28 novembre 2016

La mondialisation pour les nuls

mondialisation.jpgComme tout ce que je raconte depuis quelques années sur ce blog, ce sujet ne fera pas exception. Je ne suis pas un expert. Dans aucun domaine. Mais j'ai un avis. Sur à peu près tout. Qui est forcément subjectif.

Les mouvements tectoniques du monde, qui suscitent pas mal d'émoi dans les consciences et qui se traduit par des guerres géopolitiques, dont les tenants et aboutissants nous échappent, semblent très complexes et nombre de spécialistes s'expriment à longueur d'année sur les divers médias et autres publications pour nous aider à les décrypter.

Mais personne ne semble capable, ou manifeste l'envie, de synthétiser. D'aller à l'essentiel. Pourtant, il me semble que toute cette affaire est finalement assez simple. Elle se divise en deux visions diamétralement opposées entre les chantres du libéralisme économique qui visent rien moins qu'une gouvernance mondiale et le repli identitaire des nationalistes, souvent rattachés aux "populismes" dont les forces inquiètent et qui reflètent les craintes d'une bonne moitié de la population.

Ils ont les deux raison. En fait, tout le monde à toujours raison. Tout n'est que question de point de vue et le mieux que nous puissions faire c'est de tenter de relativiser celui qui nous séduit à priori le plus pour essayer de comprendre l'autre.

Les premiers, les mondialistes donc, ont bien sûr raison de relever l'évidence de la neutralisation des conflits armés entre des nations qui font du commerce en toute bonne volonté, grâce à des accords transnationaux qui passent outre les juridictions locales. Ils font en revanche fausse route lorsqu'ils prétendent que, grâce à leur théorie fumeuse dite de "ruissellement", ils permettent de diminuer la pauvreté dans le monde. C'est pourtant vrai pour la minorité qui vit dans une précarité inconcevable pour nous. En revanche, il est aujourd'hui clair que le fossé se creuse dangereusement entre les nantis et la classe moyenne dont le niveau de vie a radicalement chuté.

Les autres font preuve d'une réaction presque animale, véritablement instinctive, pour freiner cette évolution bien trop rapide pour être valablement intégrée. Ils demandent de la prudence, de la sécurité, de la protection et donnent donc de gros moyens aux Etats pour affirmer leur souveraineté. Ils vont jusqu'à plébisciter des figures fortes qui restent pourtant humaines et dont les dérives ne sont plus à démontrer. L'Histoire nous abreuve d'exemples à ne pas suivre. L'homme sage devrait comprendre qu'il n'est pas fait pour centraliser un tel pouvoir.

Alors on fait quoi ?

Eh bien rien. Car tout ce qu'on fera ne servira qu'à alimenter ces deux fronts et une guerre permanente entre deux tendances qui ont toute leur raison d'être et autant d'individus pour les soutenir. Indéfiniment.

La solution pourrait venir de la technologie dont nous peinons à mesurer l'avancement spectaculaire. Aujourd'hui, lorsque quelqu'un vous parle de "blockchains", rares sont ceux qui ont une vague idée de quoi il s'agit. Et pourtant, cette technologie, qui n'est qu'une conséquence logique de l'évolution de l'internet tel qu'il était conçu à ses début, permet une décentralisation si spectaculaire que tous nos concepts risquent bien d'être obsolètes dans moins de dix ans.

Alors relax Max. Inutile de s'exciter. Nous ne ferions que brasser de l'air en se prenant bien trop au sérieux.

02 mars 2016

Oooh ouiiii, mets-la moi... profond !

tafta.jpgC'est par ces mots que j'ai eu l'outrecuidance de commenter le dernier billet de M. Thévoz. Ils reprenaient en partie sa rhétorique et certaines allusions pour défendre sa cause. Comme c'est le cas pour une majorité de représentants politiques de la gauche, ma contribution fut censurée. Il faut croire que M. Thévoz n'a pas vraiment le sens de l'humour, ou qu'il se réserve le droit de pratiquer la sienne à l'exclusion de celle des autres.

Cette allégorie visait un but. Dénoncer l'incurie du politique au sens général et son asservissement à l'économie qui n'est non seulement plus un secret, mais une réalité avouée avec un certain cynisme par Mauro Poggia, conseiller d'Etat et Bertand Buchs, député au Grand-Conseil.

Le petit peuple, qui se prétend souverain, frémit aux premières semonces des réalités du marché. Chacun craint pour sa place de travail et valide tous les projets gouvernementaux ou les initiatives qui le lui promettent. C'est ainsi que, dans cette logique imparable, les dernières tentatives de juguler les pratiques discutables des multinationales, qui ont pignon sur rue dans notre pays, furent balayées.

Nous verrons demain si ce choix était justifié. J'en doute car certains grands groupes transnationaux ont déjà annoncé leur migration sous d'autres cieux en prévision de l'imposition à 13%.

Mais la véritable question est ailleurs. Quel monde voulons-nous ? Dans quel univers voulons-nous vivre ? Si nous suivons la logique libérale de la croissance, nous pouvons déjà voir aujourd'hui où elle nous mènera. Non seulement les ressources de la Terre sont limitées, mais les conséquences de leur surexploitation se font déjà sentir.

Il faut se poser la question des raisons qui incitent les maîtres du monde à garder secrets les tractations en cours entre l'UE et les USA pour un partenariat transatlantique qui supprimera les barrières "artificielles" au libre commerce. Il faudrait aussi s'interroger sur les conséquences de certaines décisions comme, pour ne prendre que cet exemple, l'autorisation de certains pesticides qui déciment les pollinisatrices que sont les abeilles à un point tel qu'il faille remplir leur tâche manuellement dans certaines régions du globe.  Merci à Monsanto and Co.

Tous ces choix ne visent qu'un seul but. S'enrichir. Mais attention, pas pour tous. Juste pour ceux qui ont déjà les moyens et qui n'en auront jamais assez. Selon Joseph Stiglitz, prix nobel d''économie (2001), ils représentent 1 % de la population. Le reste est là pour les servir, en attendant les robots qui sont encore trop chers.

Au final, il ne restera que la révolte pour se faire entendre. Mais là encore, nous risquons bien de vérifier à quel point il est déjà un peu tard pour se réveiller. En effet, tout est déjà organisé pour prévenir ce cas de figure presque opportun qui permettra de réduire la population mondiale à des niveaux gérables.

 

17:10 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, TAFTA, TTIP | Lien permanent | Commentaires (167)