10 novembre 2016

Do you feel the Bern ?

150801_SandersNH_Scanlon-1250x650.jpgTrump et le Brexit viennent nous rappeler qu'il n'est jamais bon d'aller plus vite que la musique. Les changements aussi profonds que rapides que nous traversons à l'ère numérique ont pris de vitesse les régulateurs et accentué l'écart entre les nantis et les laissés pour compte.

La peur qui s'installe dans les deux camps, qu'on les appelle conservateurs versus progressistes ou establishment versus populistes, est toujours mauvaise conseillère. Un coup de frein s'impose donc et les peuples font preuve d'une sagesse instinctive pour laisser du temps au temps.

Car l'évolution se fait lentement. Très lentement. Et lorsque des changements de paradigme permettent un basculement vertigineux dans lequel s'engouffrent les plus malins, il importe de reculer pour mieux sauter.

Bernie Sanders est arrivé un peu tôt. Il a séduit la jeunesse qui sera demain aux commandes et qui viendra le rechercher lorsque Trump aura confirmé l'ampleur du désastre programmé. Il ne devrait pas pouvoir briguer un second mandat et ses bourdes ouvriront un boulevard à celui qui a mieux saisi que quiconque les enjeux sociétaux que nous traversons.

11:57 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (82)

10 octobre 2016

Genève, ville de paix ?

topelement.jpgNous apprenons à l'instant dans notre journal local que l'initiative pour des multinationales responsables a été déposée à la chancellerie avec 120'000 signatures validées. Le souverain aura donc son mot à dire.

Les premiers commentaires des lecteurs relèvent, à raison, le caractère très risqué de cette mesure dans notre constitution. Nous pourrions payer cher notre besoin de vertu et notre souci de bonne conscience.

Car ailleurs dans le monde, on ne s'encombre pas de ce genre de préoccupation et nombreux seront les Etats qui se réjouiront d'un vote positif pour récupérer cette manne.

Seulement voilà, Genève est à la fois le siège des conventions des droits de l'homme et le centre névralgique, avec Zoug, des plus grands groupes transnationaux pour l'Europe. Une schizophrénie qu'elle a su gérer jusqu'à aujourd'hui sans trop de remous.

Mais cette fois il faudra décider de quel bord nous voulons nous placer car nous ne pourrons pas défendre indéfiniment tout et son contraire sous prétexte d'être neutres.  Car violer systématiquement les droits que nous avons permis de valider risque bien de nous péter à la figure comme lors des dernières crises qui ont agité notre pays sur les questions des fonds en déshérence et sur nos activités bancaires de blanchiment ou de fraude fiscale dont on a pu mesurer les conséquences.

Le pragmatisme a aussi ses limites et il fleure ici un réalisme opportuniste et mesquin qui consiste à dire que si nous ne le faisons pas, d'autres en profiteront. C'est petit et surtout c'est extrêmement dangereux. Car c'est toute l'aura de notre pays qui risque de payer le prix fort de son incohérence.

Je fais donc le voeux que nos concitoyens valideront ce dispositif plein de bon sens qui nous permettra de continuer à oeuvrer pour la paix dans le monde, en toute impartialité.  Car, au final, ces multinationales devront bien se résoudre à redorer leur blason si elles veulent rester compétitives dans un monde de plus en plus exigeant et qui fait la part belle à ceux qui montrent patte blanche. Nous les accueillerons à bras ouverts.

 

01 septembre 2016

Je te tiens, tu me tiens...

ob_20bd28_je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette.jpgPlus j'étudie les causes des divers évènements qui secouent la planète depuis que je suis en âge de raisonner, plus j'en viens à me dire que nous nous sommes faits avoir à notre propre jeu.

Plus jeune, je naviguais à contre-courant et fustigeais cette gauche planquée qui voulait infliger des leçons à tous en imposant la solidarité.

Encore récemment, lors de ma campagne pour le CE, je me plaçais à la droite libertaire et humaniste, encore un peu naïf sur les vertus des lois du marché embrassées par tous, gauche comprise depuis Tony Blair.

Et puis j'ai compris un principe. On ne fera rien sans l'assentiment général. On ne pourra pas imposer la solidarité car les nantis trouveront toutes les parades pour échapper aux ponctions comme on le voit aujourd'hui avec les grands groupes transnationaux qui ne paient pratiquement pas d'impôts. On ne pourra pas non plus stopper la fuite en avant vers le profit en tentant de diaboliser des groupes comme Monsanto et certainement pas sur la base des allégations d'autres groupes comme Greenpeace qui n'osent tout simplement pas parler du problème majeur des émanations de méthane par l'élevage intensif des bovins car ils perdraient trop d'adhérents et donc de cotisants qui ne sont pas prêts à revoir leur diététique.

Il va donc falloir la jouer plus fin. Je viens de tomber sur un bon exemple avec Jerry Hayes dans son combat pour sauver les abeilles. https://plus.google.com/+PierreJennihey-taxi

De même pour les questions climatiques. Ce n'est que lorsqu'on a compris que les énergies renouvelables étaient profitables que des entreprises se sont lancées dans ce créneau.

En revanche, tel un contre-exemple, certains se battent encore pour garder leurs acquis, sauver les meubles dans un monde en profonde mutation en s'opposant à toute mesure qui permettrait d'accélérer les prises de conscience. Ainsi, dans son dernier billet, Fabienne Gautier dénonce une initiative des Verts non pas sur le fond mais sur les conséquences immédiates et prévisibles.

De même en ce qui concerne le très long travail de dépénalisation de la consommation des drogues dont les diverses politiques répressives ont démontré leurs limites. Personne ne veut être le premier à se lancer de crainte de devenir un havre pour les toxicomanes et autres délinquants. Aux USA, malgré l'interdiction au niveau fédéral, plusieurs Etats ont compris que l'affaire était non seulement plus efficace en termes de santé publique, mais aussi lucrative et bienvenue pour remplir les caisses de l'Etat.

Le débat d'hier soir sur infrarouge au sujet de l'AVS est aussi révélateur. L'argument du Conseil Fédéral pour s'opposer à l'augmentation des rentes est uniquement financier. Il n'y aurait pas l'argent. Voilà qui peut sembler étonnant dans un pays qui caracole en tête de tous les hit-parades. La raison est assez simple à comprendre. Les questions financières ne se gèrent plus au niveau local. Tout le monde se tient par la barbichette et personne n'a envie de rire en premier. Celui qui se risquerait à taxer les transactions financières subirait immédiatement une importante hémorragie des plus grands contributeurs, sociétés transnationales opportunistes et volages, très flexibles, provoquant un tsunami par seppuku.

Et pourtant, un prélèvement d'un petit pourcent permettrait non seulement au monde entier de vivre à sa faim, mais règlerait immédiatement toutes les questions des assurances sociales, ce serpent de mer qui tente vainement de trouver des remèdes à l'arrivée des baby boomers à la retraite par des bricolages improbables. Le revenu de base inconditionnel s'imposera de lui-même lorsque nous auront tout essayé, vainement. Mais ici aussi, qui va se lancer le premier ? En tous cas pas les Suisses qui se sont d'ores et déjà prononcés massivement contre cette idée et qui ne sont pas connus pour leur témérité.

D'aucuns rêvent d'une instance supranationale qui imposerait ce régime unilatéralement. C'est mal connaître l'humain et faire preuve d'une cécité coupable devant les innombrables exemples de l'Histoire. Il faudra pourtant trouver le chemin ensemble et vite si nous ne voulons pas vivre un nouveau bain de sang provoqué par la révolte du plus grand nombre matée par la petite minorité aux commandes des pouvoirs et des forces. Le soulèvement est programmé, les miettes lâchées ne suffiront plus à calmer la masse exploitée.

30 mai 2016

Tout, tout de suite

PHOa59825d6-1a1c-11e3-998f-b2f7956939d8-805x453.jpgDans un article du journal Le Temps du 30 mai 2016, le politologue François Chérix nous fait part de sa sanction dans ce qu'il nomme la "consocratie".

Selon lui, nous serions donc tous de sales égoïstes qui aspirons à rester tranquilles chez soi et à ne dépenser que pour ce que nous désirons vraiment, mettant ainsi en péril les notions de service public, de solidarité et d'efficacité de l'Etat.

Son coup de gueule est principalement illustré par divers objets du scrutin du 5 juin, notamment les questions liées à la mobilité. Il fustige vigoureusement l'initiative dite "vache à lait" et celle qui propose un "véritable service public" qui réduiraient dangereusement la capacité de l'Etat à redistribuer ses ressources où c'est nécessaire.

Monsieur Chérix, dont le rôle consiste à éclairer nos élus sur les défis à venir, semble déjà un peu vieux et à la traine. Nous savons que les politiques ont toujours un train de retard, mais si les experts peinent à comprendre les enjeux de la révolution numérique, nous devons nous inquiéter sur la capacité de nos instances à régler nos problèmes et accompagner la mutation.

Par sa posture, il valide justement la méfiance du souverain face à des institutions obsolètes, ces usines à gaz qui arrosent largement et sans distinction des structures vacillantes qui mettent en péril la notion même d'Etat.

L'économie de partage qui se profile repose évidemment sur le développement des individualités et non pas sur le nivellement par le bas qui tend à uniformiser. Pour partager il faut avoir quelque chose de particulier à donner. En ce sens, le développement de la personnalité devient nécessaire. L'initiative, l'innovation, la prise de risque, la création d'entreprises reposent toutes sur une remise en question profonde du monde que nous connaissons et qui est particulièrement bien illustrée par les start-up de la Silicon Valley.

Un altruiste efficace est un égoïste intelligent. Lorsque nous aurons compris que notre bien passe par l'amélioration des conditions de vies du plus grand nombre, non pas par des mécanismes de solidarité forcée mais par une analyse rigoureuse et objective du vivre ensemble, nous encouragerons la différence et nous la revendiquerons pour nous-même. Chacun détient en lui la capacité de devenir un modèle, une étoile qui brille. C'est même peut-être bien notre seul devoir sur cette Terre.

Qu'il le veuille ou non, c'est la suite logique du développement personnel et de l'individualisme qui s'est fortement accentué ces dernières décennies. L'accélération actuelle ne permet plus de retour en arrière. Il serait sage de revisiter en profondeur nos modèles si nous ne voulons pas subir cette révolution.

À quand une commission parlementaire destinée à étudier, analyser les tenants et aboutissants de cette révolution industrielle qui réduit à néant nos structures économiques, politiques et sociales ?

12 mai 2016

Traverser le lac de Genève. A quel prix et pour qui ?

ob_5e3fdd_img-6730-1280x768.JPGJe ne voulais pas, mais je me sens obligé.

La traversée de la Rade était mon cheval de bataille dans ma candidature au CE en 2013.

Le 5 juin nous devrons nous prononcer sur la variante PLR d'une traversée autoroutière du lac, dans la logique qui explique le manque de soutien de la droite au projet de l'UDC.

C'est donc pour des bagarres de politique politicienne que les électeurs sont pris en otage pour se prononcer sur une variante qui ne règlera rien à nos problèmes de mobilité dans le canton.

Aucun automobiliste sensé ne fera le détour par la Pallanterie et le Vengeron pour passer d'une rive à l'autre. Cette traversée ne concerne donc que les quelques rares automobilistes privilégiés qui habitent entre Vésenaz et Hermance, ou les frontaliers du secteur, et le trafic international de transit, pour autant qu'ils estiment que le montant du péage en vaille la peine.

Ainsi, nous nous apprêtons à valider un principe à plusieurs milliards alors que nous dépensons déjà presque un million par jour pour couvrir les intérêts d'une dette non maîtrisée qui risque bien de mettre l'Etat de Genève en faillite lorsque les taux d'intérêts reprendront un cours normal.

Je suis un défenseur des libertés et je soutiens la mobilité individuelle qui devient de moins en moins polluante et qui reste beaucoup plus économique que toutes les alternatives proposées à ce jour.  Mais je ne peux cautionner l'autisme de nos autorités exécutives qui font l'impasse sur des alternatives autrement plus efficaces comme le projet Weibel, Genève, route et rail. http://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2014/05/15/geneve-rou...

Mais au final, je me marre sous cape. Comme d'hab' on brasse de l'air. Et lorsque viendront les véritables décisions, tout sera balayé comme c'est le cas depuis plus de 100 ans.

Pascal Hollenweg nous décrit le scénario avec son humour pince-sans-rire qui me régale. http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2016/05/12/trave...

 

29 mars 2016

2500.- par mois, à perpétuité !

initiative_salaires_0.pngEn mai 2013, j'ai assisté à une table ronde organisée à UNI Dufour par l'association Basic Income Earth Network (BIEN) Suisse avec la participation du philosophe et économiste Philippe Van Parijs. J'avouais alors mon scepticisme sur mon blog de campagne pour le CE.

Depuis, pas mal d'eau à coulé sous les ponts et la numérisation de l'économie a commencé à déployer ses effets dans tous les domaines. Uber n'en était qu'un des éléments annonciateur de la quatrième révolution industrielle dont seuls les politiques tardent à mesurer l'impact.

Les grands pontes de Davos et le Fonds monétaire international (FMI) sont très clairs; d'ici une dizaine d'années 40 % des postes de travail auront disparu et ne seront vraisemblablement pas remplacés pour trois raisons principales :

- L'augmentation spectaculaire de la population mondiale qui aura décuplé en à peine trois cents ans.

- Le vieillissement de la population avec une espérance de vie qui augmente d'une année chaque année.

- L'automatisation et la robotisation des tâches ingrates où l'humain n'est plus requis.

L'accélération est spectaculaire. On n'a plus besoin de caissières à la Migros, Mac Do remplace ses vendeurs par des bornes, les conseils juridiques en ligne rendent obsolète l'obtention d'un brevet d'avocat et les médecins utilisent IBM Watson Health pour conseiller leurs patients. Même les banques s'inquiètent avec l'utilisation de plus en plus populaire de la monnaie dématérialisée (Bitcoin, Ether).

La révolution en marche est irréversible et il serait aussi vain que regrettable de vouloir la freiner. Au contraire, il s'agit de l'accompagner avec des règles équitables pour tous afin d'éviter de creuser plus les inégalités.

Les questions fondamentales et existentielles telles que la finalité du travail reviennent sur le devant de la scène et la votation du 5 juin sur le revenu de base inconditionnel (RBI) offre aux Suisses le privilège d'être les premiers à se prononcer sur cet outil idéal pour accompagner le changement profond de paradigme.

Malheureusement, nos représentants, tous partis confondus, ne sont pas préparés et ne semblent pas encore réaliser l'ampleur de la mutation sociétale. La proposition sera donc rejetée, mais le débat ne fait que commencer.

Dans vingt ans, tout le monde se demandera comment il était possible que nous n'ayons rien vu venir. Le RBI sera une pratique universelle qui remplacera la plupart des aides sociales en encourageant le travail volontaire et motivé. Les tâches les plus ingrates seront rémunérées à leur juste valeur et la créativité et l'engagement bénévole permettront de renforcer les liens des communautés.

20 février 2016

Gothard pour barre

tbm_s-210_alptransit_faido_east.jpgLe silence assourdissant qui règne autour du projet Weibel est préoccupant. Je remercie donc vivement ici Monsieur Pierre-André Bobillier, éminent professeur de l'EPFL, pour sa contribution dans l'invité de la TdG de ce jour.

Il s'étonne aussi de ce silence : "Il est très surprenant, même incompréhensible, que personne n'ait mentionné une autre solution , connue depuis plusieurs mois. Elle dérange, parce qu'elle n'est pas issue des instances"officielles""

Les médias ont à peine effleuré le sujet. La tdg et le 20mn fin janvier 2016 et aujourd'hui, de manière indirecte, en donnant la parole à un spécialiste, ainsi que Domaine Public, décembre 2015.

Monsieur Weibel a fait tout juste. Non seulement dans l'élaboration de son projet, mais dans sa promotion et son inlassable combat pour qu'il soit pris en compte. Il a même pu obtenir une réponse de Mme Leuthard qui a malheureusement été suivie d'un silence évocateur.

Mais le plus grave, c'est que l'Office Fédéral des Routes (OFROU) a apporté une réponse complètement à côté de la plaque, à un point tel qu'on se demande si l'auteur de ce rapport est un ingénieur et qu'il comprend ce qu'il lit et écrit. Il faut absolument prendre connaissance de la réponse point par point de Monsieur Weibel à l'OFROU.

Et ensuite dénoncer. Inlassablement. Et demander des explications !

Car le projet Weibel, c'est juste du bon sens et une réponse à toutes les interrogations et toutes les oppositions.

On aimerait pouvoir compter sur nos élus pour, au moins, s'informer et si possible demander des comptes. Pour le moment, ils bêlent avec le troupeau.

 

 

19:44 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Mobilité, votations | Lien permanent | Commentaires (9)

19 février 2016

Dégage, pauvre con !

sauver-le-monde.pngOn met ces mots dans la bouche de Nicolas Sarkozy, alors je ne vais pas me gêner pour les reprendre ici histoire d'attirer l'attention.

Cette insulte s'adresse à toutes ces sociétés opportunistes qui viennent grappiller comme des coucous la marge de ceux qui offrent de la valeur ajoutée, sans offrir le moindre service. Je parle évidemment de Uber, Booking.com et toutes ces sociétés technologiques qui surfent sur le changement de paradigme pour s'en foutre plein les poches.

Heureusement, elles sont condamnées à terme, et elles le savent, raison pour laquelle elles prennent le max avant l'échéance. En effet, non seulement les économistes annoncent l'explosion de cette bulle spéculative dans les mois à venir car les investisseurs s'impatientent sur le retour de leur mise, mais surtout, la suite se profile déjà avec la "blockchain" et les véritables acteurs du changement qui vont permettre l'émergence de l'économie de partage en supprimant les intermédiaires.

Pour le moment, le concept est un peu vague et les préoccupations immédiates des consommateurs sont directement liées aux montants qu'ils doivent débourser pour obtenir des biens ou des services. Rares sont les journalistes qui maîtrisent le sujet et savent informer valablement sur la mutation en cours.

Plus rares encore sont ceux qui comprennent à quel point ces sociétés violent impunément toutes les lois en vigueur, prétextant leur obsolescence et surfant sur la popularité de leurs outils, et promettent à terme la mise au ban de pans entiers de l'économie sans état d'âme pour la fin du travail annoncée et l'explosion du chômage dans tous les secteurs.

Il faut lire Jeremy Rifkin qui annonçait, il y a déjà vingt ans, la fin du travail et qui explique aux dirigeants du monde de quoi l'avenir sera fait. C'est enthousiasmant et très prometteur malgré les apparences. Car au final, lorsque nous nous serons débarrassés de ces parasites qui, mine de rien, repoussent la mutation tout en prétendant la permettre, nous aurons enfin l'opportunité de remplacer les structures pyramidales hiérarchiques par une horizontalité qui rendra le pouvoir au gens, directement et sans délégation.

Dans la foulée, les propositions aujourd'hui utopistes telles que le revenu de base inconditionnel, sur lequel les Suisses auront le privilège de se prononcer au mois de juin, deviendront des évidences incontournables lorsque la valeur du travail ne sera plus évaluée par son corollaire monétaire, déjà virtuel depuis l'abandon des garanties physiques par l'or des banques nationales, mais par le bitcoin ou l'ether, qui supprimeront les dernières barrières financières à la réalisation de cet objectif de santé publique.

Bref que du bonheur en perspective !

15:23 Écrit par Pierre JENNI dans Air du temps, Humeur, Politique, Uber, votations | Lien permanent | Commentaires (199)

07 décembre 2015

Compromis historique sur la mobilité à Genève

-1.jpgLa guerre des transports dans notre canton est alimentée par des visions antagonistes qui sont toutes valables, ou le seront un jour.
Ainsi les Verts ont une position visionnaire qui prendra vraisemblablement place dans les décennies à venir car les centres urbains vont continuer à se développer et le trafic individuel motorisé (TIM) ne pourra plus être autorisé dans les hyper-centres. Et les citoyens réclament à juste titre une amélioration des conditions de vie dans les villes.
Les milieux économiques et professionnels sont plus pragmatiques. Ils ne contestent pas la tendance générale, mais insistent sur le calendrier des mesures à prendre pour permettre cette mutation.
C'est la raison principale de la remise en question du compromis atteint par la sous-commission des transports.
En clair, AVANT de consentir à la priorisation des transports publics au centre ainsi que toutes les propositions qui visent à vider le centre des TIM il s'agit de réaliser ce qui suit.
Au lieu d'imposer une vision, on crée les conditions pour qu'elle devienne une évidence incontournable. Juste l'inverse de la politique de dissuasion de ces 15 dernières années.

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17 septembre 2015

Islam, migrations, guerres, élections, entre émotion et raison.

conscience.pngIl suffit de lire régulièrement les blogs de la Tdg pour se faire une idée de l'importance que ces thèmes ont pris dans la conscience des gens.

La discussion se passe à l'intérieur de chacun, les uns plus émotionnels et compatissants, les autres plus rationnels pour tenter de contrer leur culpabilité par des arguments.

Le but de ce billet n'est pas d'analyser le bien fondé des diverses prises de position, mais plutôt de relativiser la raison. Le bon sens est flexible et s'adapte aux diverses époques en fonction des besoins primordiaux. Les découvertes scientifiques les plus décoiffantes sont inévitablement remises en question, à tel point que les plus pointus redeviennent croyants à force de côtoyer l'immensité de leur ignorance chaque fois mieux dévoilée.

Ayons un minimum d'humilité. Reconnaissons que ce que nous savons n'est que provisoire et laissons une petite place aux sentiments qui sont souvent les précurseurs des découvertes de demain.

Entre savoir et sagesse il y a un gouffre dans lequel se vautrent les émotions que l'on tente de décrypter. Mais sommes-nous compétents ? Quelle part de nous n'est que le produit d'habitudes, d'héritage culturel ou génétique, de convictions empiriques et parfaitement arbitraires ? Avons-nous vraiment la liberté de pensée ou sommes-nous le produit d'un ensemble de paramètres sans rapports apparents que nous arrangeons tant bien que mal dans une espèce de chaos organisé, à l'image de la nature.

Nous réaliserons certainement un jour à quel point tout est lié. Le sacré des animistes sera dévoilé par la science et permettra aux religions de retrouver leur source commune. Mais en attendant, résistons aux émotions négatives telles que la culpabilité, l'impuissance, la résignation et tous ces sentiments qui trouveront toujours justification mais qui ne feront que nous enfoncer plus profondément dans les ténèbres.