulons pas subir cette révolution.

À quand une commission parlementaire destinée à étudier, analyser les tenants et aboutissants de cette révolution industrielle qui réduit à néant nos structures économiques, politiques et sociales ?

12 mai 2016

Traverser le lac de Genève. A quel prix et pour qui ?

ob_5e3fdd_img-6730-1280x768.JPGJe ne voulais pas, mais je me sens obligé.

La traversée de la Rade était mon cheval de bataille dans ma candidature au CE en 2013.

Le 5 juin nous devrons nous prononcer sur la variante PLR d'une traversée autoroutière du lac, dans la logique qui explique le manque de soutien de la droite au projet de l'UDC.

C'est donc pour des bagarres de politique politicienne que les électeurs sont pris en otage pour se prononcer sur une variante qui ne règlera rien à nos problèmes de mobilité dans le canton.

Aucun automobiliste sensé ne fera le détour par la Pallanterie et le Vengeron pour passer d'une rive à l'autre. Cette traversée ne concerne donc que les quelques rares automobilistes privilégiés qui habitent entre Vésenaz et Hermance, ou les frontaliers du secteur, et le trafic international de transit, pour autant qu'ils estiment que le montant du péage en vaille la peine.

Ainsi, nous nous apprêtons à valider un principe à plusieurs milliards alors que nous dépensons déjà presque un million par jour pour couvrir les intérêts d'une dette non maîtrisée qui risque bien de mettre l'Etat de Genève en faillite lorsque les taux d'intérêts reprendront un cours normal.

Je suis un défenseur des libertés et je soutiens la mobilité individuelle qui devient de moins en moins polluante et qui reste beaucoup plus économique que toutes les alternatives proposées à ce jour.  Mais je ne peux cautionner l'autisme de nos autorités exécutives qui font l'impasse sur des alternatives autrement plus efficaces comme le projet Weibel, Genève, route et rail. http://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2014/05/15/geneve-rou...

Mais au final, je me marre sous cape. Comme d'hab' on brasse de l'air. Et lorsque viendront les véritables décisions, tout sera balayé comme c'est le cas depuis plus de 100 ans.

Pascal Hollenweg nous décrit le scénario avec son humour pince-sans-rire qui me régale. http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2016/05/12/trave...

 

20 février 2016

Gothard pour barre

tbm_s-210_alptransit_faido_east.jpgLe silence assourdissant qui règne autour du projet Weibel est préoccupant. Je remercie donc vivement ici Monsieur Pierre-André Bobillier, éminent professeur de l'EPFL, pour sa contribution dans l'invité de la TdG de ce jour.

Il s'étonne aussi de ce silence : "Il est très surprenant, même incompréhensible, que personne n'ait mentionné une autre solution , connue depuis plusieurs mois. Elle dérange, parce qu'elle n'est pas issue des instances"officielles""

Les médias ont à peine effleuré le sujet. La tdg et le 20mn fin janvier 2016 et aujourd'hui, de manière indirecte, en donnant la parole à un spécialiste, ainsi que Domaine Public, décembre 2015.

Monsieur Weibel a fait tout juste. Non seulement dans l'élaboration de son projet, mais dans sa promotion et son inlassable combat pour qu'il soit pris en compte. Il a même pu obtenir une réponse de Mme Leuthard qui a malheureusement été suivie d'un silence évocateur.

Mais le plus grave, c'est que l'Office Fédéral des Routes (OFROU) a apporté une réponse complètement à côté de la plaque, à un point tel qu'on se demande si l'auteur de ce rapport est un ingénieur et qu'il comprend ce qu'il lit et écrit. Il faut absolument prendre connaissance de la réponse point par point de Monsieur Weibel à l'OFROU.

Et ensuite dénoncer. Inlassablement. Et demander des explications !

Car le projet Weibel, c'est juste du bon sens et une réponse à toutes les interrogations et toutes les oppositions.

On aimerait pouvoir compter sur nos élus pour, au moins, s'informer et si possible demander des comptes. Pour le moment, ils bêlent avec le troupeau.

 

 

19:44 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Mobilité, votations | Lien permanent | Commentaires (9)

07 décembre 2015

Compromis historique sur la mobilité à Genève

-1.jpgLa guerre des transports dans notre canton est alimentée par des visions antagonistes qui sont toutes valables, ou le seront un jour.
Ainsi les Verts ont une position visionnaire qui prendra vraisemblablement place dans les décennies à venir car les centres urbains vont continuer à se développer et le trafic individuel motorisé (TIM) ne pourra plus être autorisé dans les hyper-centres. Et les citoyens réclament à juste titre une amélioration des conditions de vie dans les villes.
Les milieux économiques et professionnels sont plus pragmatiques. Ils ne contestent pas la tendance générale, mais insistent sur le calendrier des mesures à prendre pour permettre cette mutation.
C'est la raison principale de la remise en question du compromis atteint par la sous-commission des transports.
En clair, AVANT de consentir à la priorisation des transports publics au centre ainsi que toutes les propositions qui visent à vider le centre des TIM il s'agit de réaliser ce qui suit.
Au lieu d'imposer une vision, on crée les conditions pour qu'elle devienne une évidence incontournable. Juste l'inverse de la politique de dissuasion de ces 15 dernières années.

Lire la suite

26 octobre 2015

Un péage urbain à Genève

090930190457.jpgC'est l'idée que promeut Thomas Wenger qui se base sur l'expérience londonienne pour, non pas fluidifier le trafic, mais remplir les caisses de l'Etat et développer les transports publics.

Lire la suite

04 août 2015

Les cyclistes romands boudent l'offre publibike

topelement.jpgOn apprend ce jour dans la Tdg que les offres de vélos publics ne rencontrent pas la demande espérée dans de nombreuses villes. Dans toutes en fait, excepté un petit bout de Lausanne pour les raisons qu'on sait.

Voici l'exemple type de bonnes intentions qui se transforment en dictature. Pour promouvoir la mobilité douce, les milieux de gauche boufffent à tous les râteliers et n'hésitent pas à nous proposer des  services dont nous n'avons rien à faire.

Si encore ces services étaient simples d'accès, on pourrait imaginer une utilisation ponctuelle, mais elle sera horriblement coûteuse. Un luxe de nantis.

Je suis très enthousiaste sur les nouvelles tendances de partage. C'est vrai quoi, pourquoi être absolument propriétaire de son aile delta, des ses bouteilles de plongée, de son VTT et de ses skis ?

Mais aujourd'hui, sur Ricardo.ch, j'ai trouvé une bête urbaine. Un vario allpass à 400.- au lieu de 1400.- Et on voudrait que je loue un de ces rafiots qui pèse des tonnes et qui grince chaque fois que je freine ?

Ok, je me le ferai piquer dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais j'en trouverai un autre.

Par ces quelques lignes d'humeur, je rends hommage à Pierre Weiss, qui a eu la sagesse de temporiser sur le dossier du vélib genevois. C'est dans ces petits riens qu'on réalise le bon sens premier des grands.

29 juillet 2015

Téléphérique du Salève

Vlift1932adom.jpgendredi dernier j'ai emmené une amie sur le Salève pour lui montrer la taille de notre ville. Je me réjouissais de remonter dans le téléphérique pour la deuxième fois de ma vie, la première c'était quand j'étais gamin.

J'étais curieux aussi de voir l'évolution de la structure qui a profité de plusieurs liftings et d'un matraquage publicitaire conséquent pour que l'exploitation soit rentable et qu'on évite ainsi de puiser dans les fonds publics pour l'entretien.

Lire la suite

11:33 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Humeur, Mobilité, Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

16 octobre 2014

La traversée de la rade est-elle définitivement enterrée ?

Traversee_Rade.jpgOn pourrait se poser la question à la lecture des chiffres qui viennent de m'être envoyés par Ptolémée 1er.

Les 5,4 kilomètres de la traversée en tunnel du Lac entre Vengeron et Pallanterie sont devisés par l'Etat à 1,9 milliard, soit 350 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 630 millions.

Les 14,2 kilomètres du trajet entre Le Vengeron et la douane de Thônex-Vallard sont devisés par l'Etat à 2,8 milliards, soit 200 millions par kilomètre. A ce prix, la traversée de la rade devait coûter 360 millions.

Pour moi, c'est rideau. Je suis trop vieux et j'ai donné. Mais la relève va s'y coller car, même après l'entrée en fonction du CEVA, nous mesurerons l'ampleur des dégâts.

La première mesure annoncée par Monsieur Barthassat, c'est la fluidité du U lacustre. Fini les feux au quai Gustave Ador et la suppression de voies.

La suite logique mais inavouable, c'est l'abandon de la création de zones dédiées à la mobilité douce et la piétonisation de l'hypercentre. Et oui, n'en déplaise aux intégristes anti-bagnoles, leur refus de traverser la rade implique que le trafic continue à passer par le centre. Fallait réfléchir avant.

Et comme le confirment les prévisions "Mobilités 2030", la mobilité va exploser de 50% toutes catégories confondues d'ici cette date.

Je ne ferai pas partie de ceux qui se réjouiront lorsque l'histoire nous donnera raison.

28 septembre 2014

La claque

s_11_1.jpgJ'ai pas l'habitude. J'en ai pris quelques unes, et des magistrales, mais là j'ai été pris de court. Je pensais sincèrement que les Genevois voulaient sortir des bouchons.

Le score est sans appel. Avec 57% de votants et 63% de refus, c'est clair et net, voire définitif. On fera donc sans. Je ne me réjouis pas trop de voir comment ça va se passer, et l'avenir ne me parait pas trop radieux dans ce domaine. Pourtant, je me suis trompé une fois, je peux encore me tromper pour la suite.

Peut-être que les habitants de Genève envisagent sérieusement de se passer de voiture. Mais alors il faudra qu'ils restent entre-eux, bien au chaud dans les limites du canton. Adieu Grand Genève et autre développement de la métropole lémanique.

Pourquoi pas ? Mais alors disons le franchement. La croissance à outrance ça suffit, on a atteint la masse critique, on ferme les portes. Le 9 février nous en a donné un avant goût bien que Genève se soit à nouveau distinguée dans ce scrutin. Bonjour la schizophrénie.

Ce n'est pas le discours du gouvernement qui va tenter de vendre la grande traversée à Berne pour continuer à prospérer.

Je dois avouer que je suis perplexe. Je ne comprends pas ce vote. Et je me réjouis du temps qui va passer car j'aurai les réponses plus tard. Je crains pourtant qu'elles ne feront que confirmer mes projections...

Mais je vous vois venir, vous allez me traiter de mauvais perdant. Libre à vous, mais ce qui est bien avec ces blogs et autres prises de position écrites c'est qu'elles restent. Alors je vous propose de fermer ce chapitre jusqu'à que d'autres le rouvrent lorsqu'ils ne sauront plus quoi faire.

20:00 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Mobilité, Politique, rade, votations | Lien permanent | Commentaires (46)

25 septembre 2014

C'est bon d'être mauvais

images.jpgOn ne devrait pas rire du mal d'autrui. Pourtant, lorsque j'ai appris le montant de la caution que doit payer UBS à la France, je n'ai pu m'empêcher d'esquisser un sourire...

1,1 milliard, c'est à peu près le prix estimé par l'Etat pour la réalisation de la traversée de la rade. Et ce n'est qu'une caution ! L'amende qui s'en suivra sera peut-être bien plus salée. Elle fait suite à celle payée aux USA.

Et après ça on nous dira qu'il n'y a pas d'argent chez nous. Qui peut encore le croire ?

Faut-il rappeler que Genève est le numéro 1 mondial de la finance privée et le numéro 3 du négoce des matières premières ?

Faut-il aussi relever les propos de M. Barthassat qui m'assurait le mois dernier que des princes Saoudiens le suppliaient de pouvoir investir dans un ouvrage pour traverser le lac ?

Quel que soit l'investissement, il sera toujours plus rentable que l'argent qui dort à la banque. Et lorsqu'il est garanti par l'Etat, c'est juste du pain béni.

Aujourd'hui, les fortunes du monde entier ne savent plus où placer leur argent. Alors offrons leur gracieusement cette opportunité par le financement de la traversée de la rade qui arrangera tout le monde et ne fera que des heureux.

17:55 Écrit par Pierre JENNI dans Genève, Mobilité, Politique, rade, votations | Lien permanent | Commentaires (2)